Camembert Museum

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Le site de la première fromagerie sur les bords de Sienne a d'abord abrité un moulin à blé puis une fonderie de cuivre et laiton. En 1910, René Chauvel fonde une laiterie-fromagerie où l'on fabriquait principalement du camembert, du Port-Salut de Villedieu et bien sûr du beurre. L'essor de la laiterie-fromagerie de Villedieu débute véritablement dans les années 1930 avec le rachat de l'entreprise par M. Hanriot. Ce dernier améliore considérablement les procédés, ce qui permet la transformation de 15 000 litres de lait par jour vers 1935. Après être devenue propriété de la société Claudel, puis du groupe Besnier, elle appartient désormais au groupe international Lactalis. Le site emploie 260 salariés et produit quotidiennement 300 000 fromages.


LUNDI 20 MARS 2017 : DERNIÈRE MISE À JOUR DE NOTRE LISTE DE LA HAUTE-SAÔNE, (LETTRES S à Z), AINSI QUE LES COOPÉRATIVES, CONTRIBUTION DE M & MME GÉRARD QUE NOUS REMERCIONS. HISTOIRE DE LA FROMAGERIE MAILLET, PAR MADAME JOËLLE PHILIPPE. LA FROMAGERIE SIMONET À ALMENÈCHES, UNE ÉNIGME ENFIN RÉSOLUE PAR NOTRE AMI GÉRARD CLOUET. 


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                                                                 L'ancienne fromagerie Maillet et le hâloir.

FROMAGERIE MAILLET ALBERT & RENÉE. [AVERNES-SAINT-GOURGON 61] par Madame PHILIPPE Joëlle.

La commune de Saint Cyr d'Estrancourt est rattachée à Avernes Saint Gourgon en 1821. L'église qui est la plus ancienne du pays Ornais date du XIème siècle. Vers la mi-juin, on célèbre la ''bourgelée'' (tas de fagots), fête d'origine païenne accaparée par l'Eglise chrétienne. Le roi tire un coup de fusil dans un bouquet de fleurs placé au sommet du tas de bois enflammé. Une fois le bois consumé, chacun des participants repart avec un tison pour protéger l'habitation de la foudre et de l'orage. Cette fête existe toujours à ce jour.

Vers 1900 (1)  M. Eugène Pellerin construit au « Coudray » une fromagerie. L'exploitation est  reprise par un fermier  mais apparemment sans production de fromages jusqu'en 1945.

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Albert MAILLET (1899/1975) et son épouse Renée VAUVARIN (1904/1989) s'installent à  la ferme du « Coudray » à la suite de François BIENVENUE. Préalablement ils faisaient valoir la ferme du château ''les  Parcs Fontaines'' à Fierville les Parcs (14) où ils sont fermiers de 1936 à 1945. Ils y fabriquent et vendent du pont-l'évêque comme déjà à Douville en Auge (14) où ils étaient auparavant. C'est la  mère d'Albert MAILLET, Rachel LEGRIP (1873/1937) qui les a initiés à la fabrication du fromage. Sur les 50 hectares de la ferme du « Coudray » ils élèvent 25 vaches laitières qui produisent environ 500 litres de lait selon la saison ; quelques poulinières apportent un complément de revenu.

La fabrication du fromage, plus précisément un grand pont-l'évêque ''Le Coudray'',  démarre en 1946

La production des pont-l'évêque est du ressort exclusif de Renée Maillet. Selon la saison elle en fabrique de 80 à 100 par jour à 50% de taux de matière grasse.Pendant une période de 5 ans ce taux est réduit à 45% avant de revenir au taux initial de 50%.     La vente se répartit ainsi :
- un marchand du Havre prend une partie des fromages livrés en blanc.
- Renée MAILLET affine 50 pont-l'évêque qui sont directement vendus à la ferme à des clients réguliers, restaurants, particuliers ; certains fromages sont aussi livrés directement aux restaurants, aux épiceries à Orbec (14), au Sap (61).

L'activité de la fromagerie cesse en 1970, le lait continue à être vendu à la laiterie Lanquetot à Orbec (14

Au décès d'Albert MAILLET en 1975, Renée MAILLET continue l'exploitation, avec seulement une gardienne qui trait les vaches. Elle décide de prendre sa retraite en 1985, à 81 ans.
Après le décès de Renée MAILLET en 1989, c'est son fils Albert-Jean MAILLET qui, avec sa part d'héritage, reprend la ferme avec sa femme Eliane, gardant seulement les poulinières et les bovins ; ils sont aidés de leur fils Benoît qui s'occupe exclusivement de l'élevage des poulinières.

Entretiens : Albert Jean et Eliane MAILLET, ainsi que Marcel et Janine MARAIS, janvier 2017.
Sources (1) : LEBEC Michel, Fromages et fromageries du pays d'Auge, 2012.             
  

Camembert-Museum, première publication le 14-03-2017 par Mme Joëlle Philippe.


FROMAGERIE SIMONET [ALMENÈCHES 61] par Gérard Clouet.

Originaire du canton voisin, je pensais trouver facilement les informations concernant la fromagerie Simonet à Almenèches (61). Après avoir épluché dans tous les sens les recensements de la population, le registre d'état civil et enquêté localement quel ne fut pas mon désappointement de ne rien trouver. Aucune fromagerie ou famille Simonet ne figurait dans les documents d'archives, ni aucun souvenir laissé dans la population. Intrigué par les similitudes frappantes entre les étiquettes d'Almenèches et celles de Lavalou au Bourg saint Léonard et à Sérans, j'en vins à soupçonner des liens entre ces  étiquettes mais sans pouvoir les établir avec certitude.

L'analyse du recensement de la population du bourg Saint Léonard en 1906 allait me livrer une première piste. La liste de personnes recensées au bourg comportait le nom de l'épouse de Jean Lavalou : Simonet Geneviève née à Brest en 1871. Mais au-delà de cette indication pas d'information précise quant au lien qui pouvait exister entre ces étiquettes. Le dépouillement en compagnie de Michel Lebec des archives Lavalou déposées en 1993 par madame Pierre Lavalou aux archives départementales de l'Orne allait me permettre de confirmer mon intuition.

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Dans les lettres de commande de l'année 1903* (1), figurent deux cartes de commande émanant de monsieur Guetz épicier au  Mans : La première du 6 octobre 1903 demande: «  3 caisses de paillon de Désiré, 300 petites boites des Désiré et 300 petites boites des simonettes. Vous vendez les simonettes un peu trop chère car je ne puis vendre plus cher que mes confrères. Il faut me les laissé à 2F50 la douzaine ». La dénomination « simonette » a tout de suite attiré mon attention. Une seconde carte de commande du 14 octobre 1903 allait être plus explicite: « Mettez moi 1 caisse de boite château, 5 caisses de boite Désiré, 400 petites Désiré, 200 des Simonet, 1 caisse bon marché ». Cette fois le lien entre Simonet et Lavalou s'établissait de façon plus évidente. Une dernière lettre allait le confirmer. En effet monsieur Drouin commerçant en conserves et salaisons à Conlie (Sarthe) écrivait le 6 avril 1904 à : « Me Simonet à Almenêches Orne , veuillez, je vous prie me faire savoir le prix de vos fromages façon camembert en boîtes ».

Voilà si besoin était une bonne démonstration de l’intérêt du dépôt public des archives liées aux activités économiques. À ce jour les archives Lavalou sont le seul dépôt conséquent courant de 1894 à 1960. Sans ce dépôt effectué à l'initiative de la famille Lavalou, il aurait été quasiment impossible de confirmer la filiation entre les étiquettes Simonet Almenéches et celles de Lavalou. Sources : - AD 61 243J18. [Camembert-Museum, première publication, le 27 février 2017, M. Gérard Clouet]


 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 20/03/2017

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