Camembert Museum

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Heureux qui comme Ulysse, a fait cet été un beau voyage, heureux le tyrosémiophile, parti de Marseille, sous un ciel bleu et sans nuages, dans un paquebot à la découverte de la méditerranée et de ses plages, choyé par les membres d'équipage: pas de cuisine, pas de lavage, ni de repassage, Vive les vacances, mêmes si elles sont terminées, retour dans la capitale et à nos belles images, celles que nous conservons précieusement, et feuilletons chaque page !!! finalement, il suffit de partir quelques semaines, pour se découvrir une âme de poète.


VENDREDI 17 AOÛT 2018 : Importante mise à jour des thématiques, surtout le thème floral, avec de nombreuses étiquettes de fleurs, des bouquets & des commentaires. À noter sur vos tablettes, la date du dimanche 16 septembre 2018, où dans le cadre des Journées du Patrimoine, le Musée "Au Petit Babigeot" sera ouvert de 9h à 18h.Vous y serez chaleureusement accueillis par notre ami Marcel Gousseau, à Maillé en Vendée..


14-Livarot (Marché-fr1nv)

LIVAROT : C’est dès la fin du moyen âge que ce fromage apparait et prend le nom de Livarot, une petite ville Normande située à mi-chemin entre Lisieux et Vimoutiers, et qui abritait l’un des plus gros marchés régionaux où se négociaient les fromages de Normandie.  Le 19ème siècle va marquer l’apogée du livarot, avec 4,5 millions de fromages fabriqués en 1877. Il est alors qualifié de viande du pauvre. Ce processus va progressivement cesser au 20ème siècle, les éleveurs trouvant dans l’industrie laitière normande un débouché pour leur lait qui était alors bien payé. D’autres, vont se détourner du Livarot, pour se lancer dans la fabrication du camembert, dont la demande est en forte croissance.

Comme souvent en ce début du 20ème siècle, la laiterie, et la porcherie sont souvent le prolongement de l’habitation. On y fabrique du beurre, du livarot, et le petit lait sert à nourrir les cochons. La journée dans la ferme commence dès 5h du matin, la fermière ou les domestiques logés sur place vont traire les vaches. La traite du jour est mise à reposer, et de la traite de la veille, on extrait la crème montée à la surface afin de fabriquer un bon beurre fermier. Le lait écrémé est réchauffé et versé dans des bassines où il est emprésuré. Le caillé ainsi obtenu est égoutté, puis rompu et placé dans des moules qui sont retournés à plusieurs reprises. Après deux ou trois jours, les fromages sont démoulés et salés, et posés sur des planches en bois légèrement inclinées, afin qu’ils durcissent ; C’est à ce stade de la fabrication que les livarots sont dits « blancs ».

Ces fromages, comme nous le mentionnions plus haut, étaient vendus sur les marchés de Vimoutiers et de Livarot, le jeudi, à des affineurs qui les achetaient pour les revendre à leurs clients, qui étaient principalement aux Halles de Paris. Nous, collectionneurs d’étiquettes de fromage, connaissons les noms de Graindorge, Blanchon, Meslon, Bisson-Rauline et bien d’autres, mais peu connaissent l’histoire d’Albert et Bernadette Paynel, d'Avernes-Saint-Gourgon, dans l’Orne, que nous raconte Joëlle Chéruel-Philippe.

Ferme la Noé-1943-1nv

PAYNEL ALBERT & BERNADETTE  [AVERNES-SAINT-GOURGON 61]

par Joëlle Chéruel-Philippe.

Dans la vallée encaissée du village d’Avernes-Saint-Gourgon serpente le ruisseau " Le Bourgel " du même nom que le hameau d’où il prend sa source principale. Il est grossi par le ruisseau de Pouillouse dont la source est intermittente. Ce ruisseau renferme plusieurs variétés de plantes submergées (on peut y cueillir du cresson d’excellente qualité pratiquement toute l’année). Sur les coteaux on peut observer différentes espèces d’orchidées et la très rare gentiane croisette. En bas des pentes on trouve des cariçaies (laîches). Le ruisseau du " Bourgel " rejoint La Touques à Canapville (61).

Natif du Renouard (61) Albert Paynel (1905/1990) épouse le 18 septembre 1926, Bernadette Deroualt (1905/1969) à Saint-Germain-de-Montgommery (14). Ils s’installent à Avernes-Saint-Gourgon (61) sur la ferme "La  Noé" en 1932. Préalablement, ils exploitaient une ferme aux Autels-Saint-Bazile (14).C’est Bernadette qui initie son époux à la fabrication du Livarot. En effet ses parents fabriquaient déjà des livarots en blancs sur leur ferme à Saint Germain de Montgommery (14).

Paynel albert bernadette 1nvÀ "La Noé" la production laitière est assurée par un troupeau d’une trentaine de vaches exclusivement normandes. On compte également une quarantaine de porcs et une trentaine de veaux, le tout sur une superficie de 70 h. Le couple est fermier de Monsieur et Madame René Grenier. La superficie de cette ferme est importante pour l’époque, ils possèdent trois chevaux percherons employés pour l’ensemble des travaux de la ferme. En 1937 et 1938 Albert Paynel obtient des prix au Concours Agricole et Horticole d’Orbec (14) pour ses juments et ses pouliches percheronnes.

La production laitière est d’environ 600 litres de lait par jour, selon la saison. Toute la production laitière est employée à la fabrication de livarot livrés en blancs, ainsi qu’à la fabrication de beurre. Le livarot est fabriqué tous les jours. La production quotidienne est de 50 livarots d’un poids de 350 gr. Le restant du lait est écrémé pour faire du beurre. Sept enfants naissent entre 1927 et 1943. Tous contribuent aux activités, les cinq filles pour principalement pour la fabrication des livarots et du beurre et deux garçons pour les travaux de la ferme.                                                                                                                                                                                                                                       Famille Paynel-1nv

Le bâtiment pour la fabrication des produits s’établit ainsi : dans la première pièce se trouve l’écrémeuse à moteur électrique (Mélotte) ; dans la deuxième pièce l’entrepôt du beurre, le lait du soir et la baratte à main (puis plus tard actionné par un moteur électrique (Law). La troisième pièce est exclusivement réservée à la fabrication des livarots. Lait du matin. Une partie du lait est écrémé pour nourrir les veaux et fabriquer le beurre, l’autre partie pour les livarots. Lait du soir. Une partie du lait du soir est mis dans des poêles ou grandes terrines en grès de Noron La Poterie  (14) par la suite en inox d’une contenance de 8 à 10 litres. Le matin, la crème prélevée avec une écumoire est destinée à la fabrication du beurre le mercredi pour le marché du jeudi.

Les fromages sont livrés à des affineurs tels Bisson-Rauline à Livarot (14), Madame Legendre Saint Michel de Livet (14) et Graindorge à Livarot, le lundi et le jeudi (jour de marché à Livarot). La veille de la livraison, les livarots sont salés. Ils sont transportés dans des caisses en bois. Le beurre en motte est livré dans une hotte en osier dont le fond est tapissé de paille. Il est enveloppé dans "une nappe à beurre" et recouvert d’un "mouchoir à beurre". Le beurre est livré à Livarot pour la laiterie Gautier de Lisieux (14) dont la spécialité est la fabrication et la revente de beurre fermier.

La quarantaine de porcs sont nourris avec le sérum du fromage auquel on ajoute de la farine d’orge, de maïs acheté chez le grainetier. Ces porcs sont vendus exclusivement aux charcutiers de Meulles (14), Orbec (14). Les veaux sont alimentés avec du lait doux (entier) jusqu’à 8 mois, puis du lait écrémé mélangé à du tourteau de lin.

Toute l’eau utilisée à la ferme est prélevée dans un puits à l’aide d’une pompe aspirante qui puise l’eau jusqu’à 60 m de profondeur. L’eau est transportée avec des bidons de 20 l au bout d’un joug sur les épaules. On utilise aussi l’eau de la mare ; celle-ci est régulièrement approvisionnée grâce à de l’eau acheminée du puits par un tonneau tiré par des chevaux. Elle sert à l’abreuvage et parfois au nettoyage du matériel de la fromagerie. L’activité d’Albert et Bernadette Paynel perdure sur cette ferme de 1932 à 1958 ; puis le couple part s’installer sur une autre ferme dans l’Eure-et-Loir.

Selon le journal l’Ouest-Éclair, édition (Orne, Sarthe, Mayenne) du 28/08/1937 au Concours Agricole et Horticole d’Orbec (14) catégorie ; juments percheronnes de 3 ans, non suitées un 1er prix et un second prix. L’Ouest-Éclair. Édition (Caen) du 23/09/1938 au même concours, un an après : juments percheronnes non suitées de 4 ans (et au-dessus) par un 1er prix et un second prix pour les pouliches percheronnes de 30 mois.   

 

Entretiens : Bernard et Monique Paynel-Grenier, Christiane Boutin-Paynel

Sources : Conservatoire Fédératif des Espaces Naturels de Basse-Normandie. La vallée du Bourgel (Avernes Saint Gourgon (61)

Jules Souquet-Basiège  Page 77 et paragraphe 2.4.1.5  Promotion  2005-2007, Février, mars, juin 2018

                Joëlle Chéruel-Philippe   [Camembert-Museum], le 17-08-2018

               

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 17/08/2018

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