Camembert Museum

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DIMANCHE 17 DÉCEMBRE 2017 : Découvrez aujourd'hui l'histoire de la Laiterie Coopérative d'Echiré (Deux-Sèvres), et ses produits indispensables pour vos tables de fêtes. À défaut de pouvoir partir un peu ce mois-ci, nous vous invitons à visiter notre page LES SPORTS D'HIVER, mise à jour avec l'aide de notre ami, Michel Coudeyre.


Collectionneurs de Paris et d'île-de-France, Camembert-Museum organise sa première bourse d'échanges d'étiquettes de fromage, le dimanche 28 janvier 2018, de 8h30 à 11h30 dans un café proche de la Porte d'Auteuil. Inscrivez-vous en appelant le 06.07.04.96.84 ou par la fiche contact du site. Nombre de places limité à 10 personnes seulement.


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LAITERIE COOPÉRATIVE D'ÉCHIRÉ par Gousseau Marcel & Schéhadé Serge

À l’origine, un certain M. du Dresnay, va créer en 1891, une laiterie dans les dépendances d'une ferme située au bord de la Sèvre niortaise, en plein cœur du village d’Echiré, situé à 10 kilomètres de Niort.

Sous l’impulsion de Louis-Paul-Delphin Sagot et d’un groupe d’agriculteurs, cette laiterie devient coopérative le 15 avril 1894. Le contrôle laitier est établi par M. Sagot, dès 1905, en organisant un concours entre les vaches laitières qui alimentaient la coopérative qu’il dirigeait. Cette même année, la coopérative d’Echiré remporte à l’Exposition Internationale de Liège, le grand prix international pour les beurres. Quelques années plus tard, les anciens bâtiments sont abandonnés au profit d'une nouvelle construction, sur la même parcelle, comme l'atteste cette date de 1909, portée sur la clé d'un linteau de fenêtre, par Paul-Antoine Mongeaud, architecte départemental des Deux-Sèvres.

79-Sagot Delphin (photo 01nv)L’inauguration officielle des nouveaux bâtiments a lieu le dimanche 29 mai 1910. On estime le coût de cette magnifique usine et son installation mécanique entre 130.000  et 165000 francs de l’époque. La cérémonie est présidée par M. Paul Rouvier, Sénateur et Président de l’Association Centrale, en présence de M. Aubanel, préfet des Deux-Sèvres, ainsi que de plusieurs notables parmi lesquels on peut citer, Monsieur Disleau, député, vice-président de l’Association Centrale, de M. Dornic, inspecteur des laiteries de l’Ouest, directeur de la station d’industrie laitière et de l’école professionnelle de laiterie de Surgères, de M. Paul Mercier, avocat-conseil de l’Association Centrale, de M. Daire, professeur à l’École de Laiterie de Surgères, des présidents et représentants d’un grand nombre de laiteries de la région, le Syndicat des mandataires aux Halles Centrales était représenté par son vice-président Monsieur Bodard. Plusieurs discours sont prononcés par Monsieur Disleau, Rouvier, Paul Mercier et par Monsieur Cail, président de la laiterie.

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En même temps que l’inauguration des bâtiments de la laiterie, avait lieu dans la cour de l’usine, l’inauguration d’un monument élevé par souscription, à la mémoire de Delphin Sagot (1843-1907), propriétaire-agriculteur à Echiré, fils de Paul Sagot, fermier à la Cour-de-Boisberthier, commune d’Echiré, vice-président du Conseil Général, Maire d’Echiré, président-fondateur de la laiterie d’Echiré, ancien vice-président à partir de 1900, de l’Association Centrale des laiteries coopératives des Charentes et du Poitou, qui contribua beaucoup au développement des beurreries de la région ouest, et attacha son nom à de nombreuses œuvres fondées sur la solidarité mutualiste, et la coopération sous diverses formes, Officier du Mérite Agricole.

Le public était aussi admis à cette inauguration. Les techniciens étaient admiratifs de l’heureuse disposition des locaux, et de la perfection des appareils de transformation. Sans oublier la visite des locaux affectés à la coopérative pour le ramassage et la vente des œufs, une activité annexée à la beurrerie et qui fonctionne avec grand succès depuis huit mois. Pour terminer cette mémorable et belle journée, un banquet de 350 couverts, réunissait dans la soirée, tous les amis de la laiterie. Des toasts y ont été prononcé notamment par M. Aubanel, Rouvier, Disleau et Cail.

L’usine est alimentée par la Sèvre-Niortaise, et par une source qui sert également au lavage des beurres. Depuis sa création, l’usine d’Echiré se consacre exclusivement à la fabrication d'un excellent beurre réputé pour sa qualité. Toutefois, elle commercialise aussi de la crème. Avant la première guerre mondiale, le litre de lait était payé toute l’année 15,5 centimes. (1) Le ramassage du lait est fait par les coopérateurs à raison de 6 francs par jour, en un seul passage fait chaque matin. Signalons aussi que le lait était fourni par des vaches de la race Parthenaise. Au Concours spécial de cette race, la vache primée a produit 1 kilo de beurre, avec 13,38 litres de lait. Le nombre de coopérateurs est alors à cette époque de 730 pour le lait, et un peu plus de 600 pour les œufs. A noter que la Coopérative d’Echiré était la première dans le département des Deux-Sèvres, à se lancer en 1909, dans la revente des œufs

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Statuts de la Coopérative des Œufs d’Echiré :

Article 1 : Il est formé entre les cultivateurs et éleveurs de volaille de la circonscription de la Laiterie d’Echiré, et pour une durée égale à celle de ladite laiterie, une Société qui a pour but la vente des œufs ramassés chez les adhérents. Article 2 : Chaque sociétaire devra fournir à la Société tous les œufs qu’il récolte, à l’exception de la quantité nécessaire à l’alimentation de sa maison. Il s’interdit par conséquent la vente des œufs au commerce. Article 3 : Les œufs seront ramassés toutes les semaines, ou plus souvent, si la société le reconnait utile ultérieurement. Ils devront porter le numéro du sociétaire et être classés dans les séries correspondant aux différentes bagues en usage dans les marchés de Paris et de Londres. Article 4 : Les numéros, tampons, anneaux et tous ustensiles uniformes nécessaires à tous les sociétaires seront fournis par la Société. Article 5 : Les œufs seront vendus au mieux des intérêts des sociétaires, soit aux Halles Centrales de Paris, soit en Angleterre, soit à des acheteurs spéciaux. Article 6 : Les sociétaires seront tenus de ne fournir que des œufs frais de la semaine. Les œufs qui seront reconnus par le mireur-emballeur comme n’étant pas frais, seront retournés au sociétaire. En cas de récidive, il y aura amende et il pourra y avoir exclusion de la Société. Le tout prononcé par le conseil d’administration. Article 7 : Chaque adhérent aura un livret sur lequel le ramasseur inscrira la quantité fournie de chaque série. Les œufs retournés seront déduits. La question des œufs roux et blanc sera réglée ultérieurement. Article 8 : Aussitôt la constitution de la Société, des règlements spéciaux seront élaborés pour la livraison des œufs. Ceux qui ne seront pas membres fondateurs seront astreints à payer une mise d’entrée. Article 9 : En cas de dissolution ou de liquidation prématurée de la Société, il sera procédé par les mêmes voies et moyens que ceux indiqués à l’article 33 de la Société de Laiterie. Article 10 : La Société devant commencer à fonctionner au 1er septembre, les adhésions seront reçues jusqu’au 15 août inclus. Article 11 : La Société sera administrée par les membres du bureau et de la commission de contrôle de la Laiterie Coopérative d ‘Echiré. L’Assemblée Générale des sociétaires désignera en outre trois commissaires vérificateurs qui devront chaque année lui présenter un rapport. Le Conseil d’administration désignera dans son sein un Directeur chargé spécialement de la marche des divers services de la Société. Article 12 : Toutes les fonctions du Conseil d’Administration seront gratuites.

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Les Bâtiments et l’Outillage : L’ensemble des bâtiments forment un grand U. Ils abritent la beurrerie, un bureau, un laboratoire et deux logements ; au premier étage de l’usine est installée une grande salle pour les réunions des sociétaires. La laiterie est construite avec chais, deux chaudières horizontales à vapeur indépendantes des deux moteurs, un bassin à lait pour les écrémeuses, deux barattes dites normandes, avec malaxeurs intérieurs, une presse spéciale à beurre, une machine à fabriquer la glace, balances, poids, tables, moules, presses, etc. L’ensemble de l’outil de fabrication est d’une grande propreté. Le nombre d’employés recensés avant la grande guerre était d’environ 35 personnes. Le beurre était expédié à Paris en mottes de 10 kilos et vendu 3 à 4 francs/kilo. Il était vendu aussi à Niort, par quart, demi et un kilo et enveloppé dans un papier spécial ayant comme marque :

« Laiterie Coopérative. Echiré (Deux-Sèvres) Beurre fin garanti pure crème, marque déposée »

En 1922, au Congrès national de la mutualité, de la coopération et du crédit agricole, la Laiterie Coopérative d’Echiré était représentée par Monsieur Cail. C. (Président), Monsieur Bergeronneau. P. (Vice-Président), ainsi que par Messieurs Godeau, Appercé, Masson et Redien (dont nous ignorons les fonctions au sein de la coopérative).

Selon une étude réalisée en 1923, par l’institut national agronomique, les frais de ramassage du lait pour la Coopérative d’Echiré, située à flanc de coteau, où le terrain est accidenté dans le rayon d’approvisionnement, les dépenses liées à la collecte du lait représentent 50,90 pour cent des frais généraux, ce qui est vraiment énorme et inconcevable de nos jours. A la laiterie de la Crèche, ces frais représentaient aussi, la même année 51,13 pct des frais généraux.

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Date de dernière mise à jour : 17/12/2017

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