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La Laiterie Coopérative de Prahecq est fondée en 1892. Elle est très vite récompensée pour la qualité de ses beurres à différents concours nationaux. Une porcherie est annexée à la beurrerie. Fabrication de poudre de lait dans les années 1960, dans un souci de diversification. Reprise par la Laiterie de Celles-sur-Belle en 1990. Un historique complet est disponible, mais nous cherchons des témoignages de personnes ayant travaillé à Prahecq à différentes époques.


DIMANCHE 05 AVRIL 2020:   Historiques des fromageries Yver Léon à La Coulonche (61) et Maurice Commenchail à la Chapelle-au-Moine (61), par Gérard Clouet.


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FROMAGERIE YVER LÉON  [LA COULONCHE 61] par Gérard Clouet.

L'activité fromagère de Léon Yver est connue au travers d'une étiquette - la seule semble-t-il - représentant une vue de Paris au centre de laquelle trône la tour Eiffel. C'est en dépouillant le fonds de la fromagerie Lavalou aux archives départementales de l'Orne qu'une première piste s'est ouverte pour découvrir ce producteur fermier.*1

En effet le 26 septembre 1908 il sollicite Jean Lavalou directeur de la fromagerie de Bourg Saint Léonard (61) pour un emploi en précisant qu'il « connaît la fabrication du Camembert ainsi que les soins du séchoir et de la cave ». Il habite à ce moment là chez son père au hameau du «  Pont Herbout » à Chanu (61). Lavalou lui répond dès le lendemain en lui demandant : « Avez-vous des références à me fournir, certificats, etc... ? Chez qui avez-vous fait votre apprentissage ?Le mieux serait de venir me voir. Dans le moment j'aurais bien une place à vous donner pour remplacer une de mes fromagères restée malade, mais avant de vous prendre je voudrais vous connaître et avoir des références. » À partir de ce courrier les recherches deviennent faciles en consultant classiquement les registres d'état civil, les recensements de population et les fiches militaires accessibles sur internet. Léon Yver est effectivement à Chanu né le 24 avril 1892 au village de « La Racinière » de Jean Pierre Octave 28 ans cultivateur et Bertrand Victorine.

Yver-Léon-1nv (Coulonche 1)Début septembre 1911 Léon Yver sollicite à nouveau Monsieur Lavalou pour obtenir un emploi à la fromagerie du Bourg Saint-Léonard. Celui-ci lui répond qu'il ne peut le prendre dans son personnel en adressant son courrier comme le lui demande Léon Yver chez monsieur Duval à Lisieux(14) chez lequel on est en droit de penser qu'il est employé. En 1912, au moment du conseil de révision il réside à Saint-Georges-sur-Eure (28) et déclare exercer le métier d' agriculteur. Réformé en 1913 pour cause de hernie inguinale , il est cependant rappelé en mai 1917 et incorporé au 150ème RI de Verdun (55) , versé ensuite successivement dans différents escadrons du train, au 4ème escadron en octobre 1917, au 20ème en janvier 1918 et enfin au 8ème en mars 1918.

Libéré en août 1919, il s'installe à La Coulonche (61) dès septembre 1919 et il s'y marie en octobre 1919 avec Berthe Lainé, née dans cette même commune en 1895. Le couple s'établit sur une ferme au lieu-dit « Le Ronceray » et y fait construire un bâtiment à usage de fromagerie. Constitué d'un seul niveau en rez-de-chaussée, il comprend une laiterie et un hâloir en prolongement. Malgré les transformations opérées au fil du temps les vestiges de ce bâtiment traduisent encore aujourd'hui ses fonctions initiales. En 1921 lors du recensement le couple Yver se déclare fabricant de fromage et emploie 6 domestiques (4 hommes et 2 femmes). Après le décès de Léon Yver en octobre 1925, sa femme Berthe continue à faire valoir seule avec 4 domestiques. Il en est de même en 1931 avec 3 domestiques. Même si elle indique exercer la profession de cultivatrice, il est probable qu'elle continue pendant toute cette période à fabriquer du fromage. La preuve en est qu'elle fait construire une nouvelle fromagerie à la ferme des « Sablons » toute proche du « Ronceray » où elle s'installe vers 1932 . Cette fromagerie comporte en rez de chaussée une laiterie et à l'étage un hâloir. Transformé en étable et en grenier à foin, le bâtiment est encore en excellent état. A l'étage des restes de claies utilisées pour affiner les fromages sont encore visibles. Mais les soucis de santé de Berthe l'empêchenr très certainement de développer une activité de fabrication importante même si Marthe sa sœur cadette vient l'aider. En 1936 elle n'emploie plus qu'une servante d'une soixantaine d'année. Elle décède en avril de cette même année..

SOURCES : *1 Fonds Lavalou 243J AD 61. Entretien avec Pichereau Jean-Paul 2018, Chochon François arrière petits neveux de Berthe Lainé. 2019.

Gérard Clouet [Camembert-Museum, première publication le 05 avril 2020)

 

Saint-Front-1nv (Commenchail 14820) Saint-Front-2nv (Commenchail 14821)

COMMENCHAIL MAURICE [DOMFRONT, LA CHAPELLE-AU-MOINE 61] par Gérard Clouet.

Il s'en est fallu de peu que ce modeste fromager disparaisse des mémoires. Cela tient à un message internet d'un lecteur suite à un article paru en 2016 dans un journal local du domfrontais. Maurice Commenchail est né en 1894 à Quettetot (50). Son épouse Louise Bihel est originaire de Bricquebec (50). En 1904, domestique au moment du conseil de révision préalable à l'incorporation, il est dispensé de service militaire.

Le couple marié en 1909 est employé du 10 juillet 1911 au 22 décembre 1911 en tant que fromagers par la laiterie Lanquetot à Orbec (14) qui leur produit un certificat : « Les soussignés certifient avoir employé les époux Commenchail comme fromagers du 10 juillet à ce jour. Nous avons eu satisfaction de leur travail et ils quittent libres de tout engagement. E. Lanquetot et fils et Cie. 22 octobre 1911. »*1 Malgré une pathologie cardiaque Maurice Commenchail est mobilisé en décembre 1914 et il est maintenu dans le service armé avant d'être définitivement réformé en décembre 1917.

Entre temps son fils Henri naît en 1916 à Bricquebec (Manche).

Commanchail m st front nv

Probablement peu après la fin de la première guerre la famille Commenchail arrive dans l'Orne. En effet, en 1920, Maurice est employé à la fromagerie de Berjou. Peu après le couple s’installe sur une ferme au hameau de « La Hélisière » sur la commune de La Chapelle-au-Moine. En 1921, ils y sont recensés tous les trois et Maurice déclare exercer la profession de fabricant de fromage. C'est dans cette commune que leur second fils Lucien naît en 1922 .

Le recensement de 1926 fait apparaître qu'ils ont quitté La Chapelle-au-Moine sans qu'on puisse ensuite les localiser tous les quatre avant 1931 date à laquelle ils figurent sur celui de la commune de Domfront à « La Renaudière » en tant que cultivateurs. Alors que l'annuaire du lait de cette année 1931 les donne encore comme installés à La Chapelle-au-Moine. En 1936, ils sont toujours à Domfront mais sur une autre ferme à « La Lambertière » où Maurice, ainsi que sa femme et ses fils exercent le métier de fromager. En 1929 il est cité dans un annuaire à La Chapelle-au-Moine.

Le couple fabrique des camemberts avec le lait produit sur la ferme et celui acheté aux agriculteurs voisins. Henri (1916-2009) part la journée entière pour effectuer les livraisons en vélo dans les épiceries de la contrée. Les deux étiquettes utilisées sont des passe-partout sans nom d'imprimeur.

Veuf peu avant le début des années 1940, Maurice Commenchail continue un temps à fabriquer des fromages. Son fils Henri entre comme mouleur à l'usine Luchaire de Messei (61) et au moment de son mariage en 1940 avec Marie-Louise Perchemal employée dans le même établissement que lui . Son père Maurice Commenchail réside à nouveau à « La Hélizière » sur la commune de la Chapelle au Moine où il est journalier. Profession qu'il exerce encore en 1946. Il y décède en décembre 1948.

Sources : *1 Archives famille Commenchail, Entretien avec Commenchail Marie Louise 2016.

Gérard Clouet [Camembert-Museum, première publication, le 25 mars 2020]

 

 

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 05/04/2020