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Camembert06 Camembert07 Camembert12 Cestac 33nv

Florence Cestac est née à Pont-Audemer dans l'Eure. Elle est  auteur, illustrateur et éditeur de bande-dessinée (que le monde des linguistes-féministes me pardonne s'il le veut, j'attends qu'ils se mettent d'accord entre eux). Cette belle série d'étiquettes de fromages, vous ne la trouverez pas chez votre fromager ou au rayon de votre super-hyper-marché ! Ce sont des oeuvres d'art, drôles, uniques et sont la preuve que nos vieux papiers peuvent encore inspirer des illustratrices de talent.


           JEUDI 23 JANVIER 2020:  Mise à jour de nos pages : LISTE DES FROMAGERIES DE SEINE-ET-MARNE (77) ET  CODES DES FROMAGERIES DE LA HAUTE-VIENNE, contribution de M&Mme Gérard. Découvrez Henry Lemonnier dans illustrateurs, qui a conçu des affiches pour trois fromagers : Bisson, Rendu et l'Union Laitière des Fermiers d'Isigny.   


Morice-Charles (Ouilly 141nv) Morice charles ouilly 146nv

MORICE Charles Antoine [Lessard-et-le-Chêne 14]

Charles Antoine MORICE, fabricant de toile, est né en 1806, à Fresnay-le-Samson, près de Vimoutiers (61). Le 8 mai 1832 il épouse à Champosoult (61) Adèle Marguerite Paynel, fermière sur cette commune. Elle est la fille de Jacques François Paynel et de Jeanne Marie Anne Feuillet. Assiste à ce mariage, entre autres, Thomas Auguste Paynel, frère de Jacques, fermier sur la commune, âgé de 49 ans. Adèle Paynel est née le 12 novembre 1810 à Camembert (61). Jeanne Marie décède en 1815 et Jacques François en 1817 à l'âge de 38 ans. C'est l'oncle et aussi parrain, Thomas Auguste Paynel, époux de Marie Harel, qui élève Adèle jusqu'à sa majorité.

De cette union naît Charles Augustin en 1836 à Saint-Georges-en-Auge, près de Livarot (14). Quelques années plus tard, le couple s'installe sur la ferme du Quesnot à Lessard-et-le-Chêne (Calvados). Étant déclarée fermière à Camembert, avant son mariage, Adèle a pu apprendre la fabrication du camembert, avec ses cousins, chez sa tante, Marie HAREL, et mettre en application, à la ferme du Quesnot, son savoir-faire dans les années 1840. Elle a, ainsi, créé, la première fromagerie du Calvados fabricant du camembert. Charles Augustin Morice prend pour épouse, le 15 juin 1863 à Coupesarte, Marie Julie Alexandrine Buquet, fille de Marcel Eugène Buquet et d’Anne Julie Bourgogne habitant cette commune mais, tous deux, originaires de Montviette, près de Livarot (14).

Les époux Morice/Paynel quittent le Quesnot, fin des années 1865, pour aller sur une propriété, ''Le Manoir'', qu'ils viennent d'acheter sur la commune de Ouilly-le-Vicomte, près de Lisieux (14). Ouilly-le-Vicomte était appelé pendant la révolution : Ouilly-la-Nation ou Ouilly-l'Union. Malheureusement, Charles Antoine décède le 1er mars 1870. Les ''Morice'', de Lessard, et les ''Buquet'' de Coupesarte figurent parmi les principaux expéditeurs de fromage à la gare de Lisieux en 1874 comme les ''Bourgogne'' de Montviette. Le couple a quatre filles: Augustine née en 1864, Adèle Marie en 1865, Émilienne en 1876 et Lucie en 1882.

Vers 1883/1885, la famille MORICE quitte Lessard pour Ouilly-le-Vicomte, sur la propriété de leurs parents et continue la fabrication de fromage. La ferme du Quesnot est reprise par le couple CANET/BERTHAUME, dont nous aurons l’occasion d’y revenir. Sur l'étiquette, plus haut, nous pouvons lire :  " Fromagerie du Manoir  fondée en 1832" L'on peut penser qu'il est fait référence aux ''Bourgogne'', de Monviette, fromagers depuis des décennies.

Adèle Marie épouse, en 1884, Louis Fernand Paynel, son cousin, fils de Louis Léon Paynel, frère d'Adèle. Louis Fernand est déclaré grossiste de fromage, au Havre (76) et Louis Léon rentier. Adèle Paynel, épouse Morice, décède en 1885, à l'âge de 75 ans. Lucie, prend pour époux, en 1908, Léon Chardon, marchand de charbon à Brionne (27) . Cette même année de 1908, Charles décède à l'âge de 72 ans. En 1889, Mme veuve Morice obtient une belle médaille d’argent à l’Exposition Universelle de Paris. En 1892, M. Morice participait à des scrutins municipaux et régionaux, dont nous n’avons pu déterminer avec exactitude les résultats.

Selon le Journal d'Honfleur, dans la nuit du 20 au 21 juin 1893, le feu a dévoré une maison appartenant à M. Morice, fabricant de fromages à Ouilly-le-Vicomte. L'immeuble incendié, servant d'habitation à son gardien, M. Jules Gérard, était situé à une distance d'environ 25 mètres de la ligne du chemin de fer de Lisieux à Pont-l'Evêque. Le feu s'étant déclaré dans les combles , sans aucune cause connue, il n' y a rien d'impossible à ce qu'il ait été mis à la toiture en chaume par une flammèche échappée d'une locomotive : c'est une hypothèse admissible . Le surveillant de nuit du chemin de fer, apercevant le toit en flammes , s'est empressé d e réveiller M. Gérard et sa famille et d'appeler au secours. M. Gérard a perdu une partie de son mobilier évalué à 150 francs et non assuré. Pour le propriétaire, M. Morice, les pertes s'élèvent à 6000 francs, couvertes par l'assurance jusqu’à concurrence de 5000 francs. (Ref le journal d’Honfleur du 1er juillet 1893)

Le 30 avril 1895, Émilienne épouse Gustave Arsène Degournay, épicier sur la place Thiers à Lisieux (14). Ils ont  Jean en 1896 et Pierre en 1898 qui ne connaîtra pas son père décédé le 19 octobre 1897. Comme son beau-père, Gustave fait référence, sur son étiquette, à l'année 1832, année de création de la fromagerie. La fromagerie doit cesser toute fabrication autour des années 1900. Émilienne se remarie quelques années plus tard. Elle décède le 6 juin 1944 à Lisieux, jour du débarquement des alliés en Normandie.

Michel Lebec [Camembert-Museum, le 23 janvier 2020


CRÈMERIE FRANÇOIS PRUDON [PARIS]

CRÈMERIE LES LAITS DES FERMES DE LA MALMAISON ET DE SAINT-SIMON,

32 AVENUE RAPP, PARIS 7ème.

Prudon Francois (crémier)François Prudon était originaire de Laizé. Il était propriétaire à Bondy d’une maison achetée en viager qui lui avait coûtée 20000 francs de l’époque. Crémier de métier, il s’installa avenue Rapp et éprouvait une forte colère et de la haine pour le baron Henri de Rothschild, fondateur de l’œuvre Philanthropique qui selon lui causa sa ruine financière. Un soir de juin 1914, il passe à l’acte et tente d’assassiner le baron. Il sera déclaré après jugement, non responsable de son acte et interné à l’asile Sainte-Anne. Voici le déroulement des faits tels que rapportés par le Petit Parisien du 22 juin 1914

LE MEURTRIER EST UN MONOMANE, L'ÉTAT DU BLESSÉ EST SATISFAISANT.

L'attentat dont fut victime au cours de la nuit d'hier, boulevard des Capucines, le docteur Henri de Rothschild, n'aura, fort heureusement, aucune conséquence grave. Hier, le blessé allait aussi bien que possible. Dans quelques jours, il sera complètement rétabli. L'enquête à laquelle a procédé M. Court, commissaire du quartier Gaillon, lui a permis de reconstituer le drame dans tous ses détails. Elle a confirmé d'autre part que le meurtrier, François Prudon, âgé de soixante-cinq ans, établi crémier 32, avenue Rapp, est affligé de la monomanie de la persécution. Il rendit M. Henri de Rothschild qui est, comme on le sait, le créateur de l'Œuvre philanthropique du bon lait responsable de ses déboires commerciaux, bien que depuis longtemps le baron ne fût plus le directeur de cette œuvre

Après avoir assisté au gala de l'Opéra, le baron et son ami le docteur Zadoc-Kahn, médecin en chef de l'hôpital Rothschild, venaient de traverser le boulevard des Capucines. M. Henri de Rothschild arrivait à hauteur de la rue Edouard-VII, lorsque la pluie se mit à tomber. Il manifesta alors le désir de rentrer chez lui en voiture, et le docteur Kahn fit quelques pas en avant pour héler un taxi-auto. C’est à ce moment là que François Prudon tira sur lui, par derrière, un premier coup de feu. Le projectile atteignit M. de Rothschild dans la région postérieure gauche; après avoir buté contre la crête iliaque, il s'arrêta à fleur de peau, ne produisant qu'une plaie en séton. Se sentant touché, le baron se retourna vers son agresseur qui brandissait un browning et s'apprêtait à tirer encore. Levant sa canne, M. Henri de Rothschild se défendit de son mieux contre le forcené, qui, hâtivement, tira encore quatre coups de son arme. Le docteur Zadoc-Kahn, qui n'avait prêté aucune attention au premier coup de feu, croyant à l'éclatement d'un pneu, s'était retourné au second. Voyant son ami en danger, il s'était engagé pour lui porter secours. Mais, malheureusement, il glissa et tomba. Quand il se releva, il constata que le meurtrier s'enfuyait poursuivi par la foule. Sur le trottoir, la canne du baron de Rothschild, une racine d'olivier, gisait brisée; c'était la conséquence d'un coup porté sur la tête de l'homme au revolver. Tandis que le blessé était ramené à son hôtel, 33, rue du Faubourg Saint-Honoré, François Prudon était arrêté et conduit au commissariat de la rue de Choiseul.

 

Les Explications du meurtrier :

En réponse aux questions qui lui furent posées, le vieillard fit la déclaration suivante : "J’avais installé au numéro 6 de la rue d’Artois une boutique qui jouissait d’une magnifique prospérité. Tout marcha bien pendant six ans jusqu'au moment où l’œuvre philanthropique du bon lait, vint établir une succursale, avenue Friedland. Mes clients me quittèrent tous pour aller chez mon concurrent. Il ne me restait qu'une ressource : abandonner le quartier, ce que je fis. J'allais donc ouvrir une autre boutique au n°32 de l'avenue Rapp. Je réussis à force de travail, à me constituer une clientèle, lorsqu'il y a deux ans, tout près de moi encore, avenue La Bourdonnais, une autre succursale de l'Œuvre Philanthropique du bon lait fut ouverte. Dès lors, je recommençai à perdre tous mes clients". Voila, conclut Prudon, les raisons de ma haine contre M. Henri de Rothschild. Répondant à une question de M. Court, Prudon, ne fit aucune difficulté pour reconnaître qu'il avait, à différentes reprises, adressé des lettres de réclamation ou de menace au baron de Rothschild. Il avoua même que l'une de ces lettres, qu'il avait écrite, il y' a deux ans, au lendemain de la mort du baron Gustave de Rothschild et dans laquelle il annonçait à son destinataire qu'il le tuerait à la sortie du cimetière du Père-Lachaise, lui avait valu d'être convoqué à la préfecture de police et sévèrement admonesté. Prudon qui, dans la nuit, aussitôt après son attentat avait manifesté aux agents qui l'emmenaient son regret de ne pas avoir tué le baron, est revenu, hier matin, à de meilleurs sentiments. Il a, en effet, déclaré au commissaire, qu'il déplorait sincèrement de s'être laissé allé à commettre cet acte. Le crémier a fait connaître, en outre, qu'il avait acheté le browning, il y a un mois, dans un grand magasin du boulevard Barbès, mais il a nié énergiquement être venu rôder aux abords de l'Opéra, pour attendre le baron et commettre son crime. Il prétend avoir rencontré tout fortuitement M. Henri de Rothschild. Prudon a été envoyé au dépôt dans l'après-midi d'hier.

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Date de dernière mise à jour : 23/01/2020