Camembert Museum

Buvardbeaumont 74


JEUDI 22 JUIN 2017 : À LIRE SUR CETTE PAGE UN ARTICLE SUR LA TYROSÉMIOPHILIE EXTRAIT DU BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE LE VIEUX PAPIER ET DATANT DE 1952. HISTORIQUE DE LA FROMAGERIE BIGNON À AVERNES-SAINT-GOURGON, DANS L'ORNE, PAR MME JOËLLE PHILIPPE. MISE À JOUR DE NOTRE LISTE DES FROMAGERIES DE L'AUBE (10), CONTRIBUTION DE M & MME GÉRARD QUE NOUS REMERCIONS; 


Composition le vieux papier

Si nous parlions des étiquettes de fromages !

Quand une dame veut un tantinet se payer la tête d'un papiériste, elle lui demande innocemment : « Vous ne collectionnez pas les étiquettes de camembert ? » On semble atteindre là le comble de la... puérilité et la réponse permet de juger le malheureux qui a eu la faiblesse de s'attacher à elles.
Nous voudrions faire justice de cette ironie — provoquée peut-être par l'odeur des pièces, en démontrant que, pas plus qu'une autre branche de l'étiquette, celle de fromage ne doit être négligée. Nous admettons bien volontiers que la figuration de vaches dans des pâturages n'a qu'un intérêt très relatif, mais par ailleurs tout le monde à peu près y trouve à glaner. Elle suit souvent l'actualité et nous avons vu sur l'alliance russe le Camembert des Tzars, sur le début de la conquête de l'air des dirigeables et des avions différents de ceux d'aujourd'hui.
L'ethnographe s'arrêtera aux costumes, aux nombreuses coiffes — fantaisistes parfois — aux métiers, à la façon de porter les charges, etc... L'homme de théâtre évoquera le souvenir des triomphes de Cyrano, de l'Aiglon, de l'Oiseau Bleu ou de la Mascotte. L'archéologue retrouvera des monuments que la guerre a détruits. L'historien retiendra, pour la période 14-18 notamment, des marques patriotiques : L'Ami du Poilu, le Camembert des Alliés, Le Tank, le Camembert National, etc...
L'iconophile s'amusera à trouver des célébrités inattendues : Jeanne Hachette, Sully, Rabelais, Napoléon, tant d'autres. L'héraldiste glanera quelques armoiries de villes ou de provinces. L'économiste, enfin, se penchera sur les variations décroissantes du pourcentage des matières grasses pendant l'occupation.
Nous ne songeons nullement à donner,à ces étiquettes une place qu'elles ne peuvent avoir et nous mettons bien au-dessus d'elles celles de boîtes de fil dont notre ami Dupuis nous a présenté une si belle réunion, mais enfin, tout de même, elle ne doivent pas être méprisées et nous venons d'apprendre qu'une Société s'est constituée pour la récolte de ces images aux couleurs vives (1).
Notre bulletin par deux fois s'est arrêté sur le sujet, d'abord par une étude de notre regretté Président M. Vivarez (n° 84, mai 1914), puis dans l'humour et la réclame pendant la guerre (n° 86, janvier-avril 1916). Et nous rendrons hommage sans aucune ironie, en gens qui s'y connaissent, à la mémoire de notre ancien archiviste-trésorier, le si dévoué et si obligeant M. Prévost, qui faisait aux Halles journellement sa cueillette, et qui avait réuni sur le sujet la plus belle collection que nous ayons connue, tant comme nombre de pièces que comme heureuse présentation. Un collègue humoriste, parlant des membres du Vieux Papier, avait donné sur ce sujet des vers moqueurs que nous retrouverons un jour, et notre bon M. Vivarez, à son tour, dans un de ses recueils poétiques, lui avait dédié, il y a de cela 40 ans, le sonnet sur lequel s'achèvera notre familier plaidoyer (2).

À propos d'une collection d'étiquettes de camemberts (à M. L. PREVOST).
Le camembert n'est pas ce qu'un vain peuple pense, Un fromage excellent sans doute et puis c'est tout. S'il procure au palais une âpre jouissance, S'il excite la soif et satisfait le goût. Il nous vaut des plaisirs de bien autre importance qui le font remarquer et désirer partout. En lui donnant le pas sur ses frères de France, Gruyère, Roquefort, Mont-Dore, Chabichoux. Dans le modeste écrin ou sa pâte repose.
Moelleux comme une crème et frais comme une rose, Il dort sous des tableaux pleins de variété. Et si notre estomac n'y trouve pas son compte, Nos yeux peuvent, du moins, sans crainte de mécompte, Jouir de l'étiquette avec sérénité. (2 Février 1912).


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LAITERIE, FROMAGERIE, BIGNON JULES & JACQUELINE [AVERNES SAINT-GOURGON, ORNE 61]

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On arrive à Avernes Saint Gourgon par une superbe allée de peupliers. Ce village compte 76 âmes. L’église est sous le patronage de Saint-Gourgon. Ce saint officier de l’armée romaine fait martyr en l’an 303 sous l’empereur Dioclétien tombe en disgrâce en ne voulant pas renier sa foi ; il est aspergé de vinaigre mêlé de sel, brûlé vif, et subit d’atroces tortures.
Chaque année vers le 9 septembre, se déroule un pèlerinage dédié à ce saint, avec une source miraculeuse sensée guérir les rhumatismes. A cette occasion se tient la fête du melon, cultivé sur les côteaux d’Orbec, avec une grande fête foraine, tente, bal, jeu de boules, bataille de polochons, balançoires, etc… Cette fête perdure jusqu’en 1958, en drainant plus de 500 personnes. En bas d’Avernes coule  « le bourgel » qui rejoint le fleuve la Touques à Canapville (61) et fait partie du réseau Natura 2000.

Mme BignonJules Bignon (1928) et son épouse Jacqueline Garnavault (1930) s’installent en 1959, à la ferme du Château à Avernes Saint Gourgon dans l’orne.

Jacqueline est issue d’une famille de fromager du calvados. C’est à Boissey (14) que ses parents débutent la fabrication de Pont-l’Evêque en 1929, avant de poursuivre entre 1936 et 1958 à Lisores, puis à Saint-Ouen-le-Houx (14) jusqu’en 1970 avec l’aide de leur fille Geneviève.
Forte de cette expérience familiale, Jacqueline Bignon perpétue la fabrication du fromage de Pont-l’Evêque et n’ajoute seulement qu’en 1987 la fabrication du livarot à Avernes Saint Gourgon avec l’aide de sa belle-fille Elisabeth.

Forte de cette expérience familiale, Jacqueline Bignon perpétue la fabrication du fromage de Pont-l’Evêque et n’ajoute seulement qu’en 1987 la fabrication du livarot à Avernes Saint Gourgon avec l’aide de sa belle-fille Elisabeth.
Jules Bignon (1928) et son épouse Jacqueline Garnavault (1930) s’installent en 1959, à la ferme du Château à Avernes Saint Gourgon dans l’orne.
Jacqueline est issue d’une famille de fromager du calvados. C’est à Boissey (14) que ses parents débutent la fabrication de Pont-l’Evêque en 1929, avant de poursuivre entre 1936 et 1958 à Lisores, puis à Saint-Ouen-le-Houx (14) jusqu’en 1970 avec l’aide de leur fille Geneviève.

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Pour le dessin des étiquettes de fromage, la famille Bignon s’inspire du graphisme très géométrique du peintre Fernand Léger, voisin, puisqu’il a habité à Lisores (14) à quelques kilomètres d’Avernes Saint Gourgon et souhaite rester dans le thème de dessin d’enfants.
Elisabeth Bignon ayant été initiée par Jacqueline Bignon à la fabrication des fromages, elles travaillent ensemble jusqu’en 1992, date à laquelle Jacqueline Bignon prend sa retraite. A leurs débuts, elles n’utilisent que le quart du bâtiment attenant à la ferme, soit environ mètres carrés. La  production laitière est assurée par un troupeau de 70 vaches, élevées sur 70  hectares. Elles produisent 1400 litres de lait par jour, dont seulement le quart est valorisé sur place dans l’atelier de fabrication de fromages. Le surplus, est vendu à la laiterie Graindorge de Livarot (14). La production de lait varie en fonction des saisons, et augmente avec l’accroissement du troupeau et l’attribution des quotas laitiers.

Jacqueline et Elisabeth Bignon fabriquent les fromages 4 fois la semaine, dont une seule fois du Livarot (celui-ci demande plus de manipulation que le Pont-l’évêque). Pour ce faire, elles n’utilisent que du lait cru. Ainsi chaque semaine la fabrication s’établit à une centaine de livarots et 300 Pont-l’évêque, les uns et les autres de 350 et 220 grammes.
Une partie des fromages est vendue sur les marchés de Saint-Pierre-sur-Dives (14), Bernay (27), Orbec (14), ainsi qu’une crémerie d’Honfleur, livrée une fois la semaine par Jacqueline ou elisabeth Bignon. Des revendeurs de Paris viennent directement chercher les fromages à la ferme.
Trois années de succès consécutifs en 1995, 196, 1997 valent à la famille Bignon de remporter « Le Challenge sur trois ans » et la coupe du Conseil Général. Au Concours de 1997, la famille Bignon remporte à Pont-l’Evêque le 1er Prix dans la catégorie « Pont-l’Evêque fermiers » avec une note de 24,85/35.
Jacqueline Bignon prend sa retraite en 1992.
A cette date, la ferme est reprise par Elisabeth et Christophe Bignon, qui continuent la fabrication de fromages de Pont-l’Evêque et de livarot. Elisabeth effectue alors avec le concours de la D.S.V.  (Direction des Services Vétérinaires », une mise aux normes sanitaires, la fromagerie s’agrandit et occupe dorénavant les trois quarts du bâtiment soit une superficie de 120 mètres carrés.
La fabrication et la distribution de fromages étant considérées comme trop prenantes, la décision est prise en 2000 de les arrêter. Le lait est cependant vendu à la Laiterie Graindorge de Livarot.

Sources : (1) Entretiens avec Elisabeth & Christophe Bignon en janvier et mars 2017. (2) Michel Lebec : Fromages du Pays d’Auge des années 1870 à nos jours.

Par Mme Joëlle Philippe (Camembert-Museum, JUIN 2017)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 22/06/2017

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