Camembert Museum

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Document Société LAC-NOR, contribution de M. Marcel Gousseau.


MARDI 17 SEPTEMBRE 2019 :   Première mise à jour de notre liste des fromageries de Saône-et-Loire (71) et nouveaux codes de fromageries de la Sarthe (72), contribution de M & Mme Gérard. Retrouvez dans historiques Région-Ouest, des informations complémentaires sur la Laiterie Coopérative de Machecoul (44). Nouvelle page sur le thème du sport, l'athlétisme. Cliquer sur le lien.


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À la fin du XIXème siècle, l' économie de nos campagnes est des plus précaire, et les agriculteurs comme de nos jours, vivent très difficilement cette période. Ils fabriquaient le beurre pour leur consommation personnelle et aussi pour le voisinage, un petit complément était vendu sur le marché de Machecoul. Ces marchés très aléatoires, les privaient parfois d’entrées d’argent escomptées. Aussi, un petit groupe, soucieux de l’avenir des leurs, propose de se regrouper et projette la construction d’une laiterie, qui allait devenir la première laiterie du département de Loire-Inférieure. Cette laiterie allait ainsi leur permettre d’avoir un volume régulier plus important, et une qualité régulière à proposer sur le marché local, mais aussi permettre des expéditions plus éloignées ; et par là même de se procurer une meilleure rémunération de leur produit. Ainsi fut créée la laiterie de Fresnay en 1896, par 9 fondateurs dont celui qui en reste le pionnier : Louis Dubreil. Cette association démarre donc avec 11 producteurs en 1896, puis 33 en 1898 et le nombre de sociétaires allait augmenter régulièrement par la suite. À cette époque, Louis Prin et Charles Guitteny étaient préposés au travail de l’écrémage, de la fabrication du beurre et de son expédition. Le lait écrémé était retourné aux producteurs pour l’élevage des veaux et des cochons. Il n’était pas encore question de tournées de ramassage, chaque producteur effectuait lui-même le travail de transvasement du lait. L’usine minuscule à l’époque fut construite à son emplacement actuel, sur un terrain cédé par Louis Dubreil, qui en était propriétaire. En 1930, elle fusionnera avec Machecoul.

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FROMAGERIE DE DERVAL : Construit au XVIe siècle sous la commande de Jean de Beaulieu, le Château de la Haye a vu se succéder en son domaine plusieurs familles de la noblesse française avant d'être acheté en 1927 par un industriel laitier, M. Henri Baron, à son futur beau-père, Jean-Marie Ledoux. Le château est vendu en 1953 et transformé en juvénat. Lors de la seconde guerre mondiale, les stocks d’épiceries de M Baron furent réquisitionnées par l’armée allemande. Un petit retour en arrière en quelques dates : 1899 (6 septembre) Naissance de Henri Baron à Derval. 1928 (22 juin) Henri Baron épouse Odette Suzanne Marie Françoise Ledoux (1910-1995). Le couple aura 4 enfants. 1938 & 1939 RÉCOMPENSES : Camembert, diplôme de 2ème médaille d’argent au Concours Général Agricole de Paris.1942 (Annonce dans le journal l’Ouest-Éclair) À louer région de Châteaubriant, ensemble ou séparément, deux très bonnes fermes, 35ha chacune, demi-fruits, cheptel, matériel, ensouchements fournis par propriétaire. Libre après accord. Écrire à H. Baron, La Haye, Derval (Loire-Inférieure). 1944 (12 avril) Décès de M. Henri Baron. Il faut dire que Monsieur Baron n'est pas mort d'une mort naturelle, mais qu'il a été assassiné par des bandits qui s'étaient introduits chez lui, sans qu'ils ne soient jamais démasqués.

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Le lendemain, 13 avril, un journal local écrivait : La commune de Derval, si paisible d'ordinaire, vient d'être le théâtre à deux reprises en un mois d'intervalle de deux scènes de banditisme commises sur la même personne par un groupe d'individus masqués et armés. LA VICTIME : Celui qui est tombé sous les balles des terroristes était un gros propriétaire de Derval, M. Henri Baron, 47 ans, issu de commerçants du pays, marié avec une demoiselle Ledoux, fille de l'ancien maire et conseiller général de la commune, père de trois enfants. Il demeurait au château de la Haye, situé à 800 mètres du bourg sur la route de Nantes. Ancien épicier en gros, M. Henri Baron avait monté une laiterie-fromagerie de plus en plus prospère. Elle était, d'ailleurs, en cours d'agrandissement. De nombreux jeunes gens du pays y étaient employés, avec plus de quarante chauffeurs de voitures et ramasseurs de lait. LE PREMIER ATTENTAT NOCTURNE : Dans la nuit du 8 au 9 mars dernier, 13 à 15 individus masqués, armés de pistolets et de mitraillettes, faisaient irruption au château de la Haye après avoir pris la précaution de couper les fils téléphoniques extérieurs. Sous la menace des armes à feu, M. et Mme Baron furent ligotés. On leur banda les yeux. Puis le pillage commença, dans les circonstances que nous avons relatées à l'époque. Des titres étrangers représentant une valeur de trois millions furent brûlés.

LE MEURTRE : depuis cet attentat le bruit courut dans le pays que M. Baron, qui possédait en plusieurs exemplaires le numéro des titres brûlés chez lui, allait les récupérer. Est-ce là le motif qui incita les bandits (sans doute ceux qui avaient signalé leur activité dans la nuit du 8 au 9 mars) à revenir au château de la Haye. C'est possible. Ce qui est certain c'est qu'hier, à 2 heures du matin, trente à trente-cinq individus ayant un mouchoir sur la figure à l'exception d'un seul, firent irruption dans la chambre de M. Baron et l'emmenèrent de force devant la porte de la laiterie donnant route de Nantes. Les bandits pénétrèrent à l'intérieur et, pendant deux heures, s'efforcèrent de défoncer le coffre-fort mais en vain. De rage, à 4 heures du matin ils déchargèrent des rafales de mitraillettes derrière la tête et dans le dos du laitier qui s'effondra. Tandis que la plupart des bandits repartaient à bicyclettes comme ils étaient venus, quatre ou cinq chargeaient l'auto de M. Baron de beurre et partaient pendant que d'autres hommes restaient sur les lieux, empêchant, sous menace de mort, le directeur de la laiterie, qui habitait une maison voisine, de donner l'alarme. Puis ils déposèrent à l'intérieur de la laiterie des explosifs afin de la faire sauter. À 7 heures, le premier ouvrier arrivé sur les lieux découvrait le cadavre de son patron et alertait la gendarmerie qui vint faire les constatations et commença les recherches.

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Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, la famille nantaise Perraud achète le moulin et modernise le site (conversion en minoterie et adjonction de bâtiments reliés par deux passerelles). Cette famille possède une autre minoterie sur la commune au Lieu-dit Beaumont. L'ensemble est vendu en 1897 à Auguste Richer qui le cède dès 1900 à Camille Jouzel, fondateur de la laiterie. Le 19 mars 1900 sont expédiés de la gare d'Issé les premiers kilos de beurre. Entre 1900 et 1904, Camille Jouzel transforme l'outil de production pour en faire une « usine modèle » permettant une production massive de beurre : organisation interne optimisée par des ateliers clairs et aérés, achat d'outillage moderne, maîtrise de toutes les étapes de fabrication, de la collecte à l'emballage. Des centaines de kilos de beurre sont exportés vers Paris, les départements du Nord et l'Angleterre. 150 personnes travaillent à cette époque dans l'usine. En 1906, la laiterie beurrerie intègre la Société Anonyme de la Nantes butter and Refrigerating Company Limited dont le siège social est à Londres. Le 9 avril 1910, un violent incendie détruit presque entièrement l'usine qui est reconstruite en 1911. En 1913, la laiterie est cédée et transformée en tannerie. Nous y reviendront sur l'histoire de cette beurrerie.

 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 17/09/2019

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