Camembert Museum

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SOS AOP :  Je voudrais ici saluer l'initiative de Véronique Richez-Lerouge Présidente fondatrice de Fromages de Terroirs et du député du Loiret Richard Ramos. Ils ont fait distribuer le 13 mars dernier à l'Assemblée Nationale et à chaque député un camembert de bonne facture (camembert de Normandie au lait cru). Cette boîte était recouverte d'une étiquette et d'une contre-étiquette défendant l'AOP. Ils rejoignent ainsi que je l'imagine tout tyrosémiophile qui se respecte et qui milite pour la qualité et l'authenticité de nos fromages. Cette distribution avait pour but de sensibiliser nos représentants qui vont devoir voter l'autorisation aux camemberts pasteurisés de porter le label AOP. (voir l'argumentation sur la contre-étiquette). Camembert Museum vous permet de découvrir cette étiquette tirée à quelques centaines d'exemplaires. Leurs auteurs ne pourront que se féliciter de voir leur opération diffusée auprès des défenseurs inconditionnels des fromages. PS : je remercie au nom de Camembert Museum celui qui m'a permis de vous faire découvrir cette heureuse initiative. (Michel Coudeyre, mars 2019)


SAMEDI 23 MARS 2019 :  Nouveaux codes des fromageries de la Nièvre (58), contribution de M & Mme Gérard. Découvrez aussi l'histoire de deux familles de fromagers : Bédaride en Haute-Marne et Cointepas dans le Calvados.


Bedaride 11 vaudainvilliers

FROMAGERIE BEDARIDE JEAN-BAPTISTE.  [VAUDAINVILLIERS-COLOMBEY-LES-CHOISEUL 52]

Jean-Baptiste Bédaride est né le 27 novembre 1844 à Villars-Saint-Marcellin. Le 05 février 1872 il épouse Claire Louise Foinant (1852-1932). Le couple aura deux enfants : Auguste Bédaride né en 1873,  devenu directeur des Services vétérinaires des Vosges, et Louis Bédaride, né en 1875, devenu fabricant de beurre et fromages à Meuse (Haute-Marne).

C’est en 1879, que Jean-Baptiste Bédaride va fonder une fromagerie à Vaudainvilliers (52). La raison sociale est « Société des Laiteries Champenoises ». Une photo montre d’imposants bâtiments à plusieurs étages, une importante cheminée, ainsi qu’un deuxième bâtiment servant d’entrepôt. C’est une usine comme le mentionne une facture, qui fonctionne à la vapeur. Une autre laiterie ou entrepôt, on l’ignore à ce stade de nos recherches, appartenant à M. Bédaride, se trouvait à Parnot (Haute-Marne). Parmi les fabrications on peut mentionner les fromages de Brie, Coulommiers, Saint-Rémy, Petits Bassigny double crème, une spécialité qui était la propriété exclusive des fromageries Bédaride.

De nombreux prix viendront récompenser la qualité du travail et des produits commercialisés, qui étaient d’ailleurs expédiés à partir de la gare de Meuse (52). Parmi les récompenses les plus importantes, on peut citer les trois médailles obtenues à l’Exposition Universelle de Paris en 1900, ou à des concours régionaux comme celui de Chartres en 1896, où la fromagerie Bédaride est classée juste dernière la fromagerie de Pierre Barré à Hiéville (Calvados). Le 13 décembre 1935, Jean-Baptiste Bédaride décède à Colombey-les-Choiseul.

52-Bedaride (meuse)

FROMAGERIE LOUIS BEDARIDE FILS  [MEUSE 52]

Louis Bédaride était fromager à Meuse, en Haute-Marne. Il est né le 26 avril 1875 à Enfonvelle. Il est le fils de Jean-Baptiste Bédaride, emboucheur, fruitier et fromager. En 1902 (19 avril) Il épouse Mlle Breuillot Mathilde, née en 1882, à Buissières-lès-Belmont. En 1903 (25 janvier) naissance de leur fille Marguerite. Celle-ci épousera René Bouvier en 1924, à Bussières-lès-Belmont. Elle décède le 27 octobre 2002, à Dijon. 1905 (10 mars) naissance de leur fils André Alexandre. Celui-ci épouse Steichen Raymonde. Marié à Langres, le 10 janvier 1938. Séparé de corps le 25 janvier 1963. Décède le 22 juillet 2001 à Langres.

Louis Bédarride est nommé Chevalier du Mérite Agricole, le 29 janvier 1907, il est alors fabricant de beurre et fromages à Meuse (52). Selon le recensement du 12-03-1906, Louis Bédaride employait : Magnier Marie, née en 1882, à Saint-Vallier (domestique), Frayermouth Joseph, né en 1888, à Dammartin (domestique), Meyer Paul, né en 1887, à Zurich (domestique), Prévot Maurice, né en 1887, à Paris (domestique). En 1914 (22 août) Louis Bédaride, lieutenant de réserve, adjoint de la 17ème compagnie du 221ème régiment d’infanterie de ligne, est tué au combat, en défendant le Col de Sainte-Marie.


Manoir Fontaine (nv)

Manoir de Courson, propriété de Joseph Fontaine, lieu où est née Madeleine Fontaine, future épouse Henri Cointepas..

FROMAGERIE COINTEPAS HENRI.  [BOISSEY & LIVAROT 14]

Henri Cointepas est né à Vendeuvre. Dès l’âge de 24 ans il est fromager à Boissey, où il succède à Isidore Gossin, le second mari de sa mère. En 1932, il effectue son service militaire comme canonnier seconde classe au 301ème régiment d’artillerie légère tractée. En juillet 1934, il épouse Madeleine Fontaine avec qui il aura quatre filles : Henriette (née à Boissey en 1935), Mauricette (née à Livarot en 1936), Arlette (née à Morteaux-Coulibœuf en 1938) et Louisette (née à Morteaux-Coulibœuf en 1940). Henri Cointepas pratiquait aussi le tir sportif et participait à des Concours comme à celui de Saint-Julien-le-Faucon, où il figure au palmarès de 1927 et 1929.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Henri Cointepas est affecté près de Caen, à la surveillance de nuit d’un dépôt de munitions des chemins de fer. C’est là qu’il va contracter une angine de poitrine, et décéder en janvier 1940.

Madeleine et Henri Cointepas, étaient fromagers à Boissey et Livarot (Calvados). Il nous semble que Boissey servait à la fabrication, et Livarot à l’affinage. En 1935, au Concours Général Agricole de Paris, un diplôme de première médaille d’argent est attribué à M. Cointepas de Boissey, dans la catégorie Livarot.

La Fromagerie de Livarot était connue sous le nom de Fromagerie de la Planchette. Elle est construite en 1908 par M. Isidore Deparis, qui va la céder en 1928, à M. Maurice Lebailly, qui va la revendre peu de temps après à Henri Cointepas et son épouse. A la fromagerie, le terme est inapproprié, puisqu’on n’y fabriquait pas de fromages, le travail consistait à acheter des livarots blancs dans les fermes ou les marchés de la région, de les affiner puis de les revendre en espérant réaliser une belle marge. Les caves Cointepas comprenaient une maison d’habitation avec jardin sur cour, une mare, des écuries, une remise, un bucher, un saloir, un hâloir, un pressoir, et trois bâtiments servant de caves à fromages. Après la disparition des Cointepas, les caves seront reprises par Juliette et Valéry Fontaine.

Après la mort de son mari, Madeleine Fontaine Cointepas (1915-1944) ouvre une épicerie à Morteaux-Coulibœuf. En juin 1942, un peu contrainte, étant femme seule avec quatre enfants en bas-âge, elle épouse en secondes noces Maurice Bisson (jardinier). Le 16 août 1944, lors d’une série d’interminables bombardements pour libérer la Normandie, Madeleine et sa fille Mauricette âgée de huit ans sont tuées par un obus au lieu-dit « Grand-Couliboeuf » .  Henriette Cointepas (1935-2013) épousera en 1959 Roger Gallois, fabricant cidricole et éleveur à la ferme de la Couture à Heurtevent.

Sources : Le Pays d'Auge n° 3, 2014

 

Serge Schéhadé [Camembert-Museum, le 12 mars 2019, première publication histoire des familles Bédaride, en Haute-Marne, et Cointepas dans le Calvados]

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 23/03/2019

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