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LUNDI 09 MAI 2022 :  HISTOIRE DE LA FROMAGERIE ROBERT BACHOT À SALIGNY, YONNE (89). HISTOIRE DE LA LÉGENDAIRE MAISON AUGUSTE LEPETIT & FILS, À DÉCOUVRIR EN COMPLÉMENT DE L'EXPOSITION DU MUSÉE DU CAMEMBERT DE VIMOUTIERS DANS L'ORNE. UN TRÈS BEAU TRAVAIL RÉALISÉ PAR GÉRARD CLOUET ET MICHEL LEBEC. HISTORIQUE DE LA FROMAGERIE COLAS-LEBAILLY À LIVAROT ET CANAPVILLE PAR JOËLLE CHÉRUEL-PHILIPPE.

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EXPOSITION MUSÉE DU CAMEMBERT À VIMOUTIERS.

LA MAISON LEPETIT.

Le patronyme Lepetit est très répandu en Normandie, mais quand il est attaché au camembert il évoque immanquablement une lignée de fabricants de fromage du pays d’Auge dont la réussite et la prospérité ont marqué en profondeur la Normandie et les acteurs économiques de la filière laitière. Pendant quasiment un siècle la « maison » Lepetit a été une référence en matière d’exigence pour la qualité de ses produits qui ont atteint une niveau d’excellence longtemps envié.
 

1- LES FONDATEURS : Quand il épouse Léontine Brée ( 1851-1929) à Bons Tassilly (14) en 1873, Auguste Lepetit (1844-1909) pratique le métier de coquassier (on dit aussi coquetier). Le jeune couple emménage à Croisilles à quelques kilomètres au sud des Moutiers au Cinglais (14) d'où Auguste est originaire. C'est là que naissent leurs deux premiers enfants Henri en 1874, puis Clémence en 1876. Après un bref passage au Bourg L'abbé à Caen où ils exercent le métier de marchands d’œuf et donnent naissance à Joseph en 1877, Auguste et Léontine s'installent entre 1878 et 1880 route de Thiéville à Saint Pierre Sur Dives. C'est là qu'ils développent leur affaire grâce aux fonds prêtés par le curé de Bons Tassilly et par un cousin de Léontine, Eugène Roussel, marchand de beurre à Isigny admiratif de ses aptitudes pour le commerce, et qui lui prodigue des conseils pour créer et développer un commerce de beurre.

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LA MAISON MÈRE Les affaires prospérant rapidement, ils achètent l'ancien presbytère de Donville,situé à proximité de la gare, boulevard Colas à Saint Pierre Sur Dives, et établissent leurs activités dans les communs. C'est là que leur quatrième enfant, Françoise, naît en 1883. À leur commerce d' œufs, entreposés dans des grands bacs en béton remplis de saumure, ils ajoutent et développent un commerce de beurre fermier. Achetés aux agriculteurs sur les marchés alentours, les beurres sont ensuite mélangés dans un malaxeur afin d'obtenir un produit homogène prêt à être commercialisé et qui connaît rapidement du succès (*1). En 1888, 8 personnes sont employées pour saler le beurre. Sur les papiers à entête des années 1890 de l’entreprise Lepetit, il est indiqué que le beurre frais et salé est exporté vers l’Angleterre, le Brésil et les Indes...etc. La proximité de la gare est un atout majeur de leur développement.

À cette activité principale s’ajoute un commerce de volailles, notamment de dindes pendant la période de Noël. Poulets, dindes et autres volailles sont achetées vivantes, abattues sous un hangar de la beurrerie, vidées et empaquetées par milliers. Chaque semaine une grande part des marchandises est expédiée en Grande Bretagne via le port de Caen pour être commercialisée notamment par la maison Lindeman and Builder.

L’ESSOR DE LA MAISON LEPETIT Bien qu'il ait eu à plusieurs reprises de nombreux prix régionaux et nationaux pour la qualité de ses productions,au cours des années 1890, et que l’affaire soit très prospère, la concurrence désavantageuse avec le beurre danois non soumis à la même réglementation en matière d'usage du borate de soude en tant que conservateur (*2) va conduire Auguste et Léontine Lepetit à se tourner préférentiellement vers la fabrication du camembert en plein essor à cette époque. C'est le début d'une aventure économique qui va aller en crescendo.

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Saint-Maclou. Le couple acquiert à Saint Maclou sur la commune de Sainte Marie Aux Anglais (14) un ensemble foncier , « La Jaunière » appartenant à Achille Duval. Selon les différents ouvrages parus à ce jour, la date de cette acquisition fluctue. Une chose est certaine, la date de 1855 avancée dans l’ouvrage de François Mackiewicz (*3) ne peut résulter que d’une coquille d’imprimerie puisque Auguste et Léontine Brée sont nés respectivement en 1844 et 1851. Sur ce point, l’Annuaire Normand de 1892 apporte une précision déterminante: « il achetait en 1884 la propriété et le château de Saint-Maclou pour la somme de 110,000 fr. Cette terre, d'une contenance de 90 hectares, était en non-valeur. Louée 2,800 fr.. les impôts s'élevaient à pareille somme. Cette propriété n'était pas bonne, le sous-sol est argileux. M. Lepetit n'a pas hésité à réparer tous les dégâts occasionnés par un trop long abandon : il y a importé de suite pour 36,000 fr. de fumiers achetés à Caen, qui, avec leurs frais de transport et de répartition, lui sont revenus à 72,000 fr. Il a fait enclore de fossés et de haies toutes les pièces qui n'en avaient plus. I1 a fait de grandes levées de terre ameublée avec de la chaux; il a fait drainer 5 hectares et a converti en herbe tout le labour. On peut dire aujourd'hui que la propriété est complètement métamorphosée; elle nourrit 40 vaches à lait, 30 veaux de 1 à 2 ans, 22 chevaux et 350 porcs. ».(*4)

Plan cadastral st maclou1884 Plan st maclou 1884 5398

La matrice cadastrale de Sainte Marie aux Anglais acte bien en 1886 ce changement de propriétaire. A ce jour aucune source connue n’atteste avec certitude la présence d’une ferme fromagère pré-existante incluse dans le domaine acquis qui aurait permis à la famille Lepetit de se lancer aussitôt dans la fabrication de fromage. Les analyses du plan cadastral et des matrices lors des mutations de 1838 et 1886 sur l’ensemble foncier de La grande Jaunière font apparaître un ensemble de bâtiments de ferme comprenant : chartrie, pressoir, boulangerie, maison, étable et écurie sans aucunement mentionner l’existence d’un hâloir. Et pourtant en analysant les bâtiments subsistants à ce jour, dans l’ensemble de ceux qui constituaient au même endroit la ferme de Saint Maclou construite par Auguste Lepetit, il existe bel et bien un petit bâtiment présentant toutes les caractéristiques d’un hâloir. Manifestement plus ancien que les grands hâloirs industriels construits plus à l’est. Ce hâloir ancien pourrait éventuellement résulter de la transformation de l’ancienne boulangerie . Pour autant il est difficile de définir si cette transformation est antérieure à l’acquisition de 1884 ou immédiatement postérieure. En 1890, la matrice cadastrale mentionne bien l’existence d’un « château » et d’un bâtiment doté d'une machine à vapeur. Il s’agit en l’occurrence d’une vaste maison d'habitation édifiée par Auguste et Léontine dans le style particulier de cette fin de siècle et très probablement des premières installations pour la fabrication de fromages. D’après les sources familiales reprises dans différents ouvrages le démarrage de cette activité aurait bénéficié des conseils avisés de Léon Serey fromager à Bretteville sur Dives,donc voisin et ami des Lepetit (*5). La tradition familiale rapporte également que certaines pièces du château non encore totalement aménagé sont utilisées comme hâloir, d'autres au sous-sol pour l’écrémage du lait, et qu'un conduit souterrain assure des liaisons techniques avec le bâtiment dédié à la fabrication, en particulier pour le chauffage.

Saint-Maclou les haloirs vu du S-Est avant 1910 détail 5367

Mackiewicz indique : « il se fabriquait là environ 500 camemberts par jour avec le lait de la ferme et de quelques voisins.[...] il aménagea un hâloir, cave et fromagerie .[...]l’installation d’une écrémeuse actionnée par une machine à vapeur fut réalisée en 1887.Il augmenta les achats de lait pour arriver à 2000 fromages par jour. C’était beaucoup à l’époque . Il poursuit en précisant : « Le ménage Lepetit décide de créer une fromagerie moderne, une ferme modèle. Les études sont entreprises, un architecte est chargé de la réalisation et les travaux démarrent. En 1891, on inaugurait les nouvelles fromageries de saint Maclou […] cette fabrique disposait de matériel et d’installation dernier cri.Une chaufferie avec une haute cheminée de briques roses alimentait une machine à vapeur et un puissant alternateur pour l’éclairage et la force motrice nécessaire à la marche de la fabrique. Les ateliers de fabrication,le hâloir et les annexes étaient chauffés à la vapeur.L’eau froide et chaude était distribuée sous pression.Les pompes à lait, à sérum, barattes et écrémeuses étaient actionnés à l’électricité.On avait vu grand et solide ».(*6).

L’annuaire Normands de 1892 , déjà évoqué,poursuit et précise sa description du domaine : « Là ne se sont pas arrêtés les frais de M. Lepetit; il a fait construire et aménager tous les anciens bâtiments, même le château, pour l'installation d'une belle fabrique de beurre et de fromages. L'eau manquait, un puits a été foré à une profondeur de 118 mètres. Une pompe, mue par une machine à vapeur de la force de 18 chevaux, distribue en deux heures la quantité d'eau suffisante pour la journée. La machine fait fonctionner deux écrémeuses centrifuges, un malaxeur et un concasseur. Chaque jour il entre dans l'usine 11,000 litres de lait, sept voitures en font le transport matin et soir. Tous les jours, il est fait 400 kil. de beurre, 1,000 fromages de Pont-1'Évêque, 500 de Livarot, 3000 de Camembert ; on commence aussi à fabriquer le Neufchâtel. Quarante personnes, hommes et femmes, sont nourries et couchées dans l'établissement. M. Lepetit a installé un téléphone qui met en communication son usine de Saint-Maclou avec son établissement de Saint-Pierre. La direction de celte importante fabrique est confiée à M. et Mme Bonnetot, au service de M. Lepetit depuis huit ans; ils remplissent avec zèle et intelligence la mission qui leur est confiée, la femme dirige l'intérieur, le mari s'occupe du dehors. La Commission demande une récompense pour ce ménage. La Commission a accordé à l'unanimité la coupe d'honneur à M. Auguste Lepetit. ».(7*)

La fabrication de fromage à Saint-Maclou, sous la responsabilité de Eugène Bonnetot, est effectivement attestée à l’occasion du recensement de 1891. Et dès 1890 et 1891, la presse relate que les fromages produits sont distingués lors du concours général Paris et de ceux organisés à Angoulême en 1893,et Caen en 1894. Cette même année une machine à vapeur de 5 chevaux est revendue pour « cause d’agrandissement »(*8).

L’analyse des bâtiments conservés à ce jour laisse à penser qu’ils ont été construits en plusieurs tranches.Il serait plausible que le grand hâloir orienté nord-sud ait été construit en premier et que le second qui le borde sur son pignon nord et qui bénéficie d’innovations techniques en matière de circulation de l’air puisse être postérieur. A l’évidence, pendant la période allant de 1890 à 1909, il est procédé à des aménagements complémentaires permettant d’améliorer la production. L’installation d’une machine à vapeur ( système Watt à balancier) et d’une dynamo de Gramme est attestée vers 1898 et la fromagerie est agrandie de 1906 à 1908, avec la construction du réfectoire et des logements d'ouvriers.(*9) Sous la direction du fils aîné Henri à partir de 1902 la production quotidienne dépasse les 3000 camemberts.

85-Le Chatelier Poiré-sur-Velluire

LE POIRÉ-SUR-VELLUIRE  Toujours soucieux d’agrandir son affaire, Auguste Lepetit loue en 1888, puis achète en 1892, à Le Poiré sur Vélluire (85) la laiterie du château du Châstelier-Bardot et poursuit les activités de fromagerie, beurrerie. La gérance est assurée par Eugène Bonnetot  et son épouse Florentine une nièce de Léontine qui ont fait leurs premières armes à Saint Maclou. En 1896, ils laissent la place à Louis Nallet et reviennent à Saint Maclou. Eugène devient régisseur des fermes Lepetit et Florentine responsable de la fabrication des fromages. Devenue veuve en 1917, elle s'installe à Bû sur Rouvres (14) et aidée de sa fille Marcelle née en 1893 en Vendée, elle fabrique des camemberts. Après son mariage avec Louis Heurtin, Marcelle poursuit la fabrication. La fromagerie de Poiré sur Velluire, spécialisée dans la production du Brie et du Hollande, jugée trop éloignée du reste des autres établissements Lepetit est revendue en 1922 à Clément Dubois et prend en 1925 le nom de « Union Porchaire » (*10).

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BRETTEVILLE-SUR-DIVES En 1900, Auguste et Léontine procèdent à l’acquisition de la ferme fromagère de Bretteville appartenant à Antoine Pagnier. Selon les matrices cadastrales, Auguste y fait construire dés 1901 une fromagerie, une porcherie industrielle ainsi qu’un logement et il y installe une machine à vapeur. En 1905 cette fromagerie est démolie afin d’en reconstruire une plus grande. Une remise et une écurie sont ajoutées en 1908 et de nouveaux agrandissements sont effectués en 1909. Dès lors, l’établissement est qualifié de laiterie-fromagerie industrielle. À ses débuts en 1901, la fromagerie est dirigée par un anglais de 28 ans, Frédéric Needom, avant que Joseph Lepetit en prenne les rênes.

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FALAISE L'ancienne filature Picard de Falaise est achetée en 1901 et une fromagerie y est installée en 1907 sur le site du moulin Collet où est aménagé l'atelier de production et une porcherie sur celui du moulin Pigache.(*11) La fromagerie des Rochers emploie 27 personnes dès l’année suivante. Elle est dirigée par Henri Viaud. En 1911, elle compte une trentaine d'employés .

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La Société en nom collectif : En 1901 les établissements Lepetit changent de statut juridique. Auguste fonde avec ses fils Henri et Joseph la société « Auguste Lepetit et ses fils » au capital de 230 000fr dont la durée est prévue pour 15 ans , Auguste détient l’essentiel du capital social avec 130 000fr, Henri et Joseph émargeant chacun à hauteur de 50 000fr.(*13) Cette société prend à bail les établissements de Saint Pierre sur Dives, Saint-Maclou, Bretteville et le Poiré sur Velluire.

La constitution d’un patrimoine foncier important. À cette réussite économique manifeste d’Auguste et Léontine Lepetit dans le domaine industriel, il faut ajouter l’importance du patrimoine foncier qu’ils ont constitué puisqu’en 1914 selon la Revue Lexovienne Illustrée « les exploitations agricoles représentant une superficie de 550 hectares dont 200 en labour. Les fermes de Sainte-Marie-aux-Anglais, La Chapelle, Vieux- Pont, Percy-Plainville, Ouville, Ecajeul, Bretteville, Thiéville Donville, Bel-Air et Falaise, comportent un «mobilier» de 150 chevaux, 400 à 500 bêtes à cornes et parfois jusqu’à 2000 porcs à l’engraissement »(*12). A cette époque les fromagers sont également très impliqués dans l’agriculture . C’est le cas de la famille Lepetit avec leurs 11 fermes. La maison Lepetit atteint rapidement une excellente réputation et remporte au fil des années de ce début de siècle de nombreux prix.

Lepetit auguste 2 5392 Lepetit Léontine 5393

Au sein de ce couple dynamique chacun a son domaine d'activité préférentiel. Auguste est féru d'innovation en matière d'équipement et de matériel de production. En 1891 il dépose en vue d'obtenir un brevet une boite pour commercialiser les camemberts entièrement en bois et montée avec trois agrafes. Cette affaire, dont la suite n’est pas connue, laisse à penser à certains qu'il pourrait prétendre ainsi à être considéré comme un précurseur dans l'invention de la boite à fromage. La seule certitude réside dans la description de l’étiquette qui orne cette boîte : «  une normande présentant le camembert le Supérieur ». Il veille à ce que les fromageries soient équipées de matériels performants. En 1901 il fait installer à Saint Maclou et à Bretteville des machines à vapeur, puis des moteurs mono-cylindre Duvant fabriqués à Valenciennes. Il a laissé le souvenir dans la famille Lepetit d'avoir toujours été à la pointe du progrès dans le domaine des fromageries. En raison de nombreuses récompenses dans les concours et de ses 31 ans de pratique, le mérite agricole est attribué en 1902 à Auguste Lepetit. (*14).

À Léontine est attachée la réputation d'être une maîtresse femme. C'est elle qui a la haute main sur les activités des fromageries. La fabrication de plusieurs types de fromage est expérimentée tel le hollande , le coulommiers, le pont-l'évêque, le livarot et les petits suisses, mais également le brie à Le Poiré sur Vélluire, mais la production phare reste le camembert dont la production est parfaitement maîtrisée. Dans le couple, les deux se complétaient effectivement, si Auguste s’occupe de la bonne marche de la beurrerie et de la mécanisation, Léontine s’occupait de l’administration et de la comptabilité. Si bien que, la santé d’Auguste déclinant, c'est Léontine qui supporte tout le poids des responsabilités de la société. En mars 1909 une donation partage est effectuée. Henri se voit attribuer le domaine de Saint Maclou incluant l’ensemble bâti de la fromagerie et Joseph l’ensemble de Bretteville. Les fonds de commerce de ces deux fromageries et celles de Falaise et Le Poiré sur Velluire restent la propriété de la société A.Lepetit et ses fils. Après le décès d'Auguste en avril 1909, en vertu des statuts de la société en nom collectif, Léontine devient associée et prend la succession . Cette même année elle participe avec ses fils à la fondation du syndicat des fabricants du véritable camembert de Normandie.

Pendant la durée de la grande guerre alors que ses deux fils sont mobilisés, elle veille au bon fonctionnement de la maison. Selon l'expression consacrée c'est elle qui fait tourner la boutique, avant qu’Henri de retour fin 1914 puis détaché en 1917 dans le corps des travaux agricoles ne soit en mesure de lui prêter main forte.

Elle ne ménage ni son temps ni ses efforts et à partir de l'été 1914, elle assure de surcroît la direction de l'hôpital auxiliaire de Saint Pierre sur Dives qui accueille des blessés du front. A ce titre, elle devient présidente locale de l’Union des Femmes de France (*15).

Dans les archives personnelles de la famille Lepetit , une lettre de son petit fils André Fortin témoigne de son soutien envers ses employés mobilisés à qui elle envoyait régulièrement des mandats et des colis de beurre et de fromages.(*16)

Au sein de la famille Lepetit, on reconnaît «son esprit d’initiative et son entêtement admirable et ses dons complets de chef d’industrie»(*17). Il est de notoriété que «bien des fois elle a tout risqué au point de vue commercial et à chaque fois, elle a eu la chance de réussir»(*18). Au point qu'on dit également: «C'est Léontine qui était l'homme de la maison Lepetit» (*19). Elle décède en 1929. Les fondateurs Auguste Lepetit et Léontine Brée laissent derrière eux « une maison » prospère , économiquement solide et dont les produits ont une notoriété bien établie et dotée d’un patrimoine foncier conséquent.

Recherches Clouet Gérard et Lebec Michel. Rédaction Clouet Gérard. (Avril 2022).

Sources bibliographiques : 1* La Justice 1883-06-23 2* Le Journal de l'arrondissement de Valognes 1898/08/12, Journal de Honfleur 1898-01-19,Le Bonhomme normand 1900-07-27, Le Phare de la Loire 1900-11-07. 3* Fromages et fromagers de Normandie. François Mackiewicz.1983. Editions Christine Bonneton. Pp 106-110. 4* Annuaires des cinq départements normands 1892.pp 93-94  5* François Mackiewicz ibidem 6* François Mackiewicz ibidem 7* Annuaires des cinq départements normands ibidem  8* Le Bonhomme normand 1894-05-18  9* Inventaire du patrimoine industriel du Calvados. 10* Le tyrosémiophile http://www.letyrosemiophile.com/ 11* Inventaire du patrimoine industriel du Calvados. 12* La Revue Lexovienne Illustrée : journal illustré du Calvados 1914. 13* L'Avenir et le Publicateur de la Vendée 1901. 14* Journal officiel 1902-07-13 P4902  15* Les Annales politiques et littéraires, 4 août 1918. 16* Lettre de André Fortin à Robert Lepetit mai 1967. 17* ibid 18* ibid 19* ibid  Entretiens avec Philippe Lepetit. 2021 et 2022.

 

 

Date de dernière mise à jour : 09/05/2022