Camembert Museum

Indre-65nv (George Sand)La Vallée Noire imaginée par George Sand voici son étendue. Extrait : "Faire courir une ligne circulaire, partant si vous voulez de Cluis-Dessus, qui est le point de mire de tous les horizons de la Vallée Noire, et faites passer par toutes les hauteurs qui enferment et protègent notre bocage. Du côté de Cluis toutes les hauteurs sont boisées, c'est ce qui donne à nos lointains cette belle couleur bleue qui devient violette et quasi noire dans les jours orageux. C'est d'un côté le bois Fonteny; de l'autre le bois Mavoye, le bois Gros, le bois Saint Georges. Dirigez votre ligne d'enceinte vers les plateaux d'Aigurande, de Sazeray, Vijon, les sources de l’Indre, les bois de Vicher, la forêt de Maritet, Chateaumeillant, le bois de Boulaise, Thevet , Verneuil, Vilchère, Corlay. De là vous dirigez votre vol d'oiseau vers les bois du Magnié, où la vallée s'abaisse et se perd avec le cours de l'Indre dans les brandes d'Ardentes. Si vous voulez la retrouver, il faut vous éloigner de ces tristes steppes et remonter vers le Lys-St-Georges, d'où vous la verrez se perdre à votre droite, avec le cours de la Bouzanne, dans la direction de Jeu-les-Bois et des brandes d'Arthon. A votre gauche, elle se creuse majestueusement, pour se relever vers Neuvy-Saint-Sépulcre et vous ramener au clocher de Cluis, votre point de départ, que, dans toute cette tournée, vous n'avez guère perdu de vue".


SAMEDI 18 NOVEMBRE 2017 : À découvrir aujourd'hui deux nouvelles notices : Cucu & Mulois à Heurtevent, Julienne à Grisy (14), contribution de notre ami Michel Lebec. Voici le lien Fabricants du Pays d'Auge I  Historique de la Fromagerie Pitard, à Familly (14) par Mme Joëlle PHILIPPE. Mise à jour de notre liste de la HAUTE-CORSE, contribution de M & Mme Gérard.que nous remercions.


14 Pitard Familly (la Vannetière 1920)

PITARD SUZANNE ET RAYMOND "FERME DE LA VANNETIÈRE", FAMILLY (14) par Mme Joëlle Philippe.

Familly est une charmante commune normande de 114 habitants. Elle se situe sur un plateau, avec un paysage de prairies, de haies, et de grands arbres. Elle est formée depuis 1825, par la réunion de deux communes : celle de Familly à celle de la Halbourdière. C’est en 1921, aussitôt après leur mariage, que Raymond PITARD (1894-1980) et son épouse Suzanne PELLERIN (1900-1988) vont reprendre la ferme de « La Vannetière » à Familly héritée de ses parents Georges PITARD 1866/ et Marie PITARD (homonyme) bouchers à MEULLES (14).

Avant son mariage Raymond PITARD a travaillé à la ferme du château à Cerqueux (14) chez Mr Joseph DERRIEN qui l’initie à la fabrication du pont-l’évêque. C’est vers 1922/1923, que la famille Pitard, va commencer à fabriquer ses propres fromages de Pont-l’Evêque et à vendre de la crème.

Comme de nombreuses fermes dans « le bocage du pays d’Auge », avant remembrement, l’exploitation de la famille Pitard était « morcelée ». La production laitière était assurée par un troupeau de 20 à 25 vaches laitières sur 40 hectares, qui produisaient environ 500 litres de lait par jour selon la saison. La fabrication de pont-l'évêque s'établissait à une cinquantaine de fromages par jour, le surplus était écrémé. La totalité du lait récolté était transformé sur l'exploitation. La fabrication du pont-l'évêque va durer au moins 23 ans de 1923 à 1946. Les époux PITARD étaient secondés dans leurs travaux par seulment une servante. Très vite, la qualité est récompensée :

Selon le journal l’Ouest-Eclair, édition du 19 septembre 1923, au Concours Agricole et Horticole d’Orbec, dans le Calvados, Monsieur Raymond Pitard va obtenir 2 prix au concours bovin, et 1er prix, médaille de vermeil pour son Pont-l’évêque. Toujours dans l’Ouest-Eclair, édition du 26 septembre 1925, au même concours, 2 ans plus tard, Raymond Pitard est récompensé pour ses génisses (3ème prix), pour ses taureaux âgés de plus de deux ans (2ème prix), pour ses béliers (1er prix), et enfin il obtient le 3ème prix dans la catégorie producteurs d’eaux-de-vie de cidre jeune. En 1927, la famille Pitard obtient même une médaille d’argent au Concours Général Agricole de Paris, dans la catégorie fromages de Pont-l’évêque.      

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Une partie des fromages était livrée dans les épiceries d'ORBEC, et l'autre acheminée par le train depuis la gare de LISIEUX (14) en direction des halles de PARIS. La crème ''ramassée" quotidiennement était vendue à la laiterie GAUTIER à LISIEUX (14).Raymond et Suzanne PITARD cesseront l'activité de la fromagerie, y compris la vente de la crème en 1946.  Ils continueront cependant à vendre le lait à la laiterie Didier PETYT à ORBEC (14) qui sera reprise par les établissements Lanquetot.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        L'exploitation s'arrête définitivement en 1959.

C’est alors leur fils Hubert PITARD (1929) et son épouse Janine LAPLACE  (1930/1984 ) qui poursuivront la vente de lait à la laiterie LANQUETOT à ORBEC, Ils cesseront à leur tour définitivement l’exploitation en 1986. Le bâtiment qui servait à fabriquer le pont-l'évêque et la crème a été détruit. A noter aussi que Robert, le frère d'Hubert PITARD, initié aussi par ses parents à la ferme « La Vannetière» à FAMILLY, a fabriqué du pont-l’évêque de 1960 à 1970 environ à la ferme « La Moinerie» au Mesnil-Bacley dans le Calvados. (Voir étiquette)

SOURCES : (1) Entretiens avec Hubert PITARD, en avril 2017 et août 2017 (2) Michel LEBEC : Fromages et fromageries du pays d'Auge des années 1870 à 2012  (3) Photos : Collection particulière de Martine PITARD.

Par Joëlle Philippe (Camembert-Museum, le 12 novembre, 2017)   


FROMAGERIE DELARCHAND (CHANU 61) par Gérard Clouet

En fuyant en août 1914 devant l'invasion allemande, la famille de Volder (des minotiers belges) se réfugie dans l'Orne à Montmerrei au « Valheureux ». Elle n'imaginait pas alors qu'une partie de la famille reviendrait, la paix revenue, s'y installer en achetant la ferme en 1920 et ferait souche dans l'Orne.

Elisabeth de Volder (1906-1993) née en Belgique poursuit ses études secondaires à Argentan. Elle se marie en 1932 à Montmerrei avec Alexandre Delarchand (1906-1975) originaire de Chanu (61). Ils s'installent à Chanu dans une ferme au lieudit « Les Clos ». Elisabeth effectue une formation chez Auguste Lepetit au domaine de Saint Maclou sur la commune de Sainte-Marie-aux-Anglais dans le Calvados.

Delarchand alexandre de voder elisabeth

À partir de 1939-1940, avec le lait de la ferme, elle fabrique quotidiennement une dizaine de pont l'évêque qui sont vendus localement dans les épiceries et sur le marché de Flers. Au cours de la seconde guerre mondiale le taux de matière grasse est descendu à 35% et il arrive de temps à autres que la production soit réquisitionnée au profit de l'occupant allemand.

Louis Delarchand, né en 1935 à Chanu, poursuit ses études à Saint François à Alençon. Son BEPC en poche, il prend en 1952 en charge la fabrication des fromages au sein de la ferme familiale après avoir effectué un stage de 6 mois à la fromagerie de Berjou (61) et suivi pendant un semestre les cours de l'école nationale de l'industrie laitière de Surgères (17). Il y rencontre Pierre Villeneuve qui dirigera plus tard la fromagerie de Saint-Bomer-les-Forges (61) acquise par PREVAL.

Dès son retour à la ferme la fabrication de fromage prend de l'ampleur. Le troupeau de vaches laitières Frisonnes pie-noire est augmenté pour atteindre 20 à 25 têtes. Les fromages sont fabriqués chaque matin et chaque soir avec le lait de la traite... soit une centaine par jour. Ils sont écoulés localement, vendus sur le marché de Flers (61) ainsi qu'à un mandataire des halles à Paris.

Louis, qui a bénéficié d'un sursis puisque son frère aîné était déjà sous les drapeaux, part à son tour en 1957 pour effectuer son service militaire. Il est remplacé à la fabrication du fromage par un cousin maternel René Maugenest. Des difficultés surgissent au cours de la maturation en cave des pont l'évêque. Ils deviennent noirs, couverts par une moisissure appelée Mucor ou «poil de chat» qui les rend impropres à la commercialisation. Devant les difficultés à assainir la cave, la fabrication est abandonnée vers 1958-1959.

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À son retour d'Algérie Louis est embauché par PRÉVAL à Isigny (14) puis envoyé en 1963 à Macé (61) dans la fromagerie Ligué frères acquise par Préval. Le matériel y est vétuste et rapidement elle ne devient qu' un centre de ramassage avant d'être fermée vers 1970. Le site a été revendu et les bâtiments techniques rasés.

Louis Delarchand quitte Macé lors de la reprise de PRÉVAL par SAPIEM en 1966 et entre d'abord à la coopérative laitière de Réveillon avant d'être embauché au Crédit Agricole où il achève sa  carrière  professionnelle.

Source: entretien avec Louis Delarchand septembre 2017.


 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 18/11/2017

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