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JEUDI 21 MARS 2024: HISTOIRE DE LA FROMAGERIE TANIÈRES-DEMANGE PUIS MARCEL BOUQUET À BRIXEY-AUX-CHANOINES; UNE CONTRIBUTION DE BERNARD WAGNER  DANS LA MEUSE. MATHILDE DE TOSCANE ET L'ABBAYE D'ORVAL, UNE CONTRIBUTION DE MARCEL GOUSSEAU.


     Bouquet Beurre  

 

FROMAGERIE TANIÈRE-DEMANGE & SES FILS [BRIXEY-AUX-CHANOINES 55]

En 1879, Cyrille Tanière va monter une petite affaire sur les hauteurs du village de Brixey-aux-Chanoines (Meuse). Né en 1855, il épouse Demange Marie (1859-1931). Cyrille Tanière va participer à différents concours d'expositions : Concours de Paris : 3 médailles de bronze, 4 argent et 5 or, une médaille d'Argent à L'expo 1900 - obtient un diplôme à Liège en 1905: une médaille d'argent à Lyon en 1905. Cyrille Tanière décédera en 1917.

En 1907 c'est son fils Tanière Camille (1880-1941) qui reprendra la succession, Il épousera mademoiselle Viard Marguerite née en 1887, décédée en 1974. En 1937, c'est Monsieur Bouquet Marcel (1901-1951) qui reprend la fromagerie. Il était marié à Germaine Tanière (1908-1985). Deux filles naissent de leur union : Gisèle et Simone. La petite fille de Camille Tanière, Simone raconte :

« Il collectait le lait chez les cultivateurs du secteur mais également chez les habitants possédant une ou deux vaches. A Brixey il n'y avait pas de puit. L'eau nécessaire à cette activité était récupérée dans des citernes, et l'eau d'écoulement partait dans une grande fosse. A cette époque, le ramassage se faisait à chevaux qui peinaient dans la côte de Brixey. Le ferrage était indispensable. Parfois, le cheval arrivait tout seul au quai, le conducteur s'attardant en prenant un petit réconfort. Il rendait de nombreux services au village. Homme de contact et d'initiative " très sociable" Camille fait prospérer
cette activité avec l'aide de sa femme Marguerite. Je me rappelle qu'un chien ou un bourricot faisait tourner une roue pour la force, ce qui remplaçait le moteur. Mon grand père a fait des travaux importants, pour les contacts, il avait fait installer le téléphone, " on tournait la manivelle". Il faut rappeler qu'à cette époque une pièce de 25 mètres carrés suffisait pour transformer les 700 litres de lait en fromages camemberts et carrés, crème et beurre. Lorsqu'il y avait davantage de lait, il prenait un aide pour le ramassage. Il devait être savoureux son fromage!

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Lorsque sa fille aînée, Germaine se marie en 1929 avec Marc Bouquet, le couple s'installe dans l'ancien café "Paris" au 6, Grande rue, au cœur du village et la fromagerie y est transférée. Son gendre reprend l’activité avant guerre, la cession du fond de commerce, laiterie, fromagerie et porcherie, comprenant l’enseigne, le nom commercial et l’achalandage ainsi que le matériel servant à son exploitation a lieu le 19 janvier 1937, enregistrée à Vaucouleurs chez Maître Dubat notaire à Vaucouleurs.

À l’extérieur, le quai de débarquement est aménagé, « je me souviens dans la grande pièce où régnait une atmosphère humide, des tables étaient installées le long des murs, en face, il y avait la chambre à beurre avec l’écrémeuse. A proximité se tenait la chaudière au bain-marie. Après la coagulation du lait achevée et le sérum évacué, le caillé se présentait sous forme d’une épaisse masse blanchâtre. Formés à la main, les fromages étaient montés au séchoir, placés dans des moules, l’un sur l’autre et cela pendant 3 à 4 jours. Les fromages étaient vendus dans des boîtes en bois où était placée une belle étiquette, « Camembert du Vieux Berger ». Deux ouvriers s’occupaient du moulage et de la porcherie qui était installée dans l’ancienne laiterie, comprenait 5 compartiments. Les truies étaient achetées en Août et Septembre, on pouvait compter 25 porcs et autant en bas. Ils étaient nourris avec les restes et à la vente, les cochons étaient bien gras, c’était Monsieur Mourot qui venait castrer les animaux.

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Marcel, mon père possédait une Citroën C4 achetée vers 1930 et la collecte s’effectuait à présent avec une camionnette. Robert Bausset, un de ses ouvriers ramassait le lait. Tout le monde possédait encore une ou deux vaches, les cultivateurs cinq ou six. Le lait était déposé dans des pots, des bidons de 20 litres ou 40 litres . Marcel livrait les épiceries de Ruppes, Greux, Vaucouleurs, Sauvigny, sur son livre de compte sont relevés les noms suivant : Noiset à Greux, Despret à Sauvigny, La Sanal et les Ecos à Vaucouleurs, Bienaimé à Neuville , Martin à Uruffe, Jacqemin à Commercy et tous les mois, le comptable , Edouard Henry, préparait les enveloppes avec l’argent liquide que Marcel distribuait tous les mois, diminué du prix du beurre réservé selon leur besoin personnel.»

En 1953, la fromagerie ferme et le matériel sera vendu à la laiterie Beauséjours à Neufchâteau (88). Les locaux seront transformés en maison d’habitation et Simone et son mari Gilbert Langard habitent désormais dans les lieux plein de souvenirs. Gilbert Langard que j’avais rencontré en 2012 est décédé le 06 décembre 2022 à l’âge de 91 ans, sa femme Simone est décédée le 21 novembre 2018 à l’âge de 88 ans.

Bernard Wagner

 

Orval 18nv

 La légende rapporte que Mathilde de Toscane, suzeraine du comte de Chiny, propriétaire des terres d'Orval, avait un jour par mégarde, laissé choir son anneau nuptial dans l'eau de la Fontaine. Dans son émoi, elle adressa une prière fervente à Notre-Dame. Et aussitôt, une truite, émergeant de l'onde, lui rapporta le cher bijou. La comtesse se serait écriée alors : Vraiment, c'est ici le Val d'Or". De là seraient nés le nom et les armes d'Orval. En 1070, les moines de l'ordre de Saint-Benoit ont inauguré à Orval la vie de prière, d'étude et de travail qui, durant plus de huit siècles s'y poursuivit à travers de fortunes diverses. La révolution française en 1793, détruisît les bâtiments et dispersa les moines. Ce n'est qu'en 1926, après 133 ans d'abandon, que le Val d'Or a vu refleurir la vie en des édifices nouveaux, qui continuent l'ancienne tradition. La vie des moines aujourd'hui comme jadis, se passe totalement en commun. Personne n'a de chambre sauf les malades. Tous les moines, même les supérieurs sont logés dans un dortoir commun, sur une paillasse. Dans le vieux cloître se voit encore les ruines de la fontaine où les moines se lavaient les mains avant de se mettre à table. Cette table est frugale : On y sert ni poissons, ni viande, ni oeufs. (Ces aliments sont toutefois autorisés pour les malades). Chaque nuit, à 3h30 du matin, et sept fois encore au cours de la journée les moines célébrent l'office divin. La grand-messe chantée quotidiennement, forme le centre et l'âme de cette prière continuelle. Le soir, dans l'obscurité de la nef, les mones chantent le solennel "Salve Regina". Les funérailles monastiques sont aussi simples qu'émouvantes. Le défunt, revêtu du grand habit de coeur, est enterré sans cercueil, et une humble croix marque le lieu de son dernier sommeil. (Contribution : Marcel Gousseau).

 

 

Date de dernière mise à jour : 18/05/2024