La Belle Epoque.

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La Belle Époque que l'on situe des années 1895 à l'avènement de la Grande Guerre en 1914, fut une période de bouleversements technologiques sans précédent. Le cinéma, l'automobile, l'aéroplane, l'électricité, la TSF y ont fait leur apparition. Cette révolution industrielle transformera la vie de façon radicale. Apogée de cette période, l'Exposition Universelle inaugurée le 14 avril 1900 à Paris, consacrera pour le monde entier le rayonnement et le prestige de la France, tant sur le plan industriel qu'artistique.

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Le terme de "Belle Époque" ne fut attribué qu'en 1919 en regard de ce que vivaient les Français après la Grande Guerre, c'était l'expression d'une époque révolue et regrettée. Cette période se confond avec l'Art Nouveau, appelé ailleurs Jugendstil, Sécession, Tiffany, Arts and Crafts, Nieuwe Kunst, Arte Joven, Stile Floreale, qui désigne un art tournant le dos à l'art classique, s'appuyant sur la fluidité des lignes, utilisant les courbes et les asymétries. Il exprime le rejet de l'académisme et du classicisme qui continuera pourtant à exister parallèlement, il porte un nouveau regard sur les arts et sur leur rôle social. Plusieurs influences seront à l'origine de ce renouveau, la période médiévale sera reconsidérée et remise à l'honneur, le néogothique fera son apparition, Eugène Viollet-Le-Duc en sera le chef de file. Avec d'autres, les frères Goncourt feront la promotion des arts d'Extrême-Orient, le "japonisme" sera mis à la mode. La nature deviendra source d'inspiration comme elle le fut pour les chapiteaux médiévaux, ou bien avant, les feuilles d'acanthe qui servirent de modèles pour les chapiteaux corinthiens de la Grèce Antique. L'observation des végétaux dans tous les stades de leur évolution se fera de façon systématique. En Allemagne, Karl Blossfeldt réalisera pour ses élèves des macro photographies servant de modèles à leurs travaux, en France, le peintre et affichiste suisse Eugène Grasset publiera un recueil de botanique appliquée à l'art. Désormais, beaucoup de motifs décoratifs s'inspireront directement des végétaux.

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L'Art Nouveau s'est conçu comme un art total et absolu investissant toutes les expressions artistiques, architecture, sculpture, peinture bien sûr, mais aussi le vitrail, la céramique, le carrelage, le mobilier, le papier peint. Tous les objets du quotidien sont dessinés en harmonie avec une cohérence esthétique sans faille. Vases, tissus, bijoux, rien n'échappe à la vigilance de l'artiste, du plan initial d'architecture à la poignée de porte. La Maison Horta à Bruxelles en est certainement le plus bel exemple. Afin de se faire une idée des préoccupations de ces créateurs, évoquons Hector Guimard qui dessina jusqu'aux clous utilisés pour la construction de son Castel Béranger.
Pour répondre aux nouvelles exigences nées de cet art, les artisans tirèrent parti des matériaux comme le fer, le verre, la céramique qu'ils exploitèrent en véritables virtuoses.

L'influence de l'Art Nouveau né en Belgique et dans le nord de la France se fera sentir très vite sur le reste de l'Europe. Après Bruxelles, Nancy et Paris, Vienne, Barcelone, Glasgow puis Chicago verront s'épanouir des œuvres liées à cette nouvelle conception de l'art. Citons quelques artistes incontournables : Victor Horta, Hector Guimard, Antonio Gaudi, Otto Wagner, Josef Hoffman, Gustav Klimt, Henri Van de Velde, Paul Daum, Emile Gallé, René Lalique, Louis Majorelle, Charles Rennie Mackintosh, Louis Comfort Tiffany, Jules Chéret et Alfons Mucha. Les progrès de la lithographie aidant, les arts graphiques n'échappèrent pas à ce mouvement, la reliure, le papier peint et même la bande dessinée avec Little Nemo de l'américain Winsor Mc Cay y ont participé. L'illustration devint omniprésente dans la vie quotidienne ; les journaux, les livres, les calendriers, les almanachs, les cartes postales, les menus, les affiches diffusèrent des images qui désormais se collectionnèrent. Les hommes-sandwiches, les colonnes Morris, les panneaux d'affichage, les palissades, les kiosques à journaux multiplièrent à loisir cette frénésie d'images qui envahit la rue. Les étiquettes connurent la même excitation créative. Le dessin de certaines de nos étiquettes est directement influencé par des affichistes comme Jules Chéret ou Alfons Mucha, mais si l'un glorifia la Belle Epoque, l'autre se mit au service de l'Art Nouveau. L'époque et le style se confondent dans les quelques étiquettes réunies ici mais toutes possèdent de façon plus ou moins affirmée des spécificités de l'Art Nouveau et  l'esprit de la Belle Epoque : présence d'ornements végétaux caractéristiques, dessins parfois cernés comme avait coutume de le faire Alfons Mucha (technique particulière du vitrail et de la céramique, procédé qu'il avait adopté), utilisation de typographies redessinées sans respecter les règles habituelles et ne se soumettant qu'à la fantaisie de leurs créateurs.


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Série de trois étiquettes Art Nouveau, de la fromagerie Maurice Lanquetot à Saint-Martin de Bienfaite. Le fabuleux destin d'Emilie Mofras, une simple employée de laiterie, secondée par ses deux fils Charles et Maurice qui vont créer un petit empire industriel laitier. Les acquisitions se succèdent, la prospérité s'installe, on s'intéresse aux Arts, on se déplace souvent à Paris pour affaires, et les étiquettes aussi se doivent d'être belles, soignées et artistiques.


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Ce véritable camembert extra-fin, et cette belle jeune femme que j'ai tendance à appeler Boucle d'Or, pour la circonstance, je vais la baptiser Boucle d'Or à la Belle Epoque. Cette marque fut déposée par la société de commissionnaires parisienne Hanf & Leu, 62 rue Greneta, à Paris, dans le 2ème arrodissement, le 25 mai 1914. Finesse des traits et du dessin, influence incontestable de l'Art Nouveau qui touche le plus grand nombre.


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"À la Normande Fin de Siècle" Quand le choix du nom d'une marque résume à lui tout seul toute une époque. Les affaires de M.Godefroy Hyacinthe Désiré sont prospères. Il dépose la marque "A la Normande Fin de Siècle" le 29 septembre 1909 au Tribunal de commerce de Lisieux.


L'Art Nouveau gomma la distinction entre ce qu'il était convenu d'appeler Arts Majeurs et Arts Mineurs. En maîtrisant la création d'un bâtiment dans son ensemble et dans ses moindres détails, du plan initial à la poignée de porte, cet art, tout en déconsidérant les arts académiques, classiques et bourgeois, "art pompier" diront ses détracteurs, ne fut accessible qu'aux plus fortunés. C'est cette ambiguïté qui le mènera à sa perte. La bourgeoisie aisée, seule clientèle pouvant assumer de telle dépenses, sera aussi celle qui s'opposera le plus vigoureusement à ces innovations. Le Castel Béranger d'Hector Guimard ne fut-il pas appelé le Castel Dérangé! Cet art destiné à la diffusion, devenue possible grâce aux progrès nouvellement acquis, inquiéta cette même bourgeoisie jalouse de ses prérogatives. L'art pour tous fut vécu comme une atteinte à ses privilèges désormais délayés, ce socialisme effraya.

Déconsidéré par ceux-là mêmes qui pouvaient seuls y avoir accès, l'Art Nouveau fut bref et limité, contrairement à l'Art Déco qui lui a succédé. Né dans les années 20, abréviation de l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels, à Paris en 1925. L'Art Déco, tout en reprenant à son compte la démarche d'art total prit le contrepied de l'Art Nouveau ; si celui-ci était tout en courbes et en sinuosités, l'Art Déco revint à une rigueur toute classique. Il accompagna les Années Folles (1920/1929) et eut, contrairement aux vœux secrets de l'Art Nouveau, une influence et un retentissement mondial. [Michel Coudeyre]

 

 

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À TABLE À LA BELLE ÉPOQUE !

LA FERMETTE MARBEUF : À deux pas des Champs-Elysées, la Fermette Marbeuf est un lieu unique où se mêlent l'authenticité du décor classé à l'inventaire des monuments historiques et le charme exceptionnel du style Art Nouveau. La cuisine du chef est à la fois nouvelle et classique, faisant de ce restaurant un rendez-vous gastronomique élégant, festif et raffiné. C’est vrai que depuis que vous êtes entrés, le décor vous fait de l’œil. Il joue de son charme et vous transporte un siècle en arrière comme par magie ; votre univers est celui de la « Belle Epoque » avec ses douces lumières et ses céramiques de rêve. Laissez-vous raconter l’histoire de la Fermette Marbeuf, un resttaurant 1900 !

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En 1989, Hurtre, un jeune architecte et le peintre Wielhorski se voient confier l’aménagement de la salle à manger de l’Hôtel Langham, rue Boccador, et réalisent avec bonheur ce que vous pouvez admirer aujourd’hui. Tombée dans le sommeil de l’oubli, l’année 1978 constitue le retour à la vie de cette princesse endormie ; des ouvriers attaquent les murs d’une réserve d’un restaurant anonyme et une brèche ouverte laisse apparaître un authentique décor de l’Art Nouveau ayant subi les outrages du temps. Il faudra attendre 1983 pour que la salle soit inscrite à l’inventaire des monuments historiques. En septembre 1982, un homme demande à voir la salle « 1900 » ; il la contemple en prenant son temps pour enfin déclarer : « c’est la même ».
A Maisons-Laffitte sommeille au fond d’un parc, un jardin d’hiver au décor similaire qui fait l’objet d’une vente aux enchères. Comment résister au plaisir de réunir ces deux « sœurs ». Le 20 novembre 1982, la vente est conclue ! Débutent alors de longs travaux méticuleux où les cinq mille carreaux seront démontés un par un, grâce au plan de « calpinages ». Il faudra des semaines pour décoller les vitraux de la verrière conçue en 1898 par Hubert et Martineau.

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LE BOUILLON RACINE : C'est au début du 20e siècle que s'annonce la naissance du Bouillon Racine tel que nous le connaissons actuellement. Il est le théâtre de l'Art Nouveau où se réunit un Paris d'abord laborieux puis bourgeois. Les premiers Bouillons apparaissent en 1855 grâce à un astucieux boucher, Pierre-Louis Duval, qui propose un plat unique de viande et un bouillon aux travailleurs des Halles. Le principe connaît un immense succès et en 1900 on compte près de deux cent cinquante Bouillons à Paris. Ils deviennent la première chaîne de restauration populaire. Quelques variantes de Bouillons plus "bourgeois" proposent un salon de lecture ou des attractions récréatives.Dans le même temps, le charme de l'Art Nouveau se répand à travers l'Europe dans l'architecture, le mobilier et la décoration. L'Exposition Universelle de Paris de 1900, desservie par le Métropolitain aux stations dessinées par Guimard, accentue encore son influence. La restauration l'adopte avec enthousiasme. 1903 voit l'apparition d'un premier Bouillon Gandon-Duval, aménagé dans un ancien restaurant rue du Fg St Denis par le propriétaire et architecte Edouard Fournier. En 1904, naît un autre Bouillon Boulevard Saint-Germain qui arbore un luxueux décor Art Nouveau. Il s'agit d'un Bouillon Chartier. L'architecte qui a coordonné l'ensemble se trouve être Jean-Marie Bouvier. C'est avec le maître verrier Louis Trézel qu'il donne naissance à deux autres Bouillons Chartier en 1906 : le Grand Bouillon Camille Chartier de la rue Racine et le Bouillon Edouard Chartier, Bd du Montparnasse. Ces restaurants adoptent le style si typique des Bouillons Art Nouveau : des boiseries et des carreaux de céramique qui enchâssent en alternance des miroirs et des fixés sous verre aux motifs végétaux.
De nos jours, seuls quelques-uns demeurent comme celui de la rue du Faubourg Montmartre et notamment celui de la rue Racine qui renferme l'expression la plus baroque de l'Art Nouveau.
Camille Chartier reste propriétaire des lieux jusqu'en 1926. Après s'être appelé Bouillon Ollé puis Joussot, c'est Madame Launois qui tiendra le restaurant jusqu'en 1956. L'acquéreur suivant vendra le fond de commerce à l'Université de Paris qui y ouvre un restaurant pour le personnel de la Sorbonne en 1962. Il sera en fonctionnement jusqu'en 1993, laissant subsister la majeure partie du décor, mais il ne bénéficie plus des soins particuliers attribués aux restaurants de luxe. La rénovation complète du Bouillon Racine a lieu en 1996 grâce aux Compagnons du Devoir et fait appel à un savoir-faire d'autrefois avec des gestes et des techniques presque perdus. Miroirs biseautés, opalines et vitraux peints, boiseries ciselées, mosaïques de marbre, lettrines dorées à la feuille rendent au public la jouissance d'un lieu riche tant par sa beauté que par sa convivialité. Il est alors classé Monument Historique.
Le Bouillon Racine, rendu à sa splendeur d'antan, offre à la vie parisienne une immersion dans le Paris d'autrefois.

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ÇA C’ÉTAIT PARIS ! ET PARIS SAVAIT FAIRE LA FÊTE !

Loin de la morosité actuelle, du chômage, de la perte d’identité et de repères, de la défaillance du politique, était une époque où les gens riches ou pauvres savaient encore s’amuser. De Pigalle à Montmartre jusqu’aux Grands Boulevards, des Champs-Elysées aux bords de la Seine, Paris chantait, Paris dansait, Paris vivait. Mais ce ne fut qu'une parenthèse de trente ans.
Cette période est marquée par une forte reprise économique qui pousse les gens à consommer et à dépenser. Un nouveau siècle se dessine, tous les espoirs sont permis. Les music-hall ne désemplissent pas, les Parisiens fréquentent les théâtres, les cafés, des entrepreneurs et des banquiers investissent et développent la presse écrite : Réclames et affiches à tous les coins de rue, c’est la culture de masse qui commence à prendre le pouvoir. Pigalle et Montmartre attirent écrivains, peintres et artistes du monde entier. C’est l’époque où Paris peut encore s’autoproclamer capitale du Monde. Sur la butte, Au Lapin Agile, repris par Aristide Bruant, tout le monde s’y retrouve le soir pour pousser la chansonnette. Il y’a aussi le Chat Noir, boulevard Rochechouart, fréquenté par de nombreux artistes, où l’on sert de l’Absinthe, il y’a le Moulin Rouge où toutes les classes de la société se mélangent pour boire, chanter et découvrir cette danse endiablée appelée le french cancan. Aux Folies-Bergères, on présente des spectacles variés avec des chanteurs, des jongleurs, des danseuses, des contorsionnistes, des personnages sensationnels… Mais le spectacle n’est pas seulement sur la scène, car on peut se déplacer, aller au bar, parcourir le jardin d’hiver et le promenoir, où des dames de petites vertus invitaient ces messieurs à faire une halte! La soirée se terminait parfois dans l’une des maisons closes, qui fleurissaient un peu partout. Vous voulez des adresses ? aucun souci ! Pour une grande occasion, on allait Aux Belles Poules, rue Blondel, ou au Chabanais, appelé le bordel des rois, puisque le prince de Galles y avait ses habitudes et que les souverains en visite en France, y faisaient volontiers un petit tour en toute discrétion. Les plus démunis pouvaient se rendre au Panier Fleuri, ou à la Maison de Société. L’ambiance était légère, les gens étaient plus libres qu’aujourd’hui. On pouvait croiser dans les rues étroites de Montmartre, Utrillo, Aristide Bruyant, Renoir, Modigliani, Picasso, et Toulouse-Lautrec... C'était une autre époque, c'était une belle époque !

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Avant de clore ce chapitre sur les nuits parisiennes, je voudrais vous parler du Parisiana, qui était au 27, boulevard Poissonnière, dans le 2ème arrdt de Paris, car ce lieu était souvent fréquenté ou du moins bien connu par un fromager normand : M. Lanquetot, qui ne put s'empêcher de commander à son imprimeur des étiquettes au nom du Parisiana. Cabaret, théâtre, Music-Hall, Inauguré en 1894, il est repris par les frères ISOLA en 1897. En 1908, ils le cèdent à leur locataire qui voit son établissement fermé par la Préfecture en 1910 (pour raison de travaux de sécurité non effectués). Il est alors transformé en cinéma, Parisiana Cinéma. En 1937, l'héritier a des vélléités de renouer avec le concert. Les travaux s'éternisent, la Seconde Grande Guerre arrive et Parisiana reste un cinéma que Gaumont rachète en 1957, pour le transformer en Richelieu-Gaumont (1800 places), qui fermera définitivement en 1987.

 

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LA  BELLE ÉPOQUE, LA MODE, ET L’ÉLÉGANCE PARISIENNE :    

Cette huile sur bois de Jean Béraud, intitulée « Sortie des ouvrières de la Maison Paquin, rue de la Paix » illustre parfaitement l’élégance française, et la suprématie à une certaine époque, de la haute couture française qui impose ses créations dans le monde entier : Femmes au buste cambré, finesse de la taille mettant les hanches en valeur, poitrine remontée, tout pour plaire et séduire. Des maisons comme Chéruit, Diemert, Paquin, Morin-Blossier, Doucet, attirent toute l’aristocratie européenne : la reine Victoria-Eugénie d’Espagne, l’infante Béatrice d’Espagne, la reine Marie de Roumanie, ou la duchesse d’Arion. C'était aussi une autre époque, même si de nos jours quelques grandes maisons de couture résistent encore en commercialisant parfums et autres produits dérivés de la haute couture.

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Toilettes des spectatrices, lors d’une représentation de gala à l'Opéra-Comique de Paris en 1890; Toute la haute société parisienne est présente pour rendre un dernier hommage à Bizet. Je passe les commentaires sur le spectacle et me concentre sur les toilettes de nos élégantes parisiennes :

Jamais l'Opéra en ses jours d'abonnement n'eut de plus éblouissantes toilettes. Quel plaisir pour les yeux ! Partout, de blanches épaules, des robes claires, des diamants à profusion ! La duchesse de Luynes, douairière, avait une robe de velours noir rehaussée de points d'Alençon. Mlle de Luynes, une toilette en satin merveilleux crème, décolletée en châle. Sans un bijou. Un petit nœud-papillon en gaze crème dans les cheveux. Mlle de Banuelos, même toilette en bleu pâle. La duchesse de Fernan-Nunez, en velours rubis cabochon; constellation de diamants. Auprès d'elle, la marquise d'Hervey Saint-Denis: robe rose givrée de blanc, à manches bouffantes et très enlevées, et Mme de Mier : toilette de satin blanc cernée de perles. La princesse de Brancovan : robe peau de soie bleu libellule, dans les cheveux, un diadème de marguerites de brillants terminé par une aigrette sultane. La comtesse de Montesquiou, sa belle-sœur, portait une robe de satin turquoise criblée de diamants.
La duchesse de la Torre avait.une robe de velours bleu ciel de France; diamants au cou et dans les cheveux. Avec elle, Mme de Bénardaki : robe grecque très remarquée, en drap neige, soulignée par des galons d'argent. Au cou, un collier de perles descendant jusqu'à la ceinture. Dans les cheveux, un croissant de diamants.
Madame Heddle, une belle et richissime Canadienne, en brocart mauve-violine; col Médicis, brodé de pierreries et d'ors. La comtesse de Jacquemont, fort admirée dans sa robe rose, en velours ciselé ; du point d'Argentan formant baldaquins. Agrafes et fleurs de diamants dans les cheveux, au cou, sur le corsage. La duchesse d'Uzés : robe de brocart mauve rosé, éclairée par des émeraudes de toute beauté — ces pierres, couleur d'espérance, que les Orientaux appellent dans leur langage imagé des « morceaux d'océan figés! ».
La comtesse de Mortemart : jolie toilette rose-thé en crêpe et satin, fleurie de roses nymphe émue et de diamants cousus sur des choux de velours noir. Mme Jules Porgès en robe paille et perles.

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UNE VRAIE RÉVOLUTION ESTHÉTIQUE !

Louis Majorelle (1859-1926), était un ébéniste français  de l'Ecole de Nancy. Son entreprise était située au 6, rue du Vieil-Aître à Nancy. À ses débuts, l'entreprise Majorelle fabriquait des copies de  meubles Louis-XV. Mais, Influencé par le travail d'Émile Gallé, il décide de donner une nouvelle direction à son entreprise, et de suivre un mouvement qui lui paraît prometteur. La production des meubles signés par Majorelle, démarre dans les années 1890. Ils sont embellis par des entrelacements, et comme dans tout ce qui touche à l'Art Nouveau, trouvent leur source d'inspiration dans la nature : plantes en tiges, nénuphars, chardons, libellules. Vers 1900, Majorelle ajoute un atelier de forge pour les artisans afin de produire des poignées et des charnières dans l'esprit des lignes fluides de son travail de menuiserie. Son atelier est derrière de nombreuses réalisations des balcons forgés, des rampes d'escalier et des détails extérieurs de nombreux bâtiments de Nancy. Ses réalisations vont évoluer vers des formes plus simples et plus dépouillées peu après son grand succès à l'Exposition Universelle de Paris en 1900, il se lance alors dans une production en série, ce qui lui permet d'enrichir rapidement son catalogue. En collaborant souvent avec les verriers de Nancy comme les frères Daum, il va aider à faire de la ville un des grands centres de l'Art Nouveau. À l'apogée de la Belle Époque, avec l'Exposition Universelle, les œuvres de Majorelle triomphent et sa clientèle devient même internationale. Le succès aidant, Majorelle ouvre en 1910 des boutiques pour ses meubles à Paris, Nancy, Lille et Lyon.

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Avant de fonder la laiterie de Montreuil-Bellay avec son associé Monsieur Diard en 1904, Raoul Picquot était beurrier à la laiterie-fromagerie de Bron. Plusieurs récompenses dont 4 médailles d'or et 5 médailles d'argent. Son successeur est Fernand Picquot. Après 21 ans de travail et de labeur, la fromagerie est rachetée par M. Gaston Amy en 1925. Étiquettes soignées, réalisées par Grange et Guy à Paris.

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AVANCES TECHNOLOGIQUES, LIBRE ENTREPRISE & INDUSTRIALISATION !

Entre 1890 et la première Guerre Mondiale, la France connait une exceptionnelle vague de progrès technologiques, d'nnovations, l'entrepeneur n'est pas désigné du doigt, il n'est pas encore l'ennemi capitaliste si redouté. Le chemin de fer désenclave les campagnes; la maitrise de l'électricité est appliquée à l'éclairage domestique, invention de la radio, du cinéma,  La France devient le berceau de l'automobile dans le monde. En 1900, le pays compte 30 constructeurs automobiles; ils seront 57 en 1910,et 155 en 1914. Nous fabriquons en 1903, 30 204 voitures, soit 48,77 % de la production mondiale, contre seulement 11 235 voitures aux États-Unis.

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L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS 1900.

En cette fin du XIXème siècle, la révolution industrielle triomphe. Les expositions universelles permettent de présenter les toutes dernières avancées de la science à travers le monde. À Paris, le Président de la République, Émile Loubet, dirige l’inauguration de cette fête du progrès. L’Exposition universelle se tient entre le Champs-de-Mars et le palais du Trocadéro. Construit pour l’occasion, le pont Alexandre III enjambe la Seine d’une seule arche métallique de cent sept mètres de long. Il permet aux visiteurs de se rendre au Grand Palais des Beaux-Arts et au Petit Palais, eux aussi édifiés pour l’évènement. Des promenades en anglais, en allemand ou en russe sont proposées aux nombreux visiteurs qui viennent découvrir quelques-uns des quatre-vingt-trois mille exposants venus du monde entier. L’illumination nocturne du palais de l’électricité connaît un immense succès, tout comme le « trottoir roulant », autre nouveauté technique, installé sur l’avenue de Suffren. Auprès de telles innovations, la grande roue – qui culmine tout de même à soixante-dix mètres – paraît moins impressionnante. On peut cependant assister depuis son sommet au « cinéorama », projection simultanée d’images sur plusieurs écrans géants constituant un véritable cinéma en plein air et à 360 degrés. Enfin, le métropolitain, dernière des merveilles de la technique française, est presque achevé et le Président Loubet rappelle dans son discours d’ouverture que les visiteurs pourront bientôt emprunter la première ligne : depuis la station des Champs-Élysées, ils pourront ainsi rejoindre l’annexe de l’Exposition, au bois de Vincennes, et admirer les superbes portiques d’accès décorés par Hector Guimard.

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La fromagerie de Monsieur Louis Léon Henri Dutacq existait depuis la fin du 19ème siècle. Au départ, le bâtiment était une vacherie nationale qui sera transformée en fromagerie. En 1900, la production journalière était de 1000 camemberts, cette même année, à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris, Monsieur Dutacq lance la marque de camembert "le1900". Sur cette étiquette, au pied de la statue, on devine la monumentale Porte Binet, le Pont Alexandre III, la Seine et la Tour Eiffel, et un soleil rayonnant, Paris rayonne, elle s'est auto-proclamée capitale du Monde.

"LABEL ÉPOQUE" : D'ÉMILE GALLÉ À CHARLES ERNEST OLIDA.

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OLIDA- Esquisse d'étiquette de fromage pour la marque fondée en 1855 par Charles Ernest Olida. La société était spécialisée en charcuterie et salaisons, et fournissait épiceries et restaurants. Sa première usine construite en 1896, se trouvait à Levallois-Perret, avec des unités à Paris, Epinay-Sur-Seine, Strasbourg, Illkirch, Graffenstaden, Libourne, Aubagne, Loudéac. On se souvient tous de ce fromage de gruyère fondu, avec des petits bouts de jambon.Mais le fromage n'était pas la spécialité de cette maison.

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Entre un vase ou une lampe signés Gallé (devenus hors de prix) et une étiquette de fromage de la même époque, réalisée probablement par un anonyme, employé d'une imprimerie, que choisiriez-vous ? Remarquez la similitude des ornemennts végétaux et des courbes. Pour ma part, mon choix a était fait il y'a bien longtemps, tyrosémiophile un jour, tyrosémiophile toujours.

"LABEL ÉPOQUE" :  HECTOR GUIMARD UNE DES GRANDES FIGURES DE L'ART NOUVEAU.

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Hector Guimard (Lyon, 1867 – New York, 1942) est un architecte français et le représentant majeur de l'Art Nouveau en France. Dans la mouvance internationale de ce style, Guimard fait figure de franc-tireur : il ne laisse aucun disciple derrière lui, ni aucune école et c’est la raison pour laquelle il a pu être longtemps considéré comme un acteur secondaire de ce mouvement. Cette absence de postérité contraste avec la profusion formelle et typologique extraordinaire de son œuvre architecturale et décorative, où l’architecte donne le meilleur de lui-même en une quinzaine d'années d’activité créatrice.[Photos : Station de métro des Abbesses et le Castel Béranger, rue La Fontaine à Paris 16ème]

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Date de dernière mise à jour : 05/09/2014

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