Coopérative de Damvix (85)

Damvix-beurrerie

LAITERIE COOPÉRATIVE DE DAMVIX [VENDÉE 85] [PAR MARCEL GOUSSEAU]
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Situation géographique : Entre Maillé et Niort, la Venise Verte est un monde d’eau et de verdure composant les paysages les plus féeriques du Marais Poitevin. Damvix, qui est établie sur la Sèvre Niortaise, figure parmi la dizaine de communes que comptent cette splendide région de marécages, riche en herbe verte et en pâturages, où l’élevage de vaches laitières tenait déjà une place importante dans les petites exploitations agricoles.

Création d’une Coopérative : La création en 1888 par Eugène Biraud de la toute première coopérative laitière à Chaillé, va faire des émules, et inciter de nombreux producteurs laitiers à se réunir en coopérative, mettant ainsi en commun un outil de travail partagé par tous. C’est ainsi que le 12 mai 1890, un certain Monsieur Prunier, propriétaire-agriculteur à Damvix, va créer à son tour, la toute première coopérative beurrière Vendéenne. Sa logique est simple : En travaillant en commun le lait fourni par les sociétaires, on réduit les coûts, tout en améliorant le rendement et la qualité.

Direction : Les documents en notre possession ne nous permettent pas encore d’identifier la totalité des dirigeants responsables de la coopérative. Mais nous pouvons déjà citer le nom de Monsieur Marcel Gauthier, ancien élève de l’ENIL à Surgères, directeur de la Coopérative de Damvix de 1926 à 1947, ainsi que Monsieur Talbot, qui va succéder au premier, jusqu’à la fermeture de la laiterie en 1958.

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Fonctionnement : À ses débuts, la beurrerie transformait quotidiennement de 7000 à 8000 litres de lait fourni par des sociétaires de Damvix et d’Arçais (Deux-Sèvres). Un lait riche en matière grasse, prélevé dans des troupeaux de vaches, de la race maraichine et parthenaise. Le principal mode de ramassage du lait se faisait par petites barques, qui ramenaient des bidons de 100 litres, sur le quai, place de l’église, où ils étaient récupérés par un chariot manuel de l’usine. Petite Anecdote : Lors d’un hiver très froid, les barques ne pouvant plus emprunter la rivière et les canaux, les laitiers faisaient glisser les bidons sur la rivière gelée, et pour débarquer sur le quai, il y’avait un ramasseur sur Arçais, un autre sur Damvix et un troisième sur Bazouin.

Le Beurre de Damvix : Lors de sa création, la laiterie transformait le lait uniquement pour la fabrication du beurre, un produit de grande qualité, récompensé très tôt par de nombreuses médailles aux expositions et divers concours. Lauréat du Concours Général Agricole de Paris en 1896, le beurre de Damvix est récompensé d’une médaille de bronze, dans la catégorie 5, Beurres du Poitou et de la Vendée. Il en sera de même, au Concours Général Agricole de Paris en 1898. Ce succès va se confirmer des années plus tard avec les récompenses suivantes : Beurre, médaille d’argent en 1926, 1927, 1929, 1930, 1934, 1937. Lait en poudre, médaille de bronze en 1937. L’eau de lavage du beurre provenait d’un puits creusé près de l’usine, l’eau  servant à alimenter les chaudières à vapeur provenait de la rivière par une canalisation reliant l’usine à la vieille Sèvre Niortaise; un autre puits artésien alimentait également en eau propre la caséinerie et le reste de l’usine. Le beurre de Damvix était expédié dans toute la France par colis de 5 à 10 kilos. Monsieur Talbot (voir plus haut), achetait lui-même les paniers nécessaires à l’expédition du beurre, dans une fabrique des Deux-Sèvres, spécialisée dans la fabrication des « calicots » à beurre, (Cette ficelle qui servait à attacher les couvercles des paniers avant expédition). Adhérente à l’Association Centrale de Surgères, la laiterie de Damvix pouvait compter aussi dès 1899, sur cette organisation pour l’expédition de ses beurres vers les halles de Paris. Le beurre était recueilli par des agents de l’Association dans les gares de Niort ou de Surgères, et les wagons étaient plombés jusqu’à leur arrivée à destination.

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Fabrication de la Caséine :  Connue pour son beurre, la laiterie de Damvix fabriquait aussi de la poudre de lait et de la caséine. Dès 1907, sous l’influence de Michel Clémenceau, un ingénieur chimiste, de nombreuses laiteries comme Damvix, commencent à utiliser le lait écrémé pour la fabrication de la caséine, ce produit devenant peu à peu une ressource importante pour la valorisation du lait. Le petit lait appelé aussi babeure servait à l’alimentation des bêtes dans les deux porcheries situées non loin des bâtiments de laiterie. Après séchage, la caséine était expédiée dans des sacs de toile, et partait en camion du côté du moulin des caséineries à Surgères pour y être travaillée et ensuite commercialisée dans de bonnes conditions. L’outillage était moderne pour l’époque avec ozone-stérilisation-filtre. Tous les principes d’hygiène et de salubrité étant ainsi respectés. A noter qu’en 1925, le Crédit Agricole avait accordé à la laiterie de Damvix un prêt collectif à long terme de 84000 francs, dont nous ignorons l’usage exact, mais nous pouvons supposer qu’il aurait servi à la modernisation des installations ou à la  construction de nouveaux bâtiments.

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Fonctionnement de la  Coopérative : À la tête de l’usine de Damvix se trouvait un Président entouré de son conseil d’administration, un directeur en charge du fonctionnement et de la gestion au quotidien, deux beurriers étaient aussi employés, ainsi qu’un contrôleur pour analyser le lait fourni par les sociétaires, un chauffeur, un employé de maintenance en charge de la chaudière, 7 à 8 laitiers ramasseurs indépendants, renouvelés tous les ans et choisis par adjudication au plus offrant. Comme vous le savez déjà, chaque adhérent avait un carnet de lait où étaient mentionnées dans les premières pages les conditions générales et les recommandations de la laiterie, et dans les pages suivantes étaient notées par date les quantités de lait livré par chaque sociétaire afin d’être payés au prix préalablement déterminé par la coopérative.

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La Paye au lait : Dans le passé, les foires aux bestiaux et autres foires, avaient une place importante dans la région de Damvix. Elles se déroulaient tous les troisièmes mercredi du mois. Et, c'est durant la foire que les producteurs sociétaires étaient payés pour le lait qu'ils fournissaient aux laiteries de Damvix, mais aussi du Mazeau et de Maillezais. Le règlement se faisait à tour de rôle dans l’un des quatre cafés que comptait le centre du bourg, pour ne pas faire de jaloux. Hélas, la disparition progressive de ces laiteries liées à celle des agriculteurs, a contribué à la disparition  de cette foire traditionnelle dans les années 1960.

La Fin d’une belle Histoire : En 1955, soit 3 ans avant sa fermeture, l’usine de Damvix a transformé 1.656.721 litres de lait, a fabriqué 76849 kilos de beurre, 106750 kilos de poudre de lait, 11686 kilos de caséine (Quatre mois de production pour cause d’arrêt de la fabrication fin avril 1955). Lors de l’arrêt d’activité en 1958, 1//2 part sera rattachée à la laiterie de Maillezais et l'autre 1/2 part à la laiterie Coopérative du Mazeau. De nos jours, le château d’eau existe toujours, certains bâtiments de laiterie ont été transformés en logements, les porcheries détruites, un commerçant en mécanique occupe les lieux, et les bâtiments restants servent de dépôt pour  l’entreposage du matériel communal et des véhicules de pompiers. Enfin, il nous reste à nous collectionneurs quelques papiers que nous conservons précieusement.

[Marcel Gousseau, Ancien élève de l'ENIL, Camembert-Museum, le 14 septembre 2014]


 

 

 

 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 06/10/2014

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