Histoire de la Laiterie Coopérative du Tail (85)

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LAITERIE DU TAIL. [LA TARDIÈRE, 85.] [Article proposé par Marcel Gousseau]

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Le TAIL est le nom d’un ''lieu dit'' de la commune de La TARDIERE. Cette petite commune est située entre la ville de Breuil-Barret et celle de La Châtaigneraie à l'ouest du département de la Vendée, et à quelques kilomètres seulement du département des Deux-Sèvres. C’est à partir de 1905, que Monsieur Charles Marchand, va commencer l’exploitation d’une beurrerie au lieu-dit le Tail. Une petite affaire qui emploie deux ouvriers seulement : Monsieur Pierre Baudu et Monsieur Eugène Bertaudeau. Nous savons aussi que c’est un certain Monsieur Avrieux qui allait succéder à Monsieur Marchand et ce à une date indéterminée à ce jour. L’examen d’un annuaire du lait de 1924, mentionne M. Beaulieu et Arrieux, laiterie du Tail, à Breuil-Barret. Ce qui veut dire qu’entre 1905 et 1924, la beurrerie a changé de propriétaire à trois reprises.

En 1926, la laiterie du Tail change de statut et devient une coopérative laitière. Trois ans plus tard, en 1929, Monsieur Marcellin Pouponnot est nommé directeur général. Il le restera jusqu’à sa retraite en 1965. Lors de l’Assemblée Générale de 1931, la Coopérative Laitière du Tail annonce qu’elle travaille avec 734 adhérents qui livrent 2,69 millions de litres de lait par an, et que l’usine fabrique 127661 kilos de beurre. Plusieurs médailles au Concours Général Agricole de Paris pour récompenser la qualité de son beurre dont : 3 Médaillles d'Or en 1933,1934,1935, Médaille d'Argent en 1926, et enfin une Médaille de Bronze en 1932.

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Les Anciens se souviennent… Monsieur René (Nous ne mentionnerons pas le nom de famille) est embauché en 1954. Au départ, il devait suivre une formation de contrôleur laitier à Surgères (17), mais il est orienté vers des stages à Nalliers et le Langon (85), où l’on fabrique beurres et fromages. Chargé des commandes et des expéditions, M René fera de nombreux remplacements au sein de la coopérative. Heureux temps, où lors du casse croûte de 9 heures, la motte de beurre sur la table, réunissait les ouvriers et les cadres. On ne regardait pas la montre, il n’y avait pas de pointeuse. Certains profitaient même de la pause pour aller cueillir des champignons ou ramasser des châtaignes. Le lait était écrémé à la ferme, avec une écrémeuse à main installée sur une carriole à cheval, puis, des années plus tard, par des camions modernes équipés d’écrémeuses. L’ambiance de travail du temps de Monsieur Pouponnot était bonne, et les ouvriers faisaient la queue pour serrer la main du patron à la fin de la journée de travail. Monsieur René, ayant appris à couper les cheveux lors de son service militaire, devenait aussi à la demande de la direction, coiffeur pour le personnel de la laiterie. Pour les ouvriers qui travaillaient le dimanche, une messe était célébrée par un prêtre venu spécialement de la Chataigneraie.

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En 1964, la Laiterie Coopérative du Tail, s'associe avec celle de Montcoutant, dans les Deux-Sèvres (79). Un grand bâtiment moderne est construit, et deux barattes de 6000 litres sont installées en 1965/1966. Le Tail fabrique alors du beurre en mottes, en plaquettes de 125/250/500 grammes, ainsi que du beurre en rouleaux destiné aux producteurs. La Coopérative de Moncoutant se spécialise dans les yaourts.

Comme dans toutes les laiteries de l’époque, le babeurre servait à l’alimentation des cochons élevés dans une porcherie adjacente. Par la suite, des clients extérieurs à la coopérative comme M. Aimé Jolly, ou M. Péquin, venaient récupérer le précieux liquide sur place pour alimenter leurs porcs.

Monsieur René raconte encore…. Au début nous n’avions pas de congés. Mais les réglementations allaient vite évoluer, les ouvriers obtenaient une, puis deux semaines de congés payés et même plus après. En fin d’année, chacun avait une enveloppe, où en plus du salaire était adjointe une prime variable selon les individus, dont le montant était gardé secrètement. N’oublions pas aussi la consommation d’alcool. Dans le bocage Vendéen chaque ferme avait sa propre cave. Selon le témoignage de Monsieur Auguste…on menait alors la lapine au mâle, traduction : on remplissait les fûts plusieurs fois par jour chez Carras au village du Breuil ou au café Tisserand au Tail. A la vue de cette circonstance, la direction se trouve dans l’obligation de réglementer la consommation d’alcool à l’usine. Mais certains assoiffés étaient des petits malins. Ils cachaient les litres à l’entrée de l’usine dans les bottes des ouvriers ou encore dans un vulgaire bidon traînant négligemment sur le quai.

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Création de la CELBO… En 1967, est créée la Centrale Laitière du Bocage, plus connue sous le nom de la Celbo. Elle regroupe alors les Coopératives du Tail, de l'Hermenault, de Voultegon (79), et de Vihiers dans le Maine-et-Loire (49). Monsieur Drapeau qui avait succédé à Marcellin Pouponnot, retraité, va quitter ses fonctions et une nouvelle direction se met en place, dirigée par M. Prudhomme. Lors du renouvellement du Conseil d’administration, Le Président Monsieur Bobinet sera remercié. Monsieur Octave Bodin préside aux destinées de la nouvelle structure avec comme adjoint M. Marcel Briffaud. Les deux hommes tentent de lancer la production de nouveaux fromages, pour remplacer le Saint-Paulin, fabriqué depuis 1947, et dont les ventes sont en chute libre. On lance la fabrication du Saint-Paulin Pasteurisé à des taux de 40 et 50 pour cent de matière grasse, un fromage italien rond gorgé d’eau, mais il n’en sortira pas d’eux de l’usine, puis le directeur va proposer la fabrication d’un fromage type gruyère. Ce fromage ne verra jamais le jour. Les millions d’anciens francs dépensés pour le papier destiné à emballer « La Belle Fermière » partent en fumée. La laiterie Coopérative de l’Hermenault, elle aussi associée à la Celbo, se lance dans le lait en berlingots, mais l’échec est total… En 1972, la CELBO cesse ses activités et la laiterie du Tail est rattachée à L'UCAL (Luçon 85). En 1989, la laiterie du Tail sert uniquement de centre de collecte et en 1990 elle fermera définitivement ses portes, après 85 années d’une activité laitière intense dans ce bocage Vendéen.

Marcel Gousseau. [camembert-Museum, le 11 juillet 2013]

 

Date de dernière mise à jour : 03/09/2015

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