Chesnais Royer (Ferté-Macé 61)

Beauvain (ChesnaisRoyer-11nv)

CHESNAIS ROYER LA FERTÉ MACÉ, BAUVAIN & MESDEMOISELLES CHESNAIS LA FERTÉ MACÉ.

Dans la famille Chesnais, si le frère fabrique des fromages, les trois sœurs en vendent....

Au moment de son incorporation en décembre 1884 au 36ème RI de Caen (14), Théodore Chesnais (1863-1920) exerce comme son père Jean, originaire de Champsecret (61), la profession de tourneur en bois au faubourg Saint Maurice à La Ferté-Macé (61). Libéré de ses obligations militaires en septembre 1888, il va alors changer totalement de métier.  En effet, lors de son mariage à La Ferté-Macé en 1892 avec Anna Royer (1874-1922), il déclare être marchand de fromage au Faubourg Saint Maurice. Rapidement, à en croire les mentions portées sur les étiquettes, le couple obtient des récompenses pour ses fromages, dès 1895 à La Ferté-Macé, à Marseille (13) en 1896, puis Nice (06) et Lyon (69) en 1897.

En 1901 le couple est toujours installé faubourg Saint Maurice et mentionne cette fois qu'il est fabricant de fromage. Il emploie un domestique et un journalier. En 1903 dans une lettre qu'il adresse à Jean Lavalou, Le Rousse, ancien facteur assermenté aux halles centrales de Paris, déclare à propos d'expédition de camemberts qui lui sont faites : « je reçois régulièrement [....] de  Chesnais de Bauvain »*1. Ces envois sur Paris se font nécessairement à partir de la gare de La Ferté-Macé. Cette correspondance laisse à supposer que le couple a acheté une ferme à Bauvain au lieu-dit « Les Aulnays » après 1901. En 1906, bien qu'il continue à fabriquer du fromage, Théodore Chesnais indique être propriétaire exploitant et recourt à l'aide de 2 domestiques. De fait il mène de front une activité de fabricant de fromage et celle d'agriculteur*2. Une fromagerie avec hâloir de 50m2 en briques rouges est construite et un témoignage affirme qu'en 1908 Théodore fait chaque jour une tournée de ramassage de lait avec une carriole dans les fermes des environs*2. Des porcs sont élevés sur la ferme, probablement engraissés avec les sous-produits de la fabrication de fromage. Ils sont vendus aux charcutiers du voisinage dont celui du Grais.

Orne-03nv (Chesnais Royer) Orne-02nv (Chesnais Royer) Orne-01nv (Chesnais Royer)

La même année les trois sœurs de Théodore Chesnais, Marie 39 ans, Louise 32 ans, Julie 30 ans, les unes et les autres jusque-là sans profession, sont recensées à La Ferté-Macé en tant que marchandes de fromage. Il en est de même lors du recensement de 1911.  Elles vendent sous la marque « camembert des trois normandes » avec la mention Mlles Chesnais. En 1911 le couple Chesnais-Royer est toujours aux Aulnays, et confirme être propriétaire exploitant mais n'emploie plus de personnel. La fabrication a dû continuer pendant la guerre de 14-18, mais elle cesse en 1918 puisque les locaux n'ont plus, à ce moment-là, de statut commercial. Un témoignage recueilli en 1955 auprès de Fernand Besnard apporte un éclairage. Fait prisonnier le 22 août 1914 à Ethe en Belgique, ce dernier rentre de captivité fin 1918.  Il trouve à être employé en 1919 comme domestique chez Théodore Chesnais.  Il affirme qu'à cette date « la fromagerie ne fonctionnait plus. Il ne subsistait qu'une exploitation agricole avec une jument, 3-4 vaches et des élèves, plus du labour à La Pigeonnière »*2. Il quitte ses fonctions après le décès de Théodore Chesnais en 1920 à l'âge de 57 ans.  Quant à Anna, l'épouse de Théodore, elle disparaît à son tour en 1922 à 48 ans. La ferme est vendue dans les mois qui suivent. Le hâloir est détruit plus tard.

Quant aux demoiselles Chesnais faute d'information, on ne sait jusqu'à quand leur commerce a perduré. L'illustration figurant sur les deux étiquettes connues de cette fromagerie des Aulnays est assez fidèle à la réalité en ce qui concerne la maison d'habitation située en bordure de la départementale 19. La grande girouette est toujours là, même si elle a été déplacée et implantée au centre du bâtiment à l'occasion de la réfection de la toiture* 3. Le petit édicule qui figure en arrière-plan à droite de la ferme est un lavoir utilisé par les habitants du village des Aulnays. Le reste est plus fantaisiste. Le hâloir est bien situé sur le côté ouest de la cours arrière mais sans être aussi long. Il y a bien une ligne de chemin de fer, celle de Briouze à Bagnoles de l'Orne, qui longe la ferme un peu plus au nord mais pas en ligne de crête…quant au résineux et à la grille qui entourent les bâtiments il s'agit d'une pure fiction.
 

Sources. *(1). Archives Lavalou AD 61. 243 J  * (2). Ch. Oriot :rapport d'expertise 08/04/1972. 16 pages. Greffe du tribunal de Grande Instance Alençon (archives famille Martin) * (3). Martin Christelle ( communications personnelles).

Recherches et rédaction 2016-2017 Gérard CLOUET [Camembert-Museum, première publication le 08 janvier 2018).


 

 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 01/02/2018

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