Dornic Pierre

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DORNIC PIERRE : Pionnier du développement de l’industrie laitière en Charente.

Relater la vie de Pierre Dornic, qui vit le jour au Launay en Quéménéven le 12 mai 1864, c’est conter une existence placée sous le signe du travail.

Il entra à l’Ecole Normale d’Instituteurs de Quimper, en qualité de maître-surveillant er de chargé de l’enseignement des sciences naturelles. Le passage d’un inspecteur d’agriculture allait décider de sa carrière. Il le poussa en effet, à préparer l’Institut Agronomique de Paris, duquel il devait sortir major en 1889, ce qui lui valut d’être chargé d’une mission à l’étranger.

À son retour, et à la suite d’un concours, il fut nommé Directeur du laboratoire à l’Ecole Nationale de Mamirolles (Doubs). C’est là qu’il allait donner la mesure de sa valeur comme chimiste, entreprenant les travaux maintenant classiques sur l’acidité du lait, appliquant les principes de ses maitres, le savant microbiologiste Duclaux et l’éminent chimiste Munzt, diffusant la méthode acidobutyrométrique, que le docteur Gerber venait de mettre au point. A cette époque, le pays charentais sortait à peine de la crise du phylloxéra qui venait de ravager les vignobles.

L’Association Centrale des Laiteries, cherchait des débouchés pour l’agriculture, et lui demanda de venir en Charente. Il y vint, mit sur pied la Station d’Industrie Laitière de Surgères (1902), laquelle devint officiellement Ecole de Laiterie en 1906. Elle sera dirigée par M. Dornic jusqu’en 1930. Il refusa alors les offres dorées et alléchantes des pays étrangers, préférant travailler à la prospérité du pays Charentais.

En 1908, par décret rendu sur la proposition du ministre de l’agriculture, Monsieur Pierre Dornic , directeur de la station et de l’Ecole d’Industrie Laitière de Surgères est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur.

Pierre Dornic se livra également à des recherches sur la caséine, soit pour en améliorer la fabrication, soit pour permettre l’analyse du produit fabriqué, ainsi que ses applications industrielles. Auteur d’un ouvrage intitulé « Le Contrôle Pratique et Industriel du Lait » paru en 1932, et destiné surtout à ses élèves.

1933 Nécrologie : C'est avec un profond regret, que nous venons d'apprendre la mort de M. Pierre Dornic, directeur honoraire de l'Ecole et de la Station d'Industrie Laitière de Surgères (Ch.-Inf.), Inspecteur des Laiteries Coopératives de l'Ouest, Correspondant de l'Académie d'Agriculture. Par ses études et recherches sur tout ce qui concerne la production laitière et en particulier la fabrication du beurre et de la caséine, par l'impulsion qu'il a su donner à la coopération en laiterie, M. Dornic a rendu à l'Agriculture française les plus grands services. Nous adressons à sa famille l'expression des plus sincères condoléances de la « Gazette du Village ».

HISTOIRE DE LA FAMILLE DORNIC par Sylvain Coudray-Seznec

Les DORNIC sont issus d'une famille bretonne originaire de Gouezec (à l'est du Finistère). Le père, cantonnier-chef, s'établit à Quéméneven. Samère tient une auberge familiale dans le même village. Ils auront 9 enfants. Leur fille ainée Marie-Anne (mon arrière grand-mère) se mariera avec Charles Seznec, né au manoir de Garlan dans la commune de Plogonnec d'où est originaire la branche la plus ancienne des fameux Seznec, lignée de cultivateurs aisés à la Renaissance, exploitant les terres de l'Evêque de Cornouaille au nord de Quimper, au manoir de Keradily. Charles Seznec deviendra métayer dans la commune voisine de Kergoat. Ils auront 8 enfants.

Leurs 4 fils cadets, PIERRE, (né en 1864), Pierre-Marie, Jean-Louis et Yves-René feront tous des études en bénéficiant de bourses mises en place par la réforme Jules Ferry. Yves étudiera à Pontivy, Pierre à  Quimper, probablement au Likès, un grand lycée catholique connu pour ses bons résultats. Ils deviendront tous les deux ingénieurs.

Pierre Dornic rentera à l'Ecole Normale d'Enseignants de Quimper en 1880 et sera nommé professeur de sciences naturelles au lycée agricole de Quimperlé (29). Il sera ensuite reçu au Concours de l'Ecole d'Agronomie de Paris. À son retour en 1889, il se marie à Douarnenez avec Marie-Catherine Kernaleguen. Ils partiront ensuite pour Mamirolles dans le Doubs. Trois des frères Dornic ouvriront des laiteries dans le Finistère (au Juch, à Guengat et à Pont-Quéau), tandis que Pierre est nommé inspecteur des laiteries de Charente en 1897.

Tout semble bien se passer jusqu'en 1914 (Pierre-Marie obtiendra notamment des prix pour la fabrication de camemberts). Après la guerre la vie devient  plus difficile, Pierre Dornic perd son fils ainé Pierre (1891-1917) officier, tué au Chemin des Dames, ainsi que son plus jeune frère Jean-Louis (1879-1918). La laiterie de Guengat n'a alors plus de successeur. Celle du Juch fermera en 1928, après un drame familial concernant l'épouse de Pierre-Marie, et celle de Pont-Quéau sera abandonnée par Yves qui, probablement en faillite après 1929, deviendra ermite !

Les quatre autres enfants de Pierre Dornic sont : (1) Georges-Yves (1892-1948), qui, comme ses oncles, deviendra directeur de la coopérative laitière de Vaucelles, près de Bayeux en Normandie. Sa femme ouvre une boutique de mode à Caen en 1943. Il décédera quelques années plus tard à 56 ans. Nous ne savons pas s'il a eu des enfants. (2) François Dornic sur lequel nous n'avons pas d'informations, il était présent au décès de son père en août 1933. (3) Yvonne (1895-1974) qui se mariera en 1920 avec André Chollet (1894-1952), chercheur associé de son père et qui prendra la direction de l'Ecole de lait de Surgères en 1930. Ils auront des enfants, dont une fille ayant à son tour descendance. (4) Paul (1906-1973) qui deviendra marin, se mariera une première fois à La Rochelle, puis épousera  en seconde noce Anne-Catherine d'Haen, d'origine belge. Il n'a pas de descendance. La femme de Pierre Dornic se retirera après 1933 dans sa propre famille à Douarnenez (29) où est enterré Pierre Dornic.

(1) Lors de son installation à Surgères en 1897, Pierre Dornic va donner une impulsion nouvelle au mouvement coopératif laitier et faire de cette ville de l'Aunis, la capitale laitière de Poitou-Charentes... Il obtient la création en 1902 de la station d'Industrie Laitière à Surgères, qui devient en 1906, l'Ecole Professionnelle de Laiterie; cette dernière deviendra l'année suivante, l'Ecole Nationale d'industrie Laitière, qui sera connue sous le sigle de l'ENIL. Le but de cette école est de former des spécialistes de l'industrie laitière dans la France entière. Ces derniers sont alors formés lors des travaux pratiques dans la laiterie de Surgères créée en 1889, il en est le premier président  et, ce jusqu'en 1930. Il devient également de 1906 à 1930, le premier directeur de l'Association Centale des laiteries coopératives des Charentes et diu Poitou.

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 17/02/2017

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