Paillaud Auguste.

 AUGUSTE PAILLAUD : CHEF D'UNE FAMILLE D'ENREPRENEURS HORS PAIR :

Auguste Paillaud, est né en 1866, de l’union de M. Louis Eugène Paillaud et de Mlle Bouchaud Agathe Prudence. Il était Forgeron de son métier. Après une formation dans l’une des premières laiteries du Poitou, et associé à un certain Monsieur Adrien Dubois, Auguste Paillaud se lance, en cette fin du 19ème siècle, peut-être sans le savoir, dans une grande aventure industrielle. Tout commence en 1898, avec la création par les deux associés, des Grandes Laiteries de Touraine Dubois-Paillaud, ainsi que la création d’une première fromagerie à Tauxigny, en Indre-et-Loire, siège social de la société, suivie deux ans plus tard, en 1900, d’une deuxième fromagerie à Villeloin-Coulangé (Indre-et-Loire). Les temps changent… peu à peu, la France s’industrialise, le chemin de fer tisse sa toile à travers l’hexagone. Création en 1907, de la laiterie de Luçay-le-Mâle (Indre). Création en 1909, de la laiterie de Saint-Genou (Indre), acquisition en 1912, à Creully (Calvados) de la société Salva Vita, spécialisée dans les laits concentrés. Création en 1913, de la laiterie de Moulins-sur-Céphons (Indre). Deux autres unités appartiennent aussi, presque à la même époque, à la famille Paillaud, il s’agit du Château de la Gitonnière à Azay-sur-Cher et de la laiterie de Saint-Quentin-Sur-Indrois. Après la Grande Guerre (1914-1918), Auguste Paillaud fonde la Société Lactaire, à Dangé, dans le département de la Vienne, formée de quatre nouvelles usines : Dangé (86), Obterre (86), Noiron (86), et Barrou (37).

1921, MODIFICATION DE SOCIÉTÉ : la famille Dubois cède ses parts, M. Jacques Rouxel  entre dans le capital de la société à hauteur de 100.000 francs. Étude de M° André ROUX, docteur en droit, avocat-agréé au Tribunal de Commerce. 37, rue Néricault-Destoucbes à Tours, Modification de Société D'un acte sous seings privés en date du 5 mai 1921, enregistré à Tours le 9 du même mois, intervenu entre : 1- M. Auguste PAILLAUD, industriel, demeurant à Tours. 63, rue de l'Alma ci- devant et actuellement même ville, 21, rue d'Entraigues ; 2-M. Charles PAILLAUD, industriel, demeurant à Villeloin-Coulangé (I-et-L.) ; 3° M. Arthur SELLIER dit CELLIER, demeurant ù Saint-Avertin, « Villa des Lauriers » (I.-et-L.) ; ... 4" M. Edmond PAILLAUD Fils, industriel, demeurant à Creully (Calvados) ; 5" M. René SOSTRAS, négociant, demeurant à Paris, 15, rue de la Paix, représenté aux présentes par M. Auguste PAILLAUD, muni d'un pouvoir à cet effet, enregistré à Tours le 4 mai 1921 ; d’une part et 1° M. Maurice DUBOIS, industriel, demeurant à Tauxignv (l.-et-L.) ; 2° M. Honoré RANCHER, pris tant en son nom personnel au besoin que pour assister et autoriser la dame son épouse, et Mme Germaine DUBOIS, épouse assistée et autorisée de M. Honoré RANCHER susnommé, lesdits époux demeurant ensemble à Sainte Maure (I-et-L.). Il apparait que M. Maurice DUBOIS et M. et Mme RANCHER ont cédé aux susnommés, avec effet rétroactif du 31 mars 1921, la part de leur auteur, M. Armand DUBOIS, en son vivant industriel à Tauxigny (I.-et-L.) dans la Société « A. PAILLAUD & Cie », ayant son siège à Tours, 21, rue d'Entraigues, avec usines à Creully (Calvados) et Torigny (Manche.). D'un autre acte sous seings privés en date à Tours du 10 mai 1921, enregistré à Tours le 23 mai 1921 N° 1063, intervenu entre : 1- M. Auguste PAILLAUD. Industriel, demeurant à Tours, rue d'Entraigues. N° 21 ; 2-M. Charles PAILLAUD, industriel, demeurant à Villeloin-Coulangé (I-et-L.), 3-M. Arthur Sellier, dit CELLIER, industriel, demeurant à St-Avertin (I-et-L), « Villa des Lauriers » 4- M. Edmond PALLAUD industriel, demeurant à Creully (Calvados) : 5° M. René SOSTRAS, négociant, demeurant à Paris rue de la Paix n° 15 ; Et  6° M. Jacques ROUXEL, industriel, demeurant à Tours, rue Marceau, n° 42 : Il apparait que  M. Auguste PAILLAUD. Charles PAILLAUD,  SELLIER dit CELLIER. Edmond PAILLAUD et SOSTRAS, ont cédé à M. ROUXEL une partie de leurs parts respectives dans le capital social de la même Société qui se poursuivra entre les six personnes indiquées ci-dessus, et ce avec effet rétroactif au 31 mars 1921, amenant par suite les modifications suivantes :

Les affaires de la Société seront gérées et administrées par M. Auguste  et Edmond Paillaud, et Jacques Rouxel. Ils auront seuls et chacun d’eux la signature sociale, mais ils ne pourront en faire usage que pour les besoins de la Société, et ce, à peine de nullité, même à l’égard des tiers. Ils auront la direction des usines procéderont aux achats et aux ventes relatifs à la marche de l'industrie, passeront tous marchés, s'occuperont de l'organisation, du matériel et du personnel des usines ; ils opéreront toutes transformations et changements nécessaires. Aucun emprunt ni aucune installation nouvelle ne pourront être faits sans, l’assentiment de M. Auguste PAILLAUD, et, au cas de son décès, sans l'unanimité des gérants ; il en serait de même des marchés d'achats ou de ventes de plus de cinq mille francs. Si M. Auguste PAILLAUD venait à décéder et si MM. Edmond PAILLAUD et ROUXEL étaient en désaccord sur ces points, il serait fait appel à l'arbitrage de M Charles PAILLAUD et au cas de décès de celui-ci, à un des associés choisi à la majorité des associés en nom collectif. L'article VI ne subit comme modification que l'adjonction du nom de M. ROUXEL à ceux de MM. Auguste et Edmond PAILLAUD. L'article VII relatif au fonds social, est modifié en ce sens que le capital social de 400.000 francs reste le même : mais que par suite de l'achat et de la vente sus indiqués il est fourni comme suit par les associés :

1°- L’apport de M. Auguste Paillaud est ramené à 112.000 francs. 2°- L’apport de M. Edmond Paillaud est ramené à 112.000 francs. 3°- L’apport de M. Charles Paillaud  est ramené à   32.000 francs. 4°- L’apport de M. Sellier dit CELLIER est ramené à 30.000 francs. 5°- L’apport de M. Sostras est ramené à 14.000 francs. 6°- Celui de M. ROUXEL, par suite de son achat du 10 mai 1921, est de 100.000 frcs. Total égal au capital de la société 400.000 frcs.

Aucune autre modification n'intéressant les tiers n'a été apportée à l'acte de société précédent. Un exemplaire de l'acte du 10 mai 1921 a. été déposé 1e 25 mai 1921 à chacun des Greffes du Tribunal, de Commerce de Tours et de la Justice de Paix de Tours-Sud : le 28 mai 1921 à chacun des Greffes du Tribunal de Commerce de Caen et de la Justice de Paix de Creully et le 28 mai 1921. à chacun des Greffes du Tribunal de Commerce de Saint-LÔ et de la Justice de Paix de Torignv. Pour extrait : A. ROUX.

1923, NOUVELLE RAISON SOCIALE : avec la création «Des Grandes Laiteries de Touraine, de Normandie et du Poitou» Le siège social est transféré de Tauxigny à Tours. La nouvelle société comprend 13 usines, ce qui veut dire, qu’entre temps, d’autres unités furent acquises ou construites, et certaines usines fermées ou vendues. Au début des années 1930, acquisition d’un dépôt de lait, au 6, rue Jean-Marie Jégo à Paris, et d’un autre à Poitiers. En 1936, Auguste Paillaud décède d’une angine de poitrine lors d’un voyage en train.

1936, AUGUSTE PAILLAUD DÉCÈDE SUBITEMENT : Voici l'extrait d’une coupure de presse que nous adresse Monsieur Barrette : «Alors que l’Express de Tours s’approchait de Châtellerault, un des occupants d’un wagon de deuxième classe s’apprêtait à se restaurer. Il fut surpris de voir son voisin de compartiment, qui s’était absenté environ une minute, le visage très rouge, s’étendre sur la banquette. Etonné de son immobilité et de la pâleur qui se répandit ensuite sur son visage, il alerta d’autres voyageurs, parmi lesquels se trouvait un médecin lieutenant-colonel, qui ne put que constater le décès. A Châtellerault, le docteur Percevault examina le cadavre, et conclut à une mort due très vraisemblablement à une angine de poitrine. Dans le portefeuille du malheureux voyageur on trouva des papiers au nom de M. Auguste Paillaud, 69 ans, industriel, domicilié 91, rue d’Entraigues à Tours. M. Paillaud, est le père de M. Edmond Paillaud, un des directeurs des Laiteries Paillaud, dont de nombreuses succursales sont installées dans la Vienne, l’Indre-et-Loire et la Normandie».

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EDMOND PAILLAUD : HISTORIQUE DE L’USINE DE CREULLY, (CALVADOS, NORMANDIE).

Edmond Paillaud, fils d’Auguste Paillaud, est né le 05 septembre 1889 à Secondigné, dans le département des Deux-Sèvres. Diplômé ingénieur à l’Institut Agronomique de Rennes, il arrive à Creully, dans le Calvados en 1912, pour diriger l’usine Salva Vita fraîchement acquise par son père. Quelques années plus tard, le 30 novembre 1919, ce jeune dirigeant d'entreprise, est élu conseiller municipal de Creully. En septembre 1921, il épouse Mlle Germaine Hurel. De leur union naîtront sept enfants, dont deux fils Pierre et Philippe qui seront responsables d’une unité de production dans cette même usine.

Edmond Paillaud fut aussi élu Maire de Creully de 1936 à 1961. Cette longue et continue mandature d'un quart de siècle, traduit le nouveau rang social acquis par les fromagers normands de l’époque, leur aisance financière, et leur forte implication dans la vie locale, eux, qui étaient souvent, les principaux et uniques pourvoyeurs d'emploi de leur commune : Edmond Paillaud proposait des logements aux ouvriers de son usine, fournissait gratuitement tous les jours du lait chaud aux élèves de l'école, et mettait même à leur disposition un terrain pour la pratique du sport. L’usine Paillaud employait de 120 à 140 salariés. Si dans un premier temps elle ne produisait que du lait concentré sucré ou non sucré, la décision sera vite prise de diversifier les produits : Transformation du lait pour la fabrication de beurre et de camemberts et des marques de fromage fort appréciées à l’époque comme «Le Trait d’Union», «La Clochette», «Normandy», «Normandia» ou «Les Deux Capucins».

LA SOCIÉTÉ SALVA-VITA : Faisons un petit retour en arrière pour parler de l’usine Salva et Vita de Creully, rachetée par Auguste Paillaud en 1912. (Il semblerait que certains membres de la famille Paillaud étaient arrivés à Creully dès 1908) : Salva & Vita fondée en 1907, appartenait à un certain Monsieur Plot. De façon très artisanale, on y fabriquait du lait concentré sucré ou non sucré sous le nom de la marque «Salva». Les boîtes étaient remplies à la maison: 48 boîtes par caisson, soit 50 litres de lait concentré. C’était la seule industrie de Creully. Le premier directeur de la société Salva serait Monsieur Fructus.

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Ces étiquettes, imprimées dans des langues diffèrentes, garnissaient les boîtes de lait concentré, produites par l'usine Edmond Paillaud de Creully. Elles montrent le rayonnement de cette petite entreprise normande, qui va inonder le monde de ses produits. "Ce lait concentré, fabriqué avec les meilleurs laits de normandie, se recommande par sa grande valeur nutritive et la finesse incomparable de son goût. Rendu plus digeste par son homogénéisation et exempt de tout germe par sa stérilisation, il est l'aliment le plus indiqué pour les nourrissons". (Images fournies par M. Jean-Pierre Barette).

L'USINE DE CREULLY DANS LES ANNÉES 1940. Nous savons que pendant la guerre, la production s’était arrêtée en mars 1944. Edmond Paillaud est emprisonné à Compiègne. Il est sauvé in extremis d’un départ pour les camps, le train qui devait transporter les prisonniers ayant été attaqué et brûlé dans la nuit par un groupe de résistants. Mais découvrons l'usine de Creully, grâce à un article de presse publié en avril 1941 :

"Ah Mesdames, voilà du bon FROMAGE Chez les continuateurs de Marie HAREL A LA LAITERIE-FROMAGERIE DE CREULLY...  Depuis que la vente en est réglementée, le fromage que gourmets, gastronomes ont toujours porté aux nues, vient encore de croître en considération. Qu'il s’appelle Livarot, Camembert ou Pont-l’Evêque, pour ne citer que les gloires locales, cet excellent produit fermenté se pare aujourd'hui d'une bien douce auréole. Le fruit défendu, déjà si attirant aux premiers âges du monde, n'a rien perdu de sa saveur. Et tel écrin de bois léger, revêtu d'une étiquette flambante annonciatrice des joies gustatives les plus hautes, suscitera bien de la convoitise chez le chaland mais davantage chez l'imprévoyant ayant, hélas ! donné des coups de ciseaux trop nerveux dans le coupon «matières grasses» du mois en cours. Le fromage! On en parle de nos jours avec la déférence nuancée de regrets qui s'affectait déjà après l'autre guerre pour feu le louis de vingt francs. Non pas qu’il se fasse aussi rare. Mais les restrictions ont appris à envelopper d’estime ce que jadis trop de bien-être nous engageait à considérer comme banalité et voici hissés sur un piédestal autour duquel se presse la cohue de millions d'adorateurs tes dieux de l'heure, les dieux nouveaux que vous nommez, café, huile, viande, moutarde.
Dans cette mythologie prosaïque, Messire Fromage vient en bonne place. De solides raisons incitent à le révérer, ne fût-ce que le rôle prépondérant que, flanqué d'un quignon, il occupe dans tout casse-croute qui se respecte. Mais à vrai dire l'époque ne semble guère opportune pour raviver toutes ces jouissances du palais. Aussi comptons-nous sur votre indulgence coutumière, lecteurs amis, pour exposer dans ces colonnes les quelques impressions que nous ont laissées une couple d'heures vécues dans l'un de nos grands laboratoires où murit le camembert, ce produit qui à travers la France gourmande, fait autant pour la réputation des Normands qu'un Malherbe ou un Corneille dans le champ littéraire. Au reste, pour cette promenade épicurienne, le choix demeurait vaste. Nous avons opté pour la fromagerie Paillaud de Creully, parce que nous possédons là-bas d'excellents amis, parce qu'aussi la cité des barons est un pays charmant, parce qu'enfin et surtout les établissements Paillaud constituent l'un des meilleurs spécimens du genre et que l'on y fabrique non seulement de riches et succulents camemberts, mais encore du lait condensé.
 

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M. Baudoin directeur et M. Vuillemin sous-directeur.                                                    M. Lucas, Chef de fabrication.

Un beau matin, nous sommes partis. Et nous avons fait retour les narines pourchassées, titillées, grisées par une odeur que d'aucuns préfèrent garder sous cloche cependant que des personnes possédant moins de pudeur olfactive - et nous en sommes ! - la recherchent avec plaisir. La senteur du camembert ! Elle parfume la cour qui s'étend à l'ombre du manoir des très chrétiens barons de Creully et si rien dans cette enceinte, sauf peut-être certaines fenêtres habillées de lin comme des garde-manger, ne parait indiquer qu'il s'agit d'une fromagerie, l'odeur elle, s'en charge! vis-à-vis de l'étranger. Car les narines des autochtones peuvent être émoussées, qui reniflent quotidiennement le camembert par séries de quatre mille et M. Marcel Lucas, souriant cicérone que voici venir, ne semble pas, autrement surpris de l'atmosphère qui nous chatouille. A tout prendre, cela se conçoit. N'est-il point le grand-maître d'une région de l'usine où l'air est moins agressif, sucré même, pourrait-on dire, les bâtiments où s'élabore le lait condensé ?

Ah il le connait son lait condensé, ce brave M. Lucas. Et l'initiation que nous sommes venus quémander ne va pas avec lui sans quelque mystère lorsque notre satanée curiosité de journaliste s'aventure trop loin dans le domaine de la technique. Certaines températures de réchauffement du lait sont tout bonnement secrets de fabrication et il faut voir comment, mieux qu'un employé modèle, en homme amoureux de son métier et sans d'ailleurs jamais perdre son sympathique sourire, M. Lucas sait éluder les questions indiscrètes. Il nous pilote.
Partis du quai où s'effectue le triage des bidons frais arrivés de la grasse campagne environnante, nous pénétrons dans des salles spacieuses et nettes comme des cliniques, mais encombrées comme une machinerie de paquebot. Et d'expliquer: « Vous avez, devant vous les filtreurs et les réchauffeurs où la température du liquide monte à 90° - si M. Lucas nous l'a dit soyez sans crainte, c'est que cela peut se répéter - puis le réfrigérateur qui la fait tomber à 12°-13°. »
Nous avançons et voici encore des réchauffeurs, puis la pièce maîtresse de tout cet outillage, l'appareil à condenser, arrondi comme le dôme de vapeur dune loco et plus fourni, plus radieux que les boutons de capote d'un bleu. C'est dans ce volumineux engin dont on lorgne les entrailles à travers une espèce de hublot, que l'opération majeure s’effectue: la condensation du blanc liquide par évaporation des parties aqueuses au moyen de serpentins. 
Comment préférez-vous le lait: condensé ? Sucré ou non ?
Dans le premier cas, un sirop l'édulcorera et assurera sa conservation, cependant que son passage dans l'autoclave à 120° le stérilisera au cas contraire.
Un appareil au curieux fonctionnement, dont M. Gabet, mécanicien émérite. revendique à juste titre la paternité, garnira ensuite chaque boîte métallique de 400 grammes de l'une ou l'autre préparation et sertira automatiquement. Etiquetage, caisses de quarante-huit boîtes et en route!
La production annuelle de la laiterie est de 60.000 caisses. Exportation: France, Algérie, Maroc.

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Nous quittons ces lieux admirables de propreté et qu'en ce moment même des ouvriers lavent à grande eau, M. Léon Leloutre nous ayant « arraché » à son collègue. . Leloutre, lui, est le « fromager », l'homme qui préside à l'éclosion, à la brève et odorante existence de milliers, de dizaines de milliers de camemberts. Dieu sait s'il en a vus, sentis, palpés, depuis que M. Paillaud l'investit, dans ces plantureuses fonctions! De quoi donner le vertige au pauvre consommateur qui, chaque semaine, pénétré dans la boutique de l'épicier ou du crémier avec le droit d'acheter 75 petits, petits grammes de « frometon ». Dans le sillage de M. Leloutre nous avons passé la revue d’une armée de camemberts qui, demain, soigneusement enveloppés de papier paraffine, puis enfouis dans leur frêle emballage de bois par des mains d'une vélocité Incroyable, iront garnir toutes les tables et galvaniser en fin de repas des appétits défaillants que du moins nous vous souhaitons ardemment comme tels.
Cette envolée hors de la fromagerie ne va pas bien entendu sans métamorphoses préalables. Et l'on peut dire que depuis les cuves de 100 litres où chauffé à 30° il est mis en présure, le lait demeure l'objet de soins assidus, d’une vigilance de chaque jour à laquelle coopère un personnel dont l'entrainement ne le cède point il la diligence. C'est dans des moules cylindriques du diamètre du futur fromage que ce lait semi-solide est épandu. A louchées successives, car la pâte s'affaisse et il faut compter deux litres de lait et même plus pour obtenir un camembert. Six heures après l'opération, le moule est renversé. Et le lendemain matin, lorsqu'il en sera extrait, notre fromage aura déjà acquis sa forme définitive. Un chariot à plateaux le montera, lui et quelques bonnes douzaines d'autres, au saloir. Entre les mains de la préposée, Il tournera rapidement, telle une petite roue blanche, et bien saupoudré de sel fin sur toute la croûte, attendra patiemment quelque quarante-huit heures qu'on veuille bien le grimper au hâloir.
Le hâloir, autrement dit le séchoir, ce sont les vastes locaux aux fenêtres tamisées de toile fine, précédemment signalés, à l’'ombre fraîche desquels Il se « fera »sur les clayons au cours d'un stage d'une trentaine de jours. Dès le douzième, il revêt cette moisissure, qui n'est autre chose qu'un champignon, prend naissance dans le laboratoire de l'usine, sous la haute direction de M. Desfleurs, chimiste distingué. Le fromage est alors retourné, débarrassé de son duvet et, après son état de fermentation est fréquemment contrôlé, Il gagne la salle d’emballage. Telle est, brièvement rapportée, la «naissance » et la «formation » d'un camembert. La documentation que nous étions venu quérir est suffisante et nous quittons la laiterie-fromagerie, ses salles de fabrication, sa cour que domine la haute cheminée dressée comme un I majuscule, son personnel affable. Non sans avoir pris congé de M. Paillaud, industriel-maire si justement épris de son Creully et sur certains projets duquel nous aurons le plaisir de revenir".

Après 1944, Edmond Paillaud sera élu Conseiller Général du Canton de Creully. Il décédera d’un arrêt cardiaque, dans les bureaux de la laiterie, le 17 août 1960. Son fils Philippe dirigera l’entreprise jusqu’en 1962, date à la quelle elle sera vendue au groupe Sapiem Préval. Depuis 1969, une place de Creully porte le nom de Monsieur Edmond Paillaud.

TORIGNI-SUR-VIRE, L'AUTRE FROMAGERIE NORMANDE DE LA FAMILLE PAILLAUD.

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Usine fondée en 1912 par la famille Paillaud, qui restera propriétaire des lieux, jusqu’au début des années 1960. EMILE DAUDON, capitaine de réserve et maire de la commune, en était le directeur depuis de nombreuses années. Étiquettes portant la mention « A. Paillaud et Cie ». Commercialisation de nombreuses marques comme « Les Deux Capucins » récompensée en 1959, d’une médaille d’argent au Concours Général Agricole de Paris, et d’une médaille d’or en 1961, le « Super Normand », la « Clochette », les « Deux Clochettes », « Super 2 Clochettes » ainsi que la marque « Le Trait d’Union », référence à la traversée de l’Atlantique par Lindberg, et des camemberts dits supérieurs comme « Le Délice des Rois », « Monte-Carlo », « Le Torigni » et bien d’autres. La fromagerie de Torigni intégrera le groupe Préval, qui sera racheté à son tour dans les années 1980, par « l’Union Laitière Normande ». Après les restructurations de l’ULN, naîtra « La Société des Fromages », à laquelle appartient l’usine de Torigni-sur-Vire »

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Laiterie de Tauxigny (Indre-et-Loire 37) Après la création en 1898, par Adrien Dubois (industriel et maire de Tauxigny) et Auguste Paillaud (forgeron) de la Société "Grandes Laiteries de Touraine Dubois-Paillaud", la laiterie de Tauxigny devient le siège social de la société nouvellement créée par les deux associés. Cependant, un incendie va détruire en 1908, la laiterie et le moulin, causant d'importants dégâts estimés à 100.000 francs de l'époque. Reprise ensuite par Rääs Frères, qui la revendront par adjudication en 1922.

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Laiterie de Villeloin-Coulangé (Indre-et-Loire 37) Usine fondée en 1900 par Auguste Paillaud et son associé Monsieur Adrien Dubois, à l’emplacement de l’ancienne Abbaye, dont les nombreux bâtiments ont été transformés à usage de laiterie. Récompensé d’une médaille d’argent au Concours Général Agricole de Paris en 1902. Dans les années 1930, Auguste Paillaud va nommer son frère Charles directeur de l’usine de Villeloin-Coulangé. Malheureusement, le 15 juin 1934, Charles Paillaud va perdre la vie dans un accident de la route. Le journal communiste l’Humanité du 16 juin 1934, rapporte les faits suivants : « Tours, 15 juin, une collision d’automobiles s’est produite hier soir à l’intersection des routes de Cormery et de Veretz, près de Tours. M. Charles Paillaud, industriel laitier à Villeloin-Coulangé (Indre-et-Loire), qui se trouvait dans l’un des deux véhicules, projeté sur la route, a été mortellement blessé. Les conducteurs des deux voitures, MM Edmond Paillaud de (Tours), et Martin de (Veretz) ont été grièvement blessés. Suite à cet événement tragique, Daniel Paillaud (le fils de Charles) va diriger la fromagerie. La Grande Laiterie de l’Abbaye de Villeloin-Coulangé produisait des beurres centrifuges et pasteurisés, un fromage Saint-Maur garanti pur chèvre, ainsi que des camemberts commercialisés sous les marques : « Les Moines » « Jeanne d’Arc » et « Mon Désir »

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Laiterie de Lucay-le-Mâle (Indre-36) Laiterie fondée en 1907, par M. Auguste Paillaud. Quand après plus d'un demi siècle d'activité, vers 1962, le groupe Préval rachétera les usines de Creully et de Torigni-sur-Vire, il se retrouvera propriétaire aussi de la petite fromagerie de Luçay-le-Mâle, dans l'Indre, qui fabriquait des fromages de chèvre et du camembert. Perrier, devenu le principal actionnaire du Groupe Préval, décide de se séparer de cette usine excentrée par rapport à celles de Normandie et de Bretagne. L'usine sera cédée à une coopérative toute proche, mais la vente sera annulée pour cause de manque de lait, les fournisseurs n'acceptant pas de devenir des coopérateurs, vendront leur lait à un industriel laitier voisin, si bien que la vente de la laiterie dépourvue de son approvisionnement en lait, dût être annulée.

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 18/08/2017

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