Contes, Fables et Légendes : Le Chaperon Rouge, l'Oiseau Bleu et Le Loup et les Sept Chevreaux.

Chaperonred

La version la plus ancienne du Petit Chaperon Rouge, est celle de Charles Perrault, parue dans "Les Contes de ma Mère l'Oye" en 1697. L'héroïne est une jeune fille bien élevée, la plus jolie du village, qui rencontre le loup sur son chemin dans la forêt, elle lui donne sans se méfier, des renseignements sur l'endroit où habite sa grand-mère. Le loup trouve rapidement la maison, dévore la grand-mère et prend sa place dans le lit. Arrivée chez sa grand-mère, la fillette est dévorée à son tour. La fin est malheureuse avec la victoire du méchant, et moralisatrice à souhait...

Lechaperon-11 Lechaperon-012 Lechaperon-013 Lechaperon-014

Lechaperon-015 Lechaperon-016 Lechaperon-017 Lechaperon 018

En 1812, les frères Grimm, dans "Contes des Enfants et du Foyer" rapportent une version différente, dans laquelle la fillette et sa grand-mère sont sauvées par un chasseur qui suivait la piste du loup. L'histoire va évoluer, et la version la plus connue est celle de l'édition de 1857, qui raconte l'histoire d'une petite fille, qui doit parcourir un chemin à travers la forêt, pour se rendre chez sa grand-mère et lui remettre une galette, ainsi qu'une bouteille de vin. Elle rencontre le loup qui va la piéger, elle sera dévorée ainsi que sa grand-mère, mais un chasseur va les sauver et les sortir indemnes en ouvrant le ventre du loup. On comprend mieux l'origine de la peur engendrée par les loups à travers les siècles en relisant ce conte...

Lechaperon-019 Lechaperon-020 Lechaperon-022 Lechaperon-021        

Chaprouge-01 Chaprouge-02 Chaprouge-03 Correze-18nv

Chaperonloup-01 Chaperonloup-02 Chaperonloup-03 Chaperonloup-05                                       

rougette-1.jpg Rougette-2 Chapelorin-01 Chapelorin-04 

POURQUOI GÂCHER NOTRE PLAISIR ? En recherchant un commentaire assez original pour commenter les images ci-dessus, j'ai repéré un livre intitulé "Psychanalyse des Contes de Fées", par Bruno Bettleheim. Selon l'auteur, le petit chaperon rouge serait le symbole de la jeune fille aux portes de la puberté, le choix de la couleur rouge étant liée au cycle menstruel, le loup serait la figure du prédateur sexuel. Et dire que pendant trois siècles des générations entières de parents lisaient ce conte aux enfants sans rien y comprendre ? un grand merci à la psychanalyse...


Oiseau-bleu-299

oiseau-bleu-01-1.jpg oiseau-bleu-03.jpg oiseau-bleu-02-1.jpg oiseau-bleu-04.jpg

oiseau-bleu-05.jpg oiseau-bleu-06.jpg oiseau-bleu-07.jpg oiseau-bleu-08.jpg

L'OISEAU BLEU : La princesse Florine et le roi Charmant s'adorent. Cependant, Florine a pour belle-mère une terrible reine, et celle-ci est affligée de son horrible fille Truitonne qu'elle voudrait marier au beau prince, d'où les plus cruelles persécutions entre les deux amants : La marraine de Truitonne la fée Soussio, va métamorphoser le prince en Oiseau Bleu pendant sept ans et Florine sera enfermée dans une tour du palais afin de la priver de tout contact avec le prince. Mais, grâce à la protection d'une bonne fée et d'un enchanteur, Charmant retrouvera sa forme première et épousera Florine. La reine sera lapidée et Truitonne sera métamorphosée en truie. C'est suite au succès des Contes de ma mère l'Oye de Charles Perrault en 1697, que Marie-Catherine d'Aulnoy, fit paraître les 4 volumes de les Contes des Fées, suivis des Contes nouveaux ou les Fées à la mode, parus en 1697 et 1698 qui lui valent la célébrité, et comptent parmi les plus authentiques chefs-d'œuvre de la littérature féerique. L'Œuvre littéraire de la comtesse est souvent comparée à celle de Jean de La Fontaine pour sa critique masquée de la cour et de la société française du XVIIème siècle.

Bleu-oiseau-3 bleu-oiseau-2.jpg Bleu-oiseau-1                                                                                       

ggf-01-1.jpg Ggf-02 Ggf-02a Ggf 02b Ggf-03

somme-14.jpg Oisobleu-some-2 Oisobleu-some-3


Le loup et les 7 chevreaux

L'auteur de cette belle image non signée, ce pur-chèvre de la Laiterie Coopérative de la Mothe St-Héray (Deux-Sèvres), s'est inspiré d'un autre conte des frères Grimm "Le loup et les sept chevreaux". L'histoire est détournée, même si les personnages sont les mêmes : Le loup après s'être servi dans un panier de fromages, va préférer le goût du fromage à celui de la viande des biquets "Puisque j'ai ce fromage, au diable les biquets" dit-il. On retrouve aussi sur l'image le puits où le loup assoiffé va se rendre pour boire et où il va se noyer, et les biquets qui dansent de joie... Commenter ce genre d'images, c'est faire un retour sur notre enfance. Nous n'avons plus le temps de lire, encore moins un conte pour enfants et pourtant il y'a tellement de choses à apprendre et de leçons à tirer d'un conte pour enfants :

Il était une fois une vieille chèvre qui avait sept chevreaux et les aimait comme chaque mère aime ses enfants. Un jour, elle voulut aller dans la forêt pour rapporter quelque chose à manger, elle les rassembla tous les sept et leur dit: «Je dois aller dans la forêt, mes chers enfants. Faites attention au loup! S'il arrivait à rentrer dans la maison, il vous mangerait tout crus. Ce bandit sait jouer la comédie, mais il a une voix rauque et des pattes noires, c'est ainsi que vous le reconnaîtrez.» - «Ne t'inquiète pas, maman,» répondirent les chevreaux, «nous ferons attention. Tu peux t'en aller sans crainte.» La vieille chèvre bêla de satisfaction et s'en alla. Peu de temps après, quelqu'un frappa à la porte en criant: «Ouvrez la porte, mes chers enfants, votre mère est là et vous a apporté quelque chose.» Mais les chevreaux reconnurent le loup à sa voix rude. «Nous ne t'ouvrirons pas,» crièrent- ils. «Tu n'es pas notre maman. Notre maman a une voix douce et agréable et ta voix est rauque. Tu es un loup!» Le loup partit chez le marchand et y acheta un grand morceau de craie. Il mangea la craie et sa voix devint plus douce. Il revint ensuite vers la petite maison, frappa et appela à nouveau: «Ouvrez la porte, mes chers enfants, votre maman est de retour et vous a apporté pour chacun un petit quelque chose.» Mais tout en parlant il posa sa patte noire sur la fenêtre; les chevreaux l'aperçurent et crièrent: «Nous ne t'ouvrirons pas! Notre maman n'a pas les pattes noires comme toi. Tu es un loup!» Et le loup courut chez le boulanger et dit: «Je me suis blessé à la patte, enduis-la-moi avec de la pâte.» Le boulanger lui enduisit la patte et le loup courut encore chez le meunier. «Verse de la farine blanche sur ma patte!» commanda-t-il. Le loup veut duper quelqu'un, pensa le meunier, et il fit des manières. Mais le loup dit: «Si tu ne le fais pas, je te mangerai.» Le meunier eut peur et blanchit sa patte. Eh oui, les gens sont ainsi!

St-heray-05 Pour la troisième fois le loup arriva à la porte de la petite maison, frappa et cria: «Ouvrez la porte, mes chers petits, maman est de retour de la forêt et vous a apporté quelque chose.» - «Montre-nous ta patte d'abord,» crièrent les chevreaux, «que nous sachions si tu es vraiment notre maman.» Le loup posa sa patte sur le rebord de la fenêtre, et lorsque les chevreaux virent qu'elle était blanche, ils crurent tout ce qu'il avait dit et ouvrirent la porte. Mais c'est un loup qui entra. Les chevreaux prirent peur et voulurent se cacher. L'un sauta sous la table, un autre dans le lit, le troisième dans le poêle, le quatrième dans la cuisine, le cinquième s'enferma dans l'armoire, le sixième se cacha sous le lavabo et le septième dans la pendule. Mais le loup les trouva et ne traîna pas: il avala les chevreaux, l'un après l'autre. Le seul qu'il ne trouva pas était celui caché dans la pendule. Lorsque le loup fut rassasié, il se retira, se coucha sur le pré vert et s'endormit. Peu de temps après, la vieille chèvre revint de la forêt. Ah, quel triste spectacle l'attendait à la maison! La porte grande ouverte, la table, les chaises, les bancs renversés, le lavabo avait volé en éclats, la couverture et les oreillers du lit traînaient par terre. Elle chercha ses petits, mais en vain. Elle les appela par leur nom, l'un après l'autre, mais aucun ne répondit. C'est seulement lorsqu'elle prononça le nom du plus jeune qu'une petite voix fluette se fit entendre: «Je suis là, maman, dans la pendule!» Elle l'aida à en sortir et le chevreau lui raconta que le loup était venu et qu'il avait mangé tous les autres chevreaux. Imaginez combien la vieille chèvre pleura ses petits!

 700px-dbp-1963-408-wohlfahrt-wolf-und-geisslein.jpg 700px-dbp-1963-409-wohlfahrt-wolf-und-geisslein-1.jpg 700px-dbp-1963-410-wohlfahrt-wolf-und-geisslein.jpg 120px-dbp-1963-411-wohlfahrt-wolf-und-geisslein.jpg

Sans être philatéliste dans l'âme, je reconnais que cette belle série  de 4 timbres, émise par la Bundespost en 1963, illustre sobrement et parfaitement le conte des frères Grimm : En partant de la gauche 1/La chèvre quitte la maison. 2/Le loup montre patte blanche 3/Les chevreaux se cachent.  4/Les chevreaux sont sauvés, et le loup tombe dans le puits.

Toute malheureuse, elle sortit de la petite maison et le chevreau courut derrière elle. Dans le pré, le loup était couché sous l'arbre et ronflait à en faire trembler les branches. La chèvre le regarda de près et observa que quelque chose bougeait et grouillait dans son gros ventre. Mon Dieu, pensa-t-elle, et si mes pauvres petits que le loup a mangés au dîner, étaient encore en vie? Le chevreau dut repartir à la maison pour rapporter des ciseaux, une aiguille et du fil. La chèvre cisailla le ventre du monstre, et aussitôt le premier chevreau sortit la tête; elle continua et les six chevreaux en sortirent, l'un après l'autre, tous sains et saufs, car, dans sa hâte, le loup glouton les avaient avalés tout entiers. Quel bonheur! Les chevreaux se blottirent contre leur chère maman, puis gambadèrent comme le tailleur à ses noces. Mais la vieille chèvre dit: «Allez, les enfants, apportez des pierres, aussi grosses que possible, nous les fourrerons dans le ventre de cette vilaine bête tant qu'elle est encore couchée et endormie.» Et les sept chevreaux roulèrent les pierres et en farcirent le ventre du loup jusqu'à ce qu'il soit plein. La vieille chèvre le recousit vite, de sorte que le loup ne s'aperçut de rien et ne bougea même pas.

Quand il se réveilla enfin, il se leva, et comme les pierres lui pesaient dans l'estomac, il eut très soif. Il voulut aller au puits pour boire, mais comme il se balançait en marchant, les pierres dans son ventre grondaient. Il appelait là:

«Cela grogne, cela gronde,
mon ventre tonne!
J'ai avalé sept chevreaux,
n'était-ce rien qu'une illusion?
Et de lourdes grosses pierres
les remplacèrent.»
Il alla jusqu'au puits, se pencha et but. Les lourdes pierres le tirèrent sous l'eau et le loup se noya lamentablement. Les sept chevreaux accoururent alors et se mirent à crier: «Le loup est mort, c'en est fini de lui!» et ils se mirent à danser autour du puits et la vieille chèvre dansa avec eux.

"Le loup et les sept chevreaux" par les frères Grimm.

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 03/06/2017

Licence Creative Commons
Camembert Museum de Serge Schéhadé est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transposé.
Basé(e) sur une oeuvre à www.camembert-museum.com.