Abavent Louis (Acqueville 14)

Acqueville-14 vue générale

FROMAGERIE LOUIS ABAVENT [ACQUEVILLE 14] [COMMUNE NOUVELLE DE CESNY-LES-SOURCES DEPUIS 2019]

La famille Abavent est présente dans les registres historiques et généalogiques d'Acqueville (Calvados) depuis plusieurs générations. La Ferme de la Tourelle, était la propriété de M. Louis Abavent, agriculteur né en 1892. Elevage reconnu de veaux, agneaux, et porcs. Fabrication de camembert.

Au recensement de 1926, Louis Abavent vit avec son épouse, ses trois filles Madeleine (5ans), Thérèse (4 ans) et Yvonne (3 ans). Il est cultivateur et emploie trois personnes dans sa ferme dont M. Corbin, M. Voisin & M. Denis. Au recensement de 1931, on constate que le couple a donné naissance à Pierrre (né en 1926) et Roger (né en 1927) et qu’il emploie 5 domestiques agricoles. Les domestiques qui figuraient dans le recensement précédent n’y figurent plus. En 1936, tout le personnel agricole a encore changé. Le nombre d’ouvriers est le même, mais M. Abavent emploie un couple de polonais.

On peut dire sans se tromper en se basant uniquement sur le nombre de faits divers locaux répertoriés et souvent publiés par Ouest-France, que Louis Abavent était un homme de caractère, et qu’il ne vivait peut-être pas en bonne entente que ce soit avec ses voisins ou ses domestiques et que certains actes de vandalisme comme l’empoisonnement de ses porcs (lire plus bas), ressemblent à des actes de vengeance. Des faits divers nous en avons beaucoup à vous raconter comme en 1924, quand Louis Abavent va porter plainte contre son facteur, M. Pierre Le Coz pour violences, ce dernier va nier les faits. Quelques années plus tard, en 1930, Mme Rohée, ménagère à Ussy. va porter plainte contre M. Louis Abavent, propriétaire-cultivateur à Acqueville. Celui-ci refusant de rendre divers objets appartenant à Mlle Rohée qui était domestique chez lui. Il conserve même la bicyclette de la jeune fille et demande pour restituer ces objets que Mlle Rohée lui verse 140 francs. Mais celle-ci prétend ne rien lui devoir, ainsi que sa fille, et que c'est M. Abavent au contraire, qui est redevable à sa fille de 28 fr. 25 pour cinq journées de travail non soldées. Juillet 1937, on peut lire dans l’Ouest-Eclair : À Acqueville les cultivateurs Louis Abavent et Victor Menant sont voisins mais non amis. Chaque famille se plaint d’avoir été victime de violences de la part de l’autre. Le 21 septembre 1928, M. Abavent envoie deux de ses domestiques chercher quatre chevaux en liberté dans un herbage. Au retour, un des domestiques va signaler à Louis Abavent qu’un cheval était blessé. M Catel, vétérinaire à Cesny-Bois-Halbout, constate alors que l'animal portait au flanc une blessure faite avec un instrument tranchant et ayant entraîné une péritonite la pauvre bête mourut le jour même. M. Abavent, estime son préjudice à 6.000 francs, et porte plainte. Au cours de leur enquête, les gendarmes apprirent que c'était un domestique au service du cultivateur, le nommé Vigot Georges, 27 ans, qui avait blessé le cheval. Vigot reconnut qu'il coupait une ficelle avec son couteau lorsque le cheval, incommodé par les mouches, se mit à frapper du pied. Vigot lui porta un coup de couteau au ventre pour, dit-il, le piquer un peu et qu'il reste tranquille. Il dit regretter son geste brutal. Vigot a été arrêté pour destruction d'animal domestique. Conduit à Caen, il a subi un interrogatoire et fut remis en liberté provisoire.

C’est à la fin des années 1920, avec le lait de sa ferme, que Louis Abavent souhaite se lancer dans la fabrication de fromages, une activité rémunératrice. C’est ainsi que le 31 octobre 1929 on trouve cette annonce dans l’Ouest-Eclair. M. Abavent Louis, propriétaire à Acqueville, (calvados) demande une femme sérieuse avec bonnes références connaissant bien la fabrication du camembert. Place stable. On ignore s’il a trouvé quelqu’un ou s’il a appris la fabrication de camembert sur le tas.

Abavent-01nv Acqueville Abavent-02nv Acqueville

Les années 1930 ne sont pas plus sereines chez les Abavent. Il va même se produire un drame en décembre 1936 : « Un soir Louis Abavent alors adjoint au maire d'Acqueville, revenait de Caen au volant de sa voiture automobile lorsque, tout à coup, il aperçut une ombre sur la route devant le capot de son véhicule et au même moment, ressentit un choc assez prononcé. M. Abavent s'arrêta aussitôt et descendit de voiture. Il se rendit compte alors qu'il venait de heurter un cycliste et que celui-ci gisait, inanimé sur le sol. Immédiatement, les gendarmes de Bretteville-sur-Laize et le docteur Galmot, également de Bretteville, furent alertés et vinrent sur place. Devant la gravité des blessures du cycliste fracture du crâne le docteur Galmot assura lui-même son transport à l'hôpital de Caen où il est toujours dans le coma. Son état est considéré comme désespéré Il s'agit d'un mineur (travaillant dans la mine) demeurant à Gouvix, de nationalité Tchécoslovaque, Joseph Seveik, âgé de 38 ans célibataire. Ce sont les gendarmes Lemoine et Laratte de Bretteville-sur-Laize qui ont procédé aux constatations et ont entendu l'auteur de l'accident. L'absence de témoins et l'impossibilité dans laquelle on se trouve d'entendre la victime rendent l'enquête assez difficile ».

Un acte de malveillance survenu en janvier 1938 : « A proximité immédiate de la maison de ferme, M. Louis Abavent, agriculteur, lieudit « Les Tourelles », possède une porcherie dans laquelle se trouvaient sept animaux. A une quarantaine de mètres de la maison se trouve installée une chaudière dans laquelle les aliments destinés aux hôtes de la porcherie sont cuits. A noter qu'il est facile d'accéder à cette chaudière en traversant un herbage dont l'entrée se trouve à proximité. L'autre matin, en allant soigner les porcs, le fils Abavent constata que cinq d'entre eux étaient morts. M Prodhomme, vétérinaire à Cesny-Bois-Halbout fut appelé. Il ouvrit les victimes et préleva des restes d’aliments qui furent envoyés à Caen aux laboratoires Danjou ainsi que d'autres restes prélevés dans la chaudière installée en plein air. L'analyse décela des empoisonnements par la strychnine, mélangée aux produits servant à la nourriture des porcs, mélange qui avait été effectué dans la chaudière. L'on recherche l'auteur de cet acte odieux, qui cause un préjudice de 3 000 francs à M. Abavent ».

En juillet 1938, M. Abavent cherchait un couple de vachers pour s’occuper d’environ 25 vaches et soigner le bétail de sa ferme. En septembre de la même année, le cultivateur, porte plainte contre inconnu pour dégâts causés la nuit à sa tente de magasin, situé 30 rue Graindorge à Caen.

En mars 1939, le ministre de l’Intérieur dissous le conseil municipal d’Acqueville. Les électeurs de la commune sont appelés le dimanche à nommer de nouveaux conseillers municipaux : Electeurs inscrits 37, votants 33, Louis Abavent est élu maire de sa commune avec 27 voix. Son mandat de maire se terminant en 1942. Mais avec M. Abavent les choses ne sont pas toujours faciles : Par arrêté des 11 et 13 septembre 1941, Louis Abavent est suspendu de ses fonctions de maire et de conseiller municipal, pour infraction à la réglementation sur le ravitaillement, car, requis de livrer un bœuf à la Commission de réception de ravitaillement n° 11, il refusa d'obtempérer à cette réquisition. Coût : 1.000 frs d'amende et suspension de ses fonctions de maire. 

Enfin du positif pour rappeler que Louis Abavent est reconnu selon les archives du Service Historique de la Défense comme résistant, (maquis de Saint-Clair, Forces Françaises de l’Intérieur FFI). M. Abavent décédera en 1971.

Serge Schéhadé [Camembert-Museum le 16-10-2026 première publication]

Date de dernière mise à jour : 16/10/2026