Laiterie Fromagerie de Parigny, Ets Louis Trougnou, La Varennes-Sur-Fouzon (Indre 36)

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LAITERIE DE PARIGNY ET DE LA VALLÉE DU FOUZON. [VARENNES-SUR-FOUZON 36B]

Le Moulin de Parigny appartenait jusqu’en 1901 au Duc de Valencay. Après sa vente avec son « mécanisme faisant, de blé farine », il ne servit plus en tant que moulin. C’est ainsi qu’il fut transformé en une laiterie par un professionnel laitier dénommé Trougnou Louis, originaire de Sainte-Maure en Touraine. La société prit le nom de son propriétaire, elle était alors connue sous le nom de "Établissements Trougnou".
À partir de 1905, Monsieur Trougnou commence à organiser le ramassage du lait et se lance dans la fabrication de beurres et fromages. Les installations comprenaient déjà une machine à vapeur. Mais, en ce début du 20ème siècle, on refroidissait encore la crème dans l’eau d’une source et les fromages étaient affinés dans un souterrain.
À la fin de la Grande Guerre (1914-1918), Louis Trougnoux a la chance de retourner chez lui indemne, Il est cité à cinq reprises pour des actes de bravoure. il rachète le Chalet de la Borde, qui avait été habité par une comtesse anglaise, et y installe son usine.

En 1927, à la lecture d’un document intitulé Recueil des Arrêts du Conseil d’État, on découvre que la fromagerie Trougnou-Arceau et Cie, conteste une décision de la Commission supérieure des Bénéfices de Guerre : VU LA REQUÊTE présentée par le sieur Blein, demeurant à Tours, rue Ledru-Rollin, 3, au nom du sieur Trougnou-Arceau, demeurant à Tours, rue du Général-Faidherbe, 25,... tendant à ce qu'il plaise au Conseil annuler pour excès de pouvoir une décision, du 19 novembre 1925, par laquelle la commission supérieure des bénéfices de guerre a fixé les bases d'imposition de cet assujetti à la contribution extraordinaire pour les six périodes d'imposition ;

VU LA LOI DU 1er JUILLET 1916; Sur le bénéfice normal : — Considère qu'il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que la commission du 1er degré a évalué le béné- fice normal en appliquant aux quantités de lait traitées le coefficient constaté dans les entreprises similaires de la région, c'est-à-dire les lai- teries comportant une porcherie annexe; qu'ainsi le moyen tiré de ce que les résultats de l'exploitation de la porcherie annexe de la laiterie du requérant auraient été omis pour la détermination du bénéfice nor- mal manque en fait et que, par suite, en confirmant l'évaluation de la commission du 1" degré par le motif que le sieur Trougnou-Arceau ne justifiait pas des bénéfices qu'il prétendait avoir retirés de l'élevage des porcs, la commission supérieure n'a pas méconnu les règles édictées par la loi du ler juillet 1916 pour l'assiette de la contribution extraordinaire ; Sur le bénéfice net : — Considère que la commission supérieure a jugé que les bénéfices des quatre premières périodes ne pouvaient être déterminés sur d'autres bases que celles tirées de la déclaration même du requérant dont ce dernier n'avait pas infirmé ultérieurement les constatations et que le sieur Trougnou-Arceau n'avait pas établi que la commission du ler degré eût fait une évaluation inexacte des bénéfices afférents aux deux dernières périodes pour lesquelles il avait été taxé d'office; qu'ainsi elle s'est livrée à une appréciation souveraine des cir- constances de l'affaire qui n'est pas susceptible d'être déférée au conseil d'Etat par la voie du recours pour excès de pouvoir;... (Rejet).

Quelques années plus tard, les Établissements Trougnou seront repris par les « Fermiers Réunis », qui exploitaient déjà de nombreuses laiteries. Après Monsieur Trougnou, c’est la famille Hardy, qui était propriétaire des locaux, qui va continuer à faire tourner la laiterie de Parigny, sous la direction de son gendre Monsieur Rochet. A.

Varennes-100 (St-christophe) Varennes-105 (Chalet Borde)

LES DEUX ÉTABLISSEMENTS AVAIENT DES TOURNÉES DE RAMASSAGE, PASTEURISAIENT LE LAIT ET L’EXPÉDIAIENT EN BIDONS PAR LE TRAIN. LES PARISIENS POUVAIENT AINSI BOIRE LE LAIT 36 HEURES SEULEMENT APRÈS LA TRAITE.LES DEUX SOCIÉTÉS DÉCIDÈRENT DE FUSIONNER EN UNE SOCIÉTÉ DONT LES PRINCIPAUX ACTIONNAIRES ÉTAIENT, AVEC LA FAMILLE HARDY-ROCHET, MONSIEUR MAC CLELLAN, UN ANCIEN SOLDAT AMÉRICAIN RESTÉ EN FRANCE. APRÈS LA FUSION, LES INSTALLATIONS DE PARIGNY FURENT ABANDONNÉES, CELLES DU CHATEAU DE LA BORDE AGRANDIES ET MODERNISÉES SOUS LA SUPERVISION DE MR ROYER. DÉJÀ, AVANT LA GUERRE 1939-1940, LA SOCIÉTÉ LAITIÈRE DE PARIGNY ET DE LA VALLÉE DU FOUZON, AVAIT ACQUIS UNE BONNE RÉPUTATION, ET EXPÉDIAIT SES BEURRES ET FROMAGES DANS TOUTE LA FRANCE AINSI QU’À L’ETRANGER. L’USINE EMPLOYAIT UNE VINGTAINE DE PERSONNES, HOMMES ET FEMMES ET ÉTAIT IMPORTANTE POUR LA POPULATION LOCALE.

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LES NOMBREUSES RÉCOMPENSES :

Médaille d’Or pour son Beurre extra fin, Paris : 1936 / Médailles d’Argent pour son Beurre extra fin, Paris : 1934,1935 / Médaille d’Or pour sa Pyramide cru 45 %, Paris : 1974 / Médaille d’Argent pour sa Pyramide cru 45 %, Paris : 1977 / Médailles d’Argent pour son Sainte Maure cru 45 %, Paris : 1974,1975,1977 / Médaille de Bronze pour son Sainte Maure cru 45 %, Paris : 1977 / Médailles d’Or pour son Valençay cru 45 %, Paris : 1968,1969 / Médailles d’Argent pour son Valençay cru 45 %, Paris : 1965,1967,1977 / Médailles d’Or pour son Chabris cru 45 %, Paris : 1968,1969 / Médailles de Bronze pour son Chabris cru 45 %, Paris : 1965,1970 / Médaille d’Or pour son Crottin de Chavignol cru 45 %, Paris : 1977 / Médailles de Bronze pour son Crottin de Chavignol cru 45 %, Paris : 1969,1971 / Médaille d’Or pour son Selles Sur Cher cru 45 %, Paris : 1977 / Médaille d’Argent pour son Selles Sur Cher cru 45 %, Paris : 1982 / Médaille d’Or pour son Carré pasteurisé 40 %, Paris : 1976 / Médaille de Bronze pour son Carré pasteurisé 40 %, Paris : 1979 / Médaille d’Argent pour son Camembert pasteurisé 40 %, Paris : 1977 / Médaille de Bronze pour son Camembert pasteurisé 40 %, Paris : 1979 / Médaille de Bronze pour son Coulommiers pasteurisé 40 %, Paris : 1978,

LES ANNÉES 1960-1970 FUSIONS, ACQUISITIONS ET NOUVEAU MÉTIER :

En 1961, la Laiterie de Parigny va prendre le contrôle de la laiterie de Gracay dans le Cher, puis en 1963/64 elle va fusionner avec la laiterie Gautier-Espaillat à Poulaine, la nouvelle société issue de ce rapprochement prendra le nom de « Laiteries de Parigny-Espaillat Réunies ».
Vers 1970, la Société Laitière Coopérative de la Vallée du Nahon (S.L.C.V.N.) rachète les Laiteries de Parigny-Espaillat Réunies ». Mais ces mouvements ne s’arrêteront pas de sitôt et, quelques années plus tard, à la faillite de la S.L.C.V.N. en 1979, la Laiterie de Parigny est rachetée par la famille de Monsieur Roger Vasseneix, propriétaire de la Laiterie de Saint-Denis de l’Hôtel (45), et devient alors la Laiterie de Varennes. L’activité se limite depuis à l’emballage Tetra-Pack lait et jus de fruits, elle emploie 60/70 personnes.

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PS/ Varennes est devenue Varennes-sur­-Fouzon, depuis le décret du 7 Janvier 1921 signé par Alexandre MILLERAND

Serge Schéhadé & Guy Marsault [Camembert-Museum] [2004]

 

 

Date de dernière mise à jour : 07/04/2020