Fabricants du Pays d'Auge II

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Albert Courtonne  (Saint-Germain-de-Montgommery, Calvados)

En 1884, Albert Courtonne, habitant Vimoutiers (Orne) commence à fabriquer des fromages, à la ferme de La Tour qu'il exploite à Saint-Germain-de-Montgommery, dans le calvados. Vers 1910, Emile et Georges Courtonne, deux de ses fils, s'associent pour reprendre l'exploitation et la fromagerie. Malheuresement, Georges est tué pendant la guerre. Adrienne, l'épouse d'Emile, assure la relève. Le troisième fils, Henri, revient de la guerre diminué mais fabrique des camemberts, sous la marque ''Le Vainqueur'', jusqu'à son décès en 1922.

Emile et son épouse, née Adrienne Houlette poursuivent donc seuls la fabrication, soit environ 1 000 camemberts par jour. Ce couple a six enfants, dont trois resteront  dans la profession : Albert, Maurice et Daniel. La demande, surtout pour le camembert '' Royal Montgommery'' est exponentielle . Emile Courtonne rachète à la famille Lainey, également fromager, en 1922, le Domaine d'Hectot à Camembert et crée l'étiquette savoureuse ''Camembert de Camembert'' puis Coutonne's-Camembert'' pour les exportations outre-Manche. Il vend aussi cidre et calvados. Aprés la seconde guerre mondiale, leur fils Daniel Courtonne (1913-2007) et sa femme, Simone, reprennent le flambeau et continuent de fabriquer des camemberts jusque dans les années 1980. Leur camembert aura même l'honneur de figurer sur la table de l'Elysée. Daniel est fait Chevalier du Mérite Agricole, une médaille descernée par Pierre Androuet, le grand maitre fromager.

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Sur sa Ferme de la Heurtaudière, à Vimoutiers, Albert Courtonne l'exploite durant sa vie avec son épouse. Cette ferme laitière et cidricole, produisait également de la viande. Pendant la guerre de 1914-18, A. Courtonne fournit aux armées, viande et calvados lequel constitue une part des fameux ''monte-en-ligne'' des Poilus au front. A. Courtonne laisse sa ferme à un de ses petit-fils, également prénommé  Albert et qui se marie avec Marthe Grandière, en 1935. Le couple Courtonne-Grandière fait bâtir une fromagerie de camemberts qui atteint vite la production de 300 à 500 unités journalières, lesquelles sont expédiées sur Paris et en Belgique. En 1958, les Courtonne-Grandière cessent leur activité.

Maurice Courtonne fabrique des camemberts sur le Domaine d'Hectot de 1970 à 1981, date à laquelle il revend sa marque à Nadia et François Durand mais les camemberts sont fabriqués sur la Ferme de la Héronnière tout  en reprenant l'effigie de Marie Harel. C'est la seule fromagerie produisant des camemberts fermiers au lait cru en A.O.C. (A.O.P.) et que vous pouvez visiter.


Gouyet fils chaumontGouyer Pierre Désiré fils  (Chaumont, Orne)

Pierre Désiré Gouyer, né en en 1851, fils de Pierre Désiré et de Marie Allais se marie en 1873 avec Mathilde Blondel. Lors de son mariage, Pierre Désiré est déclaré cloutier. Le couple a Marie Louise en 1877. Difficile de dire en quelle année Pierre-Désiré se met à fabriquer des camemberts. Apprend t-il le métier chez Quiquemelle, fromager à Chaumont ? On peut cependant noter qu'il obtient une médaille d'argent au concours général de Paris en 1898. La fabrication a dû cesser vers les années 1905.

 


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Fromagerie Arsène BOUTIGNY  (Les Champeaux, Orne)

Pierre Arsène Boutigny, né en 1842 à Vimoutiers, fait construire sa fromagerie en 1894, comme l'atteste une inscription sur une des pierres du hâloir, au hameau de Verneuillet. Il fabrique des camemberts avec l'aide de son épouse, née Augustine Delalande. Le couple a Louise en 1877, Louis en 1880 puis Abel en 1883 et Estelle en 1889. l est bien précisé, sur l'étiquette, les Champeaux près Camembert  (Orne). Arsène produit, également, sur sa ferme d'une quarantaine d'hectares, du cidre et de l'eau de vie de pomme, appelé calvados. En 1911, outre ses trois enfants, il y avait, également deux employés. Toutes productions doivent cesser à l'aube de la grande guerre.

Michel Lebec le 19 mai 2015 (Camembert-Museum, le28/07/2015)

 


Quiquemelle LouisFROMAGERIE QUIQUEMELLE LOUIS JACQUES ALPHONSE.  [CHAUMONT, ORNE 61]

Louis Jacques Alphonse Quiquemelle, né  à Saint-Evroult-Notre-Dame-du-Bois (Orne) le 14 septembre 1812 et décédé le 28 avril 1898 à Chaumont (Orne). Il fut longtemps maire de cette commune. Il eu un fils, Ernest-Edmond en 1838 qui se maria en 1866 avec Victorine Blot. De cette union naquirent, en 1867, Désirée et Léontine en 1872. Léontine pris pour époux Jean Garnier.
Lors de son inhumation, deux discours furent prononcés sur sa tombe, le premier par M. Gouyer, Maire et le second par M. Anger, de Gacé, ami de la famille. En voici un court extrait:

"De concert avec son frère Alfred, il fonda, en 1838, la Poterie de Chaumont, la seule qui existe encore dans le pays et dont les produits sont livrés aux négociants de la contrée dans un rayon de 50 kilomètres.
Le défrichement de ses bois, bruyères et de terrains incultes, transformés par ses soins, en belles prairies déterminèrent Alphonse Quiquemelle à fonder en 1856 une fromagerie de camemberts.
Grâce à sa louyauté commerciale et à la qualité de ses produits, sa nouvelle entreprise eut un plein succés. C'est ainsi que la marque ''Quiquemelle de Chaumont'' est justement appréciée et expédiée en grandes quantités à Paris, dans 55 départements français, en Algérie et jusqu'en Tunisie.
Il laisse à son fils, à sa bru et à ses petits enfants une belle tradition de famille et une ligne dont ils ne se départiront pas"

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Cette fromagerie, crée en 1856, la situe donc, certainement, parmi les plus anciennes du Pays d'Auge !
Il n'est pas impossible que François Costard ait appris la fabrication de camembert chez Louis Quiquemelle, mais ?
Son petit-fils, Léon Garnier, reprendra l'affaire pendant quelques dizaines d'années.
Sur l'étiquette ci-contre on peut lire: ''Gendre et seul successeur de A. Quiquemelle'', pourquoi cette mention ?
y avait-il une certaine animosité envers M. Gouyer ?

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Article réalisé avec le concours de Mme Georges Serey, arrière petite fille de Louis Quiquemelle.
MICHEL LEBEC [le 20 novembre 2014] &  [Camembert-Museum, le 19 juillet 2015]


Ponteveque 320Fromagerie LEPETOUKHA  [Saint-Pierre-des-Ifs,  Calvados]

Venant d'Ukraine, M. Lepetoukha arrive en France dans les années 1925. Quelques annèes plus tard il se marie avec une Française puis en 1937 prend une ferme en normandie, à Saint-Pierre-des-Ifs. Aprés la guerre, Mme Lepetoukha apprend la fabrication du Pont-l'évêque chez Madame Vasse, fromagère,  habitant cette même commune.

Quelques temps plus tard, elle fabriquera à son compte ce qui lui vaudra tois médailles d'argent au Concours Général de Paris en 1953/54/55. Preuve d'une qualité constante ! Les pont-l'évêque fermiers sont fabriqués à partir du lait de la trentaine de vaches qui sont sur la ferme. La production est vendue sur Lisieux et chez Androuet, à Paris, que Mr. Lepetoukha connait trés bien. La fabrication arrête au début des années 1960. Autre anecdocte, Mme Legendre, fromagère à Saint-Michel-de-Livet, s'approvisionne en laîche, sur la ferme Lepetoukha, pour entourer ses livarots.

Article réalisé avec le concours de la fille de M. Lepetoukha


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Fromagerie FOLLIN Louis Désiré  (Sassy, Calvados).

Sassy est à une petite dizaine de kilomètres de Grisy, sur la droite, en allant vers Falaise. C'est à la fin des années 1875, début des années 1880, que Louis Désiré Follin, né en 1837, et son épouse, Augustine Angèle, née Renouf, commencent la fabrication de camembert sur Sassy ou à Saint-Sylvain  ? Il n'a pas été trouvé de Follin sur cette dernière ! Le couple a tois enfants: Léontine, Eugène et Louise. Dés 1882, ils obtiennent des médailles à Nevers, Paris et Chateau-Gontier. En 1886, Augustine Angèle Renouf, veuve Follin, est déclarée fabricante de fromage à Sassy. Le 22 novembre 1887, à Sassy, Cotard* Henry, né à Vendeuvre (14) en 1865, fromager, prend pour épouse Léontine Désirée Follin, née à Hiéville, prés de Saint-Pierre-sur-Dives (14), en 1869, fille de Louis Désiré et d' Augustine Angèle  Renouf. Assiste à ce mariage, entre autre, Edmond Roussel, fromager à Boissey, subrogé tuteur de la future mariée. Le couple donnera naissance à Angèle et Edith. En 1891, nous comptons pas moins de trois employés et Eugène dans cette fromagerie. Celle-ci fonctionne jusqu'à la fin des années 1895, tout début 1900.

 *Nous trouvons deux orthographes: Cotard et Costard pour les mêmes personnes.

Michel Lebec le 18 décembre 2014 (Publié sur Camembert-Museum le 30 juillet 2015)


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Sanson-Dufour

[le Mesnil-Durand  - Calvados ]

Paul Sanson, est né le 4 janvier 1890 à Le Mesnil-Simon (14). Ses grand-parents, Emile Machinot et son épouse Célina Dutacq, sont fermiers dans cette commune. Ils y louent une ferme, en 1871 au hameau Saint Nicolas, puis en 1881 au hameau Les Friches et en 1886 sur les bords de la rivière ''La Vie'', hameau des Boves. Ils seraient fabricants de camembert dans les années 1880 et pourraient être à l'origine de la fromagerie Guesnet.

De retour de guerre début 1919, Paul épouse le 29 avril 1919 Marie Dufour.

Marie est née le 28 février 1897 à Le Pin, prés de Moyaux (14). Ses parents sont fromagers dans cette commune et sa mère, née Ollivier, est issue de famille fromagère dont on retrouve le nom au Pin et sur les communes environnantes.

Le jeune couple s'installe au Mesnil-Durand, prés de Livarot.

Paul apprend, selon les dires familliaux, la fabrication de fromage chez ses beaux-parents qui produisent du pont-l'évêque et plus particulièrement auprés de son beau- frère  René Dufour de Moyaux (14). Deux enfants, Jean et Michel viennent égayer le foyer, malheureusement quelques mois aprés la naissance de Michel, Marie décède en 1921.

La fabrication de fromage se poursuit encore quelques années. En 1924, Paul prend pour seconde épouse Madeleine Cardon de Lessard-et-le-Chêne dont son oncle et tante sont fromagers, avec qui il aura une fille en 1927.

Sanson

Etant amis avec  les '' Cercet'' de Louvières-en-Auge (61) ils assistent au mariage, en 1935, de Fernande Cercet avec André Baudot fromager au Moutiers-en-Auge (14). On peut voir plus haut sur la photo, également, M. Mme René Ouin fromagers à Lessard-et-le-Chêne.

Paul est élu conseiller municipal puis adjoint au maire.

Le couple quitte, vers 1930, la commune pour s'installer sur Tortisambert (14) puis sur Notre-Dame-d'Estrées (14) ou il décède le 12 janvier 1941, à l'âge de 51 ans.

René Dufour et son frère Joseph fabriquaient le Pavé de Moyaux devenu le Pavé d'Auge. La production est expédiée, par le train, entre autre, à la maison Androuet à Paris. René a inventé la première machine à ramasser les pommes et a lancé le pommeau.

Article réalisé avec le concours de Mme Irina Sanson petite fille, par alliance, de Paul Sanson et de Marie Calanville, fille de René Dufour

 


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Edmond Seigneuret à Hottot-en-Auge  - Calvados -

Edmond Seigneuret, né en 1851 à la Chapelle-Haute-Grue (14), épouse Louise Alliot de Tournai-sur-Dives (61). Le jeune couple prend une ferme sur Ticheville (61). De cette union naît Fernand en 1882 et André Pierre en 1892.

Entre 1892 et 1895, le couple part à Hottot-en-Auge reprendre la ferme-fromagerie que vient de laisser Gustave Malvina Frère parti pour Saint-Pierre-sur-Dive.

Le couple continue la fabrication de camembert tout en augmentant la quantité journalière. L'ancienne fromagerie devient vite trop petite, Edmond en fait construire une plus grande en briques.

La production doit se situer autour de 1 000 camemberts par jour. Il y a eu jusqu'à quatorze personnes pour traire, environ, les 200 vaches.

Sur la ferme on trouve différents corps de métiers: charron, maréchal ferrant, fromager et employés divers.

Au décès d' Edmond, Louise continue la fabrication de fromage.

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Voila un couple qui a su surfer sur l'actualiter de leur temps, a savoir, pour Edmond, en 1904, avec l'accord de '' L'Entente Cordiale'' Franco-Anglais et auquel il a rajouté ''Normand'' !. Quant à Louise son étiquette ayant pour thème "l'Alliance Franco-Russe". Ces deux accords deviendront ''La Triple Entente'' en 1907.

Fernand Seigneuret se marie avec Yvonne Lebidois, née à Saint-Julien-le-Faucon (14). De leur union naît Berthe. Fernand fait la grande guerre  dans la région de Verdun. Durand cette période, il envoie, à Hottot, un couple, dont la maison a été détruite par les bombardements. La fromagerie est reprise, plus tard par Paul Gosset puis par M. Duval.

Celle-ci ferme ses portes, définitivement, en 1939/1940.

Sur les deux étiquettes, ci-dessous, on peut remarquer les initiales des épouses à savoir le "L S" de Louise Seigneuret et le "Y L" d'Yvonne Seigneuret. Fernand exploite, également, la fromagerie de la Gosselinaie à Vimoutiers (61), fromagerie ayant appartenu à Mme Papillon. La fromagerie ferme en 1935.


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Fromagerie ALPHONSE PIQUOT  

[ Saint-Ouen-le-Houx,  Calvados 14]

Alphonse PIQUOT crée probablement cette fromagerie de livarot dans les premières années du XXe siècle en sa propriété des Vaux Pilon. Lors du recensement de 1906, sur cette propriété, nous trouvons un certain Albert Mayet, né à Saint-Pierre-d'Entremont (61) et son épouse Berthe Lelièvre de Notre-Dame-de-Courson. Alphonse est déclaré fromager. En 1924, Henri De Boever, parti de Belgique en 1922 et aprés avoir été régisseur sur une ferme de Magny-en-Vexin prend cette ferme à son compte. Il y reste jusqu'en 1927. Outre un classique hâloir, cette ferme conserve toujours son écrémeuse Alfa-Laval avec, au pied, une saignée qui recevait le lait écrémé pour l'entrainer, via une canalisation, vers la porcherie située à une centaine de mètres en contrebas.

Camembert-Museum , mis en ligne le 05 octobre 2015



Date de dernière mise à jour : 05/10/2015

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