Première Guerre Mondiale.

 

LE CAMEMBERT DES POILUS 

     

La Fromagerie du domaine du Mesnil, faisait partie du château du Robillard,situé sur la commune de Lieury, dans le Calvados (14). Propriété de la famille L'Hermite, puis du maréchal de Montesquiou, comte d'Artagnan, elle sera rachetée vers 1912/13, par un richissime américain : Franck Jay-Gould (1877-1956), fils de Jason Gould, homme d'affaire très influent, spéculateur, et développeur des chemins de fer américains. Franck Jay Gould, était un passionné de chevaux, et avait sa propre fromagerie dans l'une des ailes du château du Robillard. En tant que collectionneurs, nous aimons cette étiquette pour son graphisme réaliste (le fond rouge couleur du sang et de sacrifice et la barbe qui n’a pas été rasée depuis plusieurs jours) et puis un moment de répit et de détente pour fumer un petit peu de tabac et se servir ensuite une portion de fromage envoyé par la famille ou les parents ? Au début de la Grande Guerre, la notoriété du camembert se limitait à la Normandie, à Paris, et à quelques villes du nord du pays. C’est dans les tranchées que les Poilus découvriront le camembert... Le 22 décembre 1917, lors de la réunion de l’assemblée générale du Syndicat des Fabricants, Monsieur Louis Serey (fromager fort connu), proposa à ses collègues d’affecter une journée de production entière au profit de nos soldats, et la proposition fut rapidement adoptée. L’étiquette avec le nom de P.Barré a pour imprimeur Charles Valin (Caen) et celle avec le nom de F. Jay-Gould est l’oeuvre de l’imprimerie IDN (Caen).

L’OFFENSIVE MEUSE-ARGONNE [26 septembre 1918-11 novembre 1918]

 

C’est l’entrée en guerre des Etats-Unis d’Amérique en 1917, qui sera décisive pour mettre un terme à une guerre meurtrière et sans fin… C’est la première armée du corps expéditionnaire américain, dirigée par le général Pershing qui va lancer la bataille de l’Argonne, au nord de la ville de Verdun. Cette armée d’un million d’hommes, tenait un front de 27 kilomètres de Forges à la Meuse, jusque dans la forêt d’Argonne. Le général Gouraud dirigeait la 4ème armée française. Finalement, l’offensive franco-américaine est lancée. Les troupes américaines avancent d’une quinzaine de kilomètres, les troupes françaises avancent moins vite. Après réorganisation, une deuxième phase d’attaques est lancée : Les Allemands sont obligés de dépêcher des renforts depuis d’autres secteurs menacés sur le front occidental pour contrer les Français et les Américains. Chaque camp essuie de lourdes pertes lors des combats. La 3ème ligne de défense allemande est percée. Les troupes américaines progressent rapidement dans la Vallée de la Meuse et finissent par prendre Sedan. Le11 novembre 1918, l’Armistice est signée dans la forêt de Compiègne, à Rethondes. La carte de l’Europe est bouleversée avec la disparition des Empires allemand, austro-hongrois, russe et ottoman.

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JOFFRE « Le Meilleur ».

Né à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), le 12 janvier 1852. Fils d’un viticulteur aisé, Joseph Joffre effectua ses études secondaires au lycée de Perpignan, puis à Paris au lycée Charlemagne. En 1869, il réussit le concours de l’École Polytechnique. Un an plus tard, il prenait part à la guerre comme sous-lieutenant du génie, et fut affecté à la défense d’un fort parisien. Promu au grade de capitaine en 1876, il fut affecté pendant quelques années à des travaux de fortification dans le Jura, puis revint en poste près de Paris. C’est cependant aux colonies qu’il allait effectuer une grande part de sa carrière. Nommé outre-mer en 1885, il parti d’abord pour le Tonkin, puis pour le Soudan où il fut chargé de diriger la réalisation d’un chemin de fer. Il s’illustra dans la région en devenant maître de Tombouctou et en assurant les bases de la domination française, ce qui lui valu d’être promu au grade de lieutenant-colonel. En 1897, il fut fait colonel, puis, en 1902, après un séjour à Madagascar, reçut ses étoiles de général de brigade. Directeur du génie au ministère de la Guerre, puis divisionnaire en 1905, il fut nommé en 1910 membre du Conseil supérieur de la guerre. L’année suivante, il était choisi pour assumer les fonctions de chef d’État-major général. C’est son passé de franc-maçon qui lui valut d’être préféré pour ce poste au général Pau dont la tendance « cléricale » était notoire. Dès le début de la Première Guerre mondiale, la France lui fut redevable de la victoire de la Marne. Mais, partisan de la stratégie dite du « grignotage », Joffre, en tant que généralissime, fut cependant comptable du tragique enlisement de nos armées à Verdun, la plus longue et meurtrière bataille de toute l’histoire, et de l’échec de l’offensive de la Somme. Discuté également pour son attitude peu coopérative vis-à-vis du pouvoir civil, il se vit ôter une partie de ses responsabilités et préféra alors démissionner. Il fut remplacé par le général Nivelle. Il fut fait, toutefois, maréchal de France, le 25 décembre 1916, dignité qui n’avait plus été accordée depuis plus de vingt ans. Jusqu’à la fin des hostilités, son rôle allait dès lors de limiter à des missions à l’étranger (au Japon et en Amérique), qui étaient essentiellement de prestige. Il défila aux côtés de Foch et de Pétain, lors du défilé de la Victoire, le 14 juillet 1919 ; et il aurait droit, au terme de ses jours, à de superbes funérailles nationales. Le maréchal Joffre fut élu à l’Académie française le 14 février 1918, à l’unanimité des 23 votants, au fauteuil de Jules Claretie. Son élection marquait la reprise des scrutins, après l’interruption des années de guerre qui laissait neuf fauteuils vacants. L’unanimité qu’il suscita inaugurait véritablement ce phénomène de « plébiscite » qui avait déjà marqué en 1912 l’élection du futur maréchal Lyautey, et que l’on devait appeler les « élections de maréchal ». Reçu le 19 décembre 1918 par Jean Richepin, il assista à la cérémonie, dans son uniforme de général d’armée, et non en habit vert que seuls les ecclésiastiques et les généraux en chefs sont dispensés de porter en la circonstance.

 

Signature de l’Armistice le 11 novembre 1918.

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Lettre d’un Poilu [11 novembre 1918] [11ème compagnie]

Ma Chère bien-aimée pour la vie, Tout est fini; la paix est signée -on ne tue plus- le clairon sonne le cessez-le-feu. Je suis à Omont dans les Ardennes. Je pars à l’instant pour la frontière. Tant fait plus. Je suis maintenant hors de danger. Ne peux écrire plus longuement aujourd’hui. Meilleure douce caresse à vous tous. A toi bon baiser et à bientôt. [Marius]

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Nombreux sont les collectionneurs d’étiquettes de fromage, qui reconnaissent la fromagerie de Saint-Arnoult (Loir et Cher), à travers une image devenue symbolique, car reprise souvent dans des livres, pour illustrer les années de guerre et le lien avec l’industrie laitière. Il s’agit de l’étiquette « Au Porte Fanion » représentant le propriétaire de la fromagerie, Monsieur Maurice Crespeau, en soldat. Les lettres en majuscules et de couleur rouge dans la mention
« 1ère Compagnie du Bon Camembert Au lait sain », correspondent au nom du régiment auquel il a appartenu (BCA). Nous remercions la famille Coutable, qui a bien voulu nous adresser une vraie photo de Monsieur Maurice Crespeau, et vous invitons à découvrir sur ce site Crespeau Maurice (41) l’histoire de cette fromagerie du Loir-et-Cher (41).  

 

Date de dernière mise à jour : 26/01/2017

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